Le papier est patient, mais le lecteur ne l'est pas.
Un lifting raté, c'est pas de la chirurgie esthétique, c'est juste de la chirurgie.
J'ai envie d'écrire et bien plus encore de dire vraiment ce que j'ai sur le coeur une bonne fois pour toutes à propos d'un tas de choses. Le papier a plus de patience que les gens.
Dans la société de l'information, personne ne pense. Nous pensions bannir le papier mais nous avons en fait banni la pensée.
Le meilleur roman est celui qui demande le plus à la sensibilité et l'imagination de son lecteur.
Un homme qui veut séduire une femme doit franchir des montagnes, une fille qui veut séduire un homme n'a qu'une cloison de papier à franchir.
Noircir du papier et rapporter ce que font ou accomplissent les autres. Le métier de journaliste, c'est cela en somme.
Peut-être l'ivresse d'écrire se suffit-elle déjà largement à elle-même ? Et peut-être un lecteur clandestinement amoureux en vaut-il des milliers qui n'ont acheté que la beauté des juges ?
Il y a deux sortes de livres, celui que l'auteur écrit et celui dont le lecteur prend possession.
L'histoire est un roman qui a été ; le roman est de l'histoire qui aurait pu être.
Ce qu'on nomme l'Histoire n'est qu'un roman inlassablement réécrit.
Ma grand-mère a farci des dindes, des crabes et des choux. Elle a nettoyé des murs, des plafonds et les fesses des petits garçons. Elle a posé du papier peint, réparé des bicyclettes et des horloges, et a pansé mille et une blessures.
L'histoire est un roman d'aventures, sanglant certes, mais toujours grand ouvert.
Ça c'est pas du biceps en papier !
Un bon éditeur, c'est un éditeur qui médite.
Un livre apporte au lecteur sa propre histoire.
C'est là en effet un des grands et merveilleux caractères des beaux livres que pour l'auteur ils pourraient s'appeler "Conclusions" et pour le lecteur "Incitations".
Le seul vrai lecteur, c'est le lecteur pensif. C'est à lui que ce livre est adressé.
La vie d'un roman est le plus souvent de trois mois, tandis qu'un livre de poèmes, on le prend, on le lit, on le laisse, on le reprend, ça dure longtemps, très longtemps...
Le lecteur de la poésie n'analyse pas, il fait le serment de l'auteur, son proche, de demeurer dans l'intense.
La psychanalyse s'arrête quand le patient est ruiné.
On peut tout faire avec un dictionnaire, un papier et un crayon. Comparer. Relier. Découvrir.
Un scénario ou un roman devraient, si l'on s'approchait un peu d'en réussir la structure, obéir aux mêmes lois : emmener le lecteur-spectateur avec sûreté vers un but, un sens, sans qu'il s'en rende compte, en épousant les lignes sinueuses [...] â–º Lire la suite
Je ne me suis jamais mariée parce que la base d'une vie d'un couple, c'est la confiance. Ce n'est pas le papier du curé ou du maire qui offre une garantie.
Chaque roman est un déicide secret, un assassinat symbolique de la réalité.
Ce qui gâche un peu la littérature contemporaine, c'est le désir de dépayser le lecteur par des choses bizarres, inattendues. L'aventure est partout.
On fabrique de la probité avec toutes sortes de vices, comme on fait du papier blanc avec des guenilles de mille couleurs.
Que nous répondrait le peintre et le sculpteur si nous lui disions: contentez-vous du papier et du crayon, mais renoncez à la peinture et au pinceau, à la pierre et au ciseau, car ceux-ci n'appartiennent pas à l'artiste mais à [...] â–º Lire la suite
La fonction essentielle d'une bibliothèque est de favoriser la découverte de livres dont le lecteur ne soupçonnait par l'existence et qui s'avèrent d'une importance capitale pour lui.
Un bon éditeur doit avoir plus d'auteurs dans ses fréquentations que d'éditeurs.
La nuit était papier -- nous étions encre