Il y a un certain plaisir à ne pas faire les choses dans les règles
Quand on cherche des excuses, on a déjà péché dans son coeur.
L'insurrection confine à l'esprit, l'émeute à l'estomac.
Je voudrais le marbre de la certitude pour y installer mes doutes.
Mentir, c'est diviniser autrui.
Il existe encore des familles où une femme qui lit beaucoup inquiète et scandalise.
La haine pour les favoris n'est autre chose que l'amour de la faveur.
Ce qu'une femme appelle avoir raison, c'est n'avoir pas tous les torts.
Vieux, moi ? Je peux encore faire l'amour deux fois de suite. Une fois l'hiver, une fois l'été.
On donne facilement des conseils ; ça amuse beaucoup celui qui les donne et ça n'engage à rien celui qui les reçoit.
Une des sources les plus fréquentes d'erreur est de prétendre expliquer avec la raison des actes dictés par des influences affectives ou mystiques.
Les enfants sont des sages.
Il ne faut pas juger d'un homme par ce qu'il ignore, mais par ce qu'il sait.
Ceux que nous appelons anciens étaient vraiment nouveaux en toutes choses.
Il y a des écrivains chez lesquels la pensée semble une moisissure du cerveau
L'artiste qui recherche des formes ne sait pas toujours qu'il recherche un Dieu.
La débauche commence où commence à se dissocier de l'amour le plaisir.
Admirer certaines oeuvres est plus qu'une faute de goût, c'est une faute de caractère.
On perd son sexe à imaginer celui des autres.
Si les Français ne veulent pas que leurs ministres démissionnent, c'est qu'ils tiennent à les renvoyer eux-mêmes.
Je me demande, au reste, si les femmes mariées savent mesurer leur déchéance. Du jour au lendemain, la plupart d'entre elles se dépouillent, se neutralisent, s'aplatissent, se coulent suivant l'image exacte de leur mari.
Et puis, ne nous lassons pas de le répéter : directeurs, acteurs, auteurs, c'est un monde d'aimables fous.
On doit publier ses oeuvres posthumes de son vivant. Ne serait-ce que pour voir l'effet que ça fait !
Une femme n'est rien par elle-même ; elle est ce qu'elle paraît à l'homme qui s'en occupe : voilà pourquoi elle est si furieuse contre ceux à qui elle ne paraît pas ce qu'elle voudrait paraître. Elle y perd son existence.
L'histoire du monde est celle d'une interminable querelle de l'homme avec son Dieu, ou avec l'idée qu'il s'en fait.
Si les femmes nous trompent, ce n'est pas toujours pour nous faire cocus.
La crainte d'une chute, voilà ce qui suffit à un ministre pour faire égorger des milliers d'hommes.
Il n'y a qu'une façon d'être un intellectuel révolutionnaire c'est d'abandonner le fait d'être un intellectuel.
Qui parle à besoin du regard des autres pour être sûr qu'on l'entend.
Le théatre est un problème social comme toutes les questions artistiques.
On n'est pas insomniaque si on sait lire.
Elle retrousserait la grosse mère, parfaitement, devant tout le monde. Elle la fesserait, lui arracherait la tignasse, la marquerait aux joues de la croix-des-vaches.
L'opinion dans son essence est volonté de majorité, et parle déjà au nom d'une majorité.
L'homme est un animal méfiant.
Depuis des mois, je retarde le moment de fixer par écrit notre dernière nuit. De retourner dans la réalité physique de ce moment de grâce - je pèse mes mots - dont je ne conserve que l'élan, la densité, le mystère.
Il est impossible de vivre avec des gens qui n'ont pas le moindre sens de l'humour.
Invoquer sa postérité, c'est faire un discours aux asticots.
D'ailleurs, chacune de ses paroles était de vanité, et il me parut avoir, comme la plupart de ces hommes, un cerveau d'enfant dominé par des mots de spécialiste.
Pour les Portugais et les Espagnols - qui restent dominés par une mentalité agraire, selon laquelle la puissance se confond avec la propriété de la terre -, c'est l'extension territoriale qui importe à la gloire de la Couronne.
De mortelles vapeurs assiègent mon cerveau...Une vieille en cheveux qui rôde dans des tombesRicane en égorgeant lentement des colombes ;Et sa main de squelette agrippe mon manteau...
La malchance de ce siècle fut d'avoir vu arriver au pouvoir trois hommes en des lieux différents : Hitler, Staline et Mao Tsé-toung. Chacun d'eux aurait suffi à faire son malheur, ce fut un cauchemar de se les être parfumés tous les trois.
Les livres que l'on a écrits dans le passé réservent deux surprises : on ne pourrait plus les écrire et on ne le voudrait pas.
Un mari est un plâtre qui guérit tous les maux de la jeunesse.
Ce qui m'a un peu embêté pendant le confinement, c'est cette idée qu'on a fonctionné au ralenti.
On avait toujours vu les petits se faire tondre et les puissants s'emparer de la laine.
La première chose à propos de la façon dont je travaille est que je dois comprendre le personnage.
Je ne sais pas écrire, quelques cartes postales, quelques lettres, c'est tout !
Brassens, on ne peut pas faire mieux, ni même aussi bien, c'est tellement fort. Alors j'écrivais mes trucs de 'bobo-pipi-bobo' sans réfléchir.
Le principe du rire est de créer le décalage entre ce qui est écrit et notre esprit critique.
Chaque aventure me plaît, je trouve en chaque rôle de quoi me combler.