Se raconter, c'est être impudique.
Le travail est plus qu'indispensable, à chaque collection. Chaque dessin, chaque livre fait que l'on reste amateur.
Ma mère était d'une extrême docilité, elle vivait dans la dévotion de mon père. C'est elle qui lui avait fait découvrir le Mexique, qui l'avait, peut-être, rendu un peu fou.
La civilisation occidentale façonne le contenu de mes films, me fournit des sujets qui n'ont pas été utilisés auparavant.
Des amours précaires naissaient à l'ombre du couvre-feu sans que l'on soit sûr de se retrouver les jours suivants.
On ne tue bien que ce qu'on aime.
Il se peut qu'on s'admire sans mépriser autrui, mais le moyen d'admirer autrui sans se mépriser soi-même ?
A quoi bon faire des livres pour instruire les hommes ? Les passions n'ont jamais lu ; il n'y a point d'expériences pour elles, elles se lassent quelquefois, mais elles ne se corrigent guère, et voilà pourquoi tant d'événements se répètent.
Il semble qu'il n'y ait point de milieu entre l'excellent et le détestable.
Notre unique bien c'est la terre.
Dès qu'on nous embrasse, il est bon de prévoir tout de suite l'instant où nous serons giflés.
Cécité : point de vue.
L'homme n'a pas la force de dire ce qu'à vingt ans son coeur n'a pu concevoir.
Quand on aime, on aime toujours trop.
Nous promettons selon nos espérances, et nous tenons selon nos craintes.
Il y a des manières d'accorder les grâces, qui sont plus insupportables que le refus.
Protéger la jeunesse contre l'attraction du monde extérieur, mobiliser les cadres autour des valeurs soviétiques, c'est cela la tâche de l'intelligentsia. Si les écrivains, dont le prestige est grand en URSS, se détournent des ces tâches, s'affichent comme des représentants des modes ou des idées occidentales, c'est l'ensemble des convictions soviétiques qui en sera affaibli.
L'amour restait la seule chose en laquelle on puisse encore, peut-être, avoir foi.
Eh bien ! oui, il y a une cause qui explique comment certaines entreprises ont aspiré le capital agricole. Cette cause, je l'ai déjà dit, c'est l'imitation mal entendue du régime économique de l'Angleterre, c'est l'ambition, favorisée par la loi, [...] ► Lire la suite
L'histoire, c'est le discours de l'éclat par lequel le pouvoir fascine, terrorise, immobilise.
L'esprit devient inquiet dans le chagrin, lorsqu'il n'a pas assez de force pour le surmonter.
J'ai été en l'espace de 24 heures renversé, dissout et exclu.
De tout temps la beauté a été ressentie par certains comme une secrète insulte.
Je suis toujours surpris par les coïncidences qui nous font un clin d'oeil du fond de leur mémoire en posant des bonheurs sur les journées d'absence et nous laissent à penser que rien n'est un hasard.
L'ancien mauvais garçon devenu grand bavard ressemble à un enfant qui moulinerait du sabre dans l'espoir de dissuader les mauvaises idées de l'approcher. Il en a lourd sur le coeur, et il parle comme on court.
Les passions corporelles sont toutes viles. Celles de l'âme qui sont viles sont de vrais cancers: envie, etc. La lâcheté est si vile, qu'elle doit participer des deux.
La recherche de sécurité en permanence correspond à un engourdissement psychique.
La vie venait de nous imposer de comprendre le mot « Economie » que nous ne connaissions pas.
Dans les dictatures, il y a un policier derrière chaque journaliste. Dans les démocraties, il y a un policier dans chaque journaliste.
Bref, le problème, ce n'est ni le Coran ni la Bible, romans soporifiques, incohérents et mal écrits, mais le fidèle qui lit le Coran ou la Bible comme on lit la notice de montage d'une étagère Ikea.
Avec les vieux, quand on commence à bavarder, ça n'en finit jamais.
Sa mère, complètement saoule, rentrait à tâtons, bousculant tout, rotant le blasphème et l'ordure, et finalement se vautrait en grognant comme une truie dangereuse.
Incapable de s'ajuster à la vie contemporaine qui le pénétrait de dégoût, il résidait au fond de son propre coeur, tel que, dans son antre, un dragon d'avant le déluge, inconsolable et hagard de la destruction de son espèce.
La mémoire met des draps blancs aux lits qui ne serviront plus.
Laissez les artilleurs tranquilles, ce sont des obstinés.
Heureux est le fils dont la foi en sa mère demeure incontestée.
Un homme peut douter de l'existence de Dieu lorsqu'il est en bonne santé, tout comme il peut douter que sa relation avec une prostituée soit un péché. Quand il tombe malade, quand l'hydropisie se développe, il quitte sa concubine, et il croit en Dieu.
La satire est la maladie de l'art.
Si vous vous faites comprendre, vous parlez toujours bien.
Les mathématiciens n'étudient pas les objets, mais les relations entre les objets.
Cette réconciliation entre la base et le sommet, je considère que je n'ai pas réussi à la faire, et c'est pour moi au coeur de ce qui m'attend dans les mois à venir.
Ca me plait de jouer les mamans !
J'entends trop souvent dire que la France est mauvaise en comédie.
Au début, je n'aimais pas pleurer au cinéma. J'étais très physique. On m'avait dit qu'à 30 ans, je commencerai à bien jouer. On évolue. On ne joue plus seulement avec les mots et les apparences. On va plus loin avec son coeur...
J'aimais aussi voir Léo Ferré en concert. Pour saisir sa colère. Il était bougon, furieux après le monde et ça nous plaisait.
Ce dont la France souffre aujourd'hui est avant tout une absence totale de maîtrise de la langue.
Quand on revient des camps, on connaît le pire de l'homme.
L'homme est fait pour vivre, la femme pour être vécue ; c'est là le secret des grandes amours et des petites.
L'égalité des possessions et des richesses entraîne une anarchie universelle.
Poète ? Nouveau-né à tout âge.