Je m'intéresse au langage parce qu'il me blesse ou me séduit. C'est là, peut-être, une érotique de classe ? Mais quelle classe ?
C'est un roman qu'il ne faut pas prendre à la légère... Il faut le jeter très loin de toutes ses forces.
Dans un bon roman policier rien n'est perdu, il n'y a pas de phrase ni de mot qui ne soient pas significatifs.
La moquerie est le langage du mépris, et l'une des manières dont il se fait le mieux entendre : elle attaque l'homme dans son dernier retranchement, qui est l'opinion qu'il a de lui-même.
Le peuple n'aime ni le vrai ni le simple : il aime le roman et le charlatan.
Le rock, le jazz, ce n'est rien d'autre qu'une traduction des sons hideux et irrationnels de l'environnement industriel en langage musical.
Notre corps est éphémère, mais notre esprit ne disparaît ni ne change, comme le ciel bleu derrière les nuages.
Le langage réalise, en brisant le silence, ce que le silence voulait et n'altérait pas.
Une gifle, cela ne blesse que l'orgueil.
Il n'y a souvent que le blasphème pour exprimer ce en quoi on a foi.
On apprend ordinairement les langues pour pouvoir exprimer nettement qu'on sait . Mais il semble que les médecins n'apprennent leur jargon que pour embrouiller ce qu'ils ne savent point.
Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde.
Le ciel n'est bleu que par convention, mais rouge en réalité.
Le langage qu'un homme parle est un monde dans lequel il vit et agit ; il lui appartient plus profondément, plus essentiellement que la terre et les choses qu'il nomme son pays.
Ce soir-là, vous avez eu le bleu des policiers, le blanc des hôpitaux et le rouge des pompiers.
On blesse l'amour-propre, on ne le tue pas.
On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime.
Quand les images sont perdues, l'espace aussi. Quand le son est perdu, le langage aussi.
Dès qu'on parle une langue étrangère, les expressions du visage, des mains, le langage du corps changent. On est déjà quelqu'un d'autre.
Le roman est l'histoire des hommes, tandis que l'histoire est le roman du passé.
Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu'on le pratiquait avant l'ère du numérique.
L'espace est ce qui fait que tout n'est pas à la même place. Le langage est ce qui fait que tout ne signifie pas la même chose.
Le seul vrai langage au monde est un baiser.
Dès qu'il envisage l'érotisme, l'esprit humain se trouve devant sa difficulté fondamentale. L'érotisme, en un sens, est risible... L'allusion érotique a toujours le pouvoir d'éveiller l'ironie.
Je suis un éternel optimiste. Aussi difficile que ce soit, il y a toujours de la lumière quelque part. Le reste du ciel peut être nuageux mais ce petit bout de bleu me fait avancer.
Le roman procède par combinaisons aléatoires d'éléments réels, le poème par exploration exacte et complète d'éléments virtuels.
Sexcuse : motif que l'on invoque pour se dérober à une invitation érotique trop pressante.
La pitié blesse un coeur ambitieux.
Le menteur était le plus chaud pour défendre sa véracité, le lâche son courage, le mal élevé sa gentillesse, et le goujat son honneur.
La littérature érotique pèche souvent par un excès de métaphores ridicules. Elle joue sur l'interdit et accumule les fantasmes.
Le jour où l'on comprendra qu'une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires.