Un paradoxe est une opinion qui vit de ses charmes aux dépens de la vérité.
La peine de mort infligée aux criminels peut être envisagée à peu près sous le même point de vue : c'est pour n'être pas la victime d'un assassin que l'on consent à mourir si on le devient.
La clarté est la bonne foi des philosophes.
Mourra bien qui rira le dernier.
Il y a vingt-six lettres dans l'alphabet. Il n'y a que l'ordre qui change. Quand tu as lu un livre, tu les as tous lus.
L'amour est possible entre les mortels. La guerre des sexes est une illusion sociale imposée. Nous sommes en guerre, oui, mais contre ce pouvoir de destruction et de haine.
Pendant quatre-vingts ans tu te sens en danger de mort et un jour tu avais raison, tu meurs.
L'homme et la femme ne s'entendent si mal que parce qu'ils habitent la même maison.
Nos vies qui s'écoulent chaque jour saignent Nous ne sommes reliés qu'à nous-même...
Si les créations ne sont pas un acquis, ce n'est pas seulement que, comme toutes choses, elles passent, c'est aussi qu'elles ont presque toute leur vie devant elles.
Ah ! La faim ! La faim ! Ce mot-là, ou plutôt cette chose-là, a fait des révolutions ; elle en fera bien d'autres !
Nous marier ? Des gens qui s'aiment !
Dieu veut-il qu'à toute heure on prie, on le contemple ?
Confrontés au fameux "vertige de la page blanche", certains auteurs sont manifestement tombés dans le vide !
Si les femmes enceintes portaient leur bébé dans le dos, il y aurait plus de places assises dans le métro.
Le bonheur, c'est pour vivre, le malheur, pour tenter de faire oeuvre d'art.
Nous sommes dans une société où les pizzas arrivent plus vite que la police.
La République, c'est le déploiement de la démocratie libérale et représentative à l'intérieur et par le moyen de l'autorité de l'Etat.
L'éducation n'est qu'un tissage de regards.
Une longue maladie semble être une halte entre la vie et la mort, que la mort elle-même peut être un réconfort pour ceux qui meurent et pour ceux qui restent.
Si vous prenez les fables d'Ésope, c'est lourd, ça pèse. Et puis, La Fontaine arrive dans ces fables, les adapte, et ça devient l'incarnation de la fluidité.
Je n'ai pas l'esprit d'escalier, j'ai l'esprit d'ascenseur en panne.
Allons enfants de la patrie, le jour de boire est arrivé.
Au revoir et merci Jean d'Ormesson !
On vit dans une société étrange qui ne veut pas se voir vieillir. L'apparence prime sur le fond.
Bien pire que la mort, c'était la destruction de notre âme qui était le programme de l'univers concentrationnaire.
Ce monde est un vaste naufrage : sauve qui peut !
Le superflu est le premier des besoins.
Un ami, c'est celui qui devine toujours quand on a besoin de lui.
Etrange bizarrerie de l'esprit humain, on peut convaincre un homme de ses erreurs, et ne pas le convertir.
La Française, trompée, tuera sa rivale. L'Italienne tuerait plutôt son amant. L'Anglaise se contentera de rompre. Mais toutes se consoleront avec un autre homme.
Rien n'empêche le bonheur comme le souvenir du bonheur.
Les larmes sont l'extrême sourire.
L'intelligence est un capitaine qui est toujours en retard d'une bataille. Et qui discute après la bataille.
Nous ne louons d'ordinaire de bon coeur que ceux que nous admirons.
Ne fais donc jamais de citations classiques : tu exhumes la grand-mère en présence de ta maîtresse.
Le réel est apparence ; et autre chose existe, qui n'est pas apparence et ne s'appelle pas toujours Dieu.
Bien des gens ne mentent jamais, qui ne sont pas pour cela sincères mais paresseux.
Qu'est-ce que la vérité ? La conformité de nos jugements avec les êtres.
Le secret est comme la modestie : il cesse d'exister à l'instant précis où on l'évoque.
L'important pour un homme politique est de vivre assez vieux pour inspirer confiance, avoir eu le temps de se faire appeler, remercier, déboulonner puis panthéoniser... Après quoi on donne votre nom à une rue, ce qui n'est qu'une manière de vous y jeter.
Là réside le sens de notre existence : Naître. Manger. S'agiter. Se reproduire. Crever.
La gloire, c'est la fumée sans feu dont on parle tant.
Presque toujours, nos contradicteurs ne répondent pas aux objections que nous leur avons opposées, mais aux sottises qu'ils nous prêtent.
L'ambition extérieure a pour condition une sorte de désespoir ou d'abandon de l'ambition intérieure.
L'état juif est ce personnage mythique qui conjoint les deux rôles de la victime et du héros.
Il y a un dieu pour les ivrognes, il y a aussi un dieu pour les acteurs.
Il vaut mieux mourir dans les bras d'une fille qui vous connaît bien que périr en face d'un type qui ne vous a jamais vu.
Qui paye ses dettes n'a vraiment pas autre chose à foutre !
Rien n'égale, il est vrai, la grandeur souveraine ; Mais encore faut-il songer Comment serait faite la Reine.