Cette fille, alors que je rencontrais à chaque pas des types qui me payaient à boire mais jamais à boulotter, cette fille m'a ravitaillé.
Le plaisir est joyeux, clément et facile.
Il y a des jours où il faut distribuer son mépris avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux.
La bonne fortune, on ne paye jamais le prix fabuleux qu'elle vaut.
Celui qui penserait que les hallebardes, les gardes et le guet garantissent les tyrans, se tromperait fort. Ils 's'en servent, je crois, par forme et pour épouvantail, plus qu'ils ne s'y fient.
Ton silence né d'une ombreQui l'accroît de tout le cielEclôt l'amour où tu sombresAux bras d'un double éternel.
Le couple est la capitalisation des griefs que chacun fait payer à l'autre avec intérêts.
Mais le plus cher mais nonLe moins cruelDe tous nos souvenirs, la pluie d'étéSoudaine, brève.
Le dieu qui errait là, au premier matin,Qu'aurait-il espéré de la parole ?Il ne fit rien que rassembler des pierres,Ce sont ces tas qu'on voit, à des carrefours.
Et des ombres d'oiseaux les effleuraientEn criant, ou bien s'attardaient, là où nos frontsSe penchaient l'un vers l'autre, se touchant presqueDu fait de mots que nous voulions nous dire.
On publie pour chercher des hommes, et rien de plus.
J'aimerais que ma vie ne laissât après elle d'autre murmure que celui d'une chanson de guetteur, d'une chanson pour tromper l'attente. Indépendamment de ce qui arrive, n'arrive pas, c'est l'attente qui est magnifique.
Entre nous soit dit, bonnes gens,Pour reconnaîtreQue l'on est pas intelligent,Il faudrait l'être.
Avant la fin du paléolithique supérieur, la guerre semble avoir été ignorée. C'est seulement de ce temps - ou des temps intermédiaires, que désigne le nom de mésolithique - que datent les premiers témoignages de combats où des hommes s'entre-tuèrent. [...] ► Lire la suite
Ma génération ne cherche qu'à sortir du bourbier.
L'histoire est l'invention des historiens.
L'avantage d'être un peu poète, c'est de s'approprier les lieux sans devoir passer chez le notaire.
Vous faites de la politique ou vous êtes journaliste ?
La satire est la maladie de l'art.
Même quand je vivais avec une femme, quand j'aimais une femme, je me sentais seul. J'ai toujours ressenti cela. Cette solitude que je traîne depuis toujours remonte certainement à l'enfance.
Pourquoi des êtres exposés à des grossesses, et à des indispositions passagères, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n'a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers, et qui s'enrhument aisément ?
Il semble que les têtes des plus grands hommes s'étrécissent lorsqu'elles sont assemblées, et que là où il y a plus de sages, il y ait moins de sagesse : les grands corps s'attachent toujours si fort aux minuties, que l'essentiel ne va jamais qu'après.
Les hommes ne vous trouvent sage que lorsque l'on partage ou qu'on approuve leur folie.
On est p'tet dans les mêmes bacs mais on a pas l'même coup d'crayon.
C'est important quand on est peintre ou danseur, ou bien quand l'on représente l'art pour lequel on se passionne, de bien le représenter.
Elle (Charlotte Gainsbourg) fait ce qu'elle veut, tant que je ne le sais pas.
Se raconter, c'est être impudique.
J'aimerais bien faire un duo avec Stromae parce qu'on a dit, à tort, que c'est le nouveau Brel. Il n'y a pas de nouveau Brel. [...] Il y a Stromae, c'est très bien!
Des amours précaires naissaient à l'ombre du couvre-feu sans que l'on soit sûr de se retrouver les jours suivants.
Pour cesser d'être douteux, il faut cesser d'être, tout bellement.
- Tu as peur pour ta peau ? - Qu'est-ce que tu veux, c'est la seule que j'aie...
L'hôpital, grand navire à l'ancre, avec sa cargaison d'émigrants en route vers l'autre monde.
Tout grand homme n'agit et n'écrit que pour développer deux ou trois idées.
L'âme de la femme ? L'espace autour duquel elle a été créée.
Les femmes réalisent la beauté sans la comprendre.
L'amour est une accélération de la vie.
Le papier est patient, mais le lecteur ne l'est pas.
L'art véritable est anticipateur.
Rien n'est moins raisonnable que de vouloir que les enfants le soient.
Plus vous serez fanatiques, plus vous serez éclairés !
Les mondes meurent, puisqu'ils naissent.
Un livre nous déplaît partout où il nous ressemble.
L'amour restait la seule chose en laquelle on puisse encore, peut-être, avoir foi.
Nous jouons tous dans une pièce dont le texte nous est inconnu ou qui nous reste incompréhensible, où l'expérience ne sert à rien, où le bonheur, le malheur ne sont que les faces obscures de ce qui nous échappe à jamais : l'autre.
Tout ce qui est fort, est obscur.
Pourquoi ne fait-on l'effort de comprendre les autres que lorsqu'ils ne nous gênent plus ? Elle avait tout pour me fournir l'amour qui remplit une vie et nourrit une oeuvre. Mais j'ai cherché ailleurs pour me croire libre.
On ne conçoit pas mieux la propriété lumineuse des corps, après l'avoir attribuée à leur faculté incompréhensible de lancer un fluide fictif, ou de faire vibrer un éther imaginaire.
Il n'y a pas d'amour sans adhésion préalable de la chair.
Il existe quelques règles de mise en scène, comme il existe des règles de grammaire. Connaître la grammaire ne fait pas de vous un Victor Hugo, le même raisonnement vaut pour le cinéma.
Boutons serrez, roses ouvertes,Se passent trop légèrement ;Mais du rosier les feuilles vertesDurent beaucoup plus longuement.