Sitôt que l'on demande quelque chose à autrui, que l'on espère quelque chose de lui, la déception vous guette.
Ce qu'il faut chercher et trouver c'est la douceur sereine d'une inébranlable paix.
L'anniversaire de naissance n'est, en somme, que la commémoration de la farce sinistre que nous ont faite nos parents en nous mettant au monde.
Le sage n'attend rien, n'espère rien ; il évite donc les déceptions et toute occasion de murmure et de trouble.
Les mots sont impuissants à décrire certaines émotions. Les plus vrais, les mieux choisis, trahissent le plus souvent la vie.
Courir le monde ne sert qu'à tuer le temps. On revient aussi insatisfait qu'on est parti. Il faut faire quelque chose de plus.
Il fait froid, parce que l'on regarde là où il n'y a pas de chaleur.
Choisissez une étoile, ne la quittez pas des yeux. Elle vous fera avancer loin, sans fatigue et sans peine.
Il n'est pas déshonorant de mourir en poursuivant un but, même futile ; ce qui l'est, c'est de se laisser vaincre et d'accepter sa défaite.
Le calme, la quiétude, sont choses qui dépendent plus des dispositions intérieures de l'esprit que des circonstances extérieures et l'on peut les goûter même au milieu d'une apparente agitation.
Si tu dois vivre parmi le tumulte, ne lui livre jamais ton corps. Garde ton âme calme et retirée. C'est un sanctuaire où tu trouveras, quand tu le voudras le bonheur.
Tous les maîtres ont été trahis par leurs soi-disant disciples ; faute de pouvoir s'élever à la hauteur du maître, ils l'ont fait descendre à leur niveau.
Négligez les petites choses sous prétexte qu'on voudrait en faire des grandes, c'est l'excuse des lâches.
Le désir est une source de trouble et de souffrance...
Une âme élevée se réjouit peu, ne s'afflige jamais, et, dans toute chose ne laisse paraître aucun signe de joie ou de tristesse.
Tout le bouddhisme est basé sur la possibilité de se libérer de la souffrance, de s'en libérer par soi-même et d'être seul capable de s'en libérer.
Dès que la moindre parcelle de sagesse est entrée dans l'esprit d'un homme il aspire à la solitude.
Il ne faut pas vouloir du bien aux gens en dépit d'eux et contre leur volonté. Chacun sait, mieux que personne, ce qu'il lui convient.
La paix dans l'agnosticisme, la sérénité dans l'incroyance est un plus haut abri à l'usage d'esprits plus raffinés.
Il est bon d'avoir satisfait son désir en tout, mais il est sage et avisé de ne pas ruminer sa satisfaction jusqu'à la nausée, l'indigestion ou l'insensibilité.
- Pourquoi voyagez-vous ? - Pour trouver ceux qui savent encore vivre en paix.
Les chiens aboient, les chats miaulent, c'est leur nature, moi, je philosophe, c'est la mienne, cela est tout aussi spontané et involontaire et n'a pas plus d'importance.
La vérité apprise d'autrui est sans valeur. Seule compte, seule est efficace la vérité que nous découvrons nous-mêmes.
Combien de larmes, de souffrances, de drames ont causé notre artificielle conception de la famille et du mariage !
Le voyage s'allonge et par moment il semble qu'il ne prendra fin qu'avec la vie ; on se sent une chose passive emportée sans pouvoir.
Il fait triste et froid quand on demande aux êtres de vous être un soutien.
Souviens-toi que la douleur élève les âmes vraiment grandes et que ce n'est que le vulgaire qu'elle rend méchant.
Ne crie pas que tu donnerais ta vie pour tes principes, pour la vérité ; mais tâche de ne jamais mentir.
La vie est une pierre fausse, son clinquant éblouit mais il n'y a qu'un ignorant qui la prenne pour un vrai diamant.
Tout est vain sauf la bonté.
Si tu ne profites pas du temps que tu as de libre tu n'en profiterais pas davantage quand ce temps serait dix fois plus considérable.
La faiblesse de nos sens ne permet à chacun de nous que de prendre conscience d'une partie bien minime du monde.
L'homme vulgaire aime ceux qui lui paraissent bons ; le sage étend sa plus grande sympathie à ceux qu'il voit être méchants parce qu'il a sondé leur misère.
Où s'intégrer ? C'est toujours le même problème et chacun d'entre nous doit y apporter sa propre réponse.
C'est une des gloires du bouddhisme qu'il fait toujours appel à la raison et à la science et non à la foi aveugle ou à l'autorité.
C'est en soi qu'il faut cultiver la flamme qui réchauffe. C'est sur soi seul qu'il faut s'appuyer.
Une seule chose compte : c'est l'engrenage magnifique qui s'appelle le monde.
Je veux oublier que le retour est inévitable.
A l'origine de toute connaissance, nous rencontrons la curiosité ! Elle est une condition essentielle du progrès.
La monotonie donne un relief extraordinaire aux moindres événements.
Nul médecin ne fera du choléra un état agréable et nul politicien ou sociologue ne bannira la lutte et la souffrance du monde.
Il faut compter avec la stupidité des hommes en attendant qu'elle soit vaincue.
Il faut être bien fort et bien maître de soi, pour pénétrer dans tous les coins de la pensée humaine.
Les états d'esprit, comme les actes, varient selon l'angle sous lequel on les examine.
Le monde est une parabole, une énigme. Et la multitude voit, et la foule entend ; mais en vain.
La vie en agit souvent à l'égard des hommes comme on le fait des animaux. Les tourmentant trop pour qu'ils vivent, et trop peu pour qu'ils meurent.
La bravoure est encore la plus sûre des attitudes. Les choses perdent de leur épouvante à être regardées en face.
La douleur suit les actes qui ne sont pas minutieusement passés au crible de la raison.
Le bouddhisme place sur le même rang les êtres d'intelligence et de vertu égale, sans se préoccuper de leur sexe.
Toutes les inventions jolies et charmantes pour ceux qui ont les moyens d'en jouir valent-elles, vraiment, la somme de misère et de souffrance que nos civilisations produisent ?