Dites franchement tout le bien que vous pensez de vous : la fausse modestie est un abus de confiance.
Je suis à l'âge où, si l'on ne réalise pas tout de suite ses derniers rêves d'enfant, ils se transforment l'année d'après en regrets de vieillard.
Un jour, à force de fouiller l'atome, un savant expliquera peut-être la joie et la paix de l'esprit par des formules mathématiques.
La beauté du neuf, tout de même, c'est d'être propre.
Ce n'est pas avec la raison, et c'est le plus souvent contre elle, que s'édifient les croyances capables d'ébranler le monde.
Nous nous faisons plus de mal que les autres ne peuvent nous en faire.
Le christianisme ne fait pas sa part à la chair : il la supprime.
On fabrique de la probité avec toutes sortes de vices, comme on fait du papier blanc avec des guenilles de mille couleurs.
Les ordinateurs, plus on s'en sert moins, moins ça a de chance de mal marcher.
Ambitieux par vanité, laborieux par nécessité, mais paresseux... Avec délices !
Le génie est une habitude que prennent certains.
Le drame de la vie c'est qu'il peut ne rien s'y passer.
Assurément les sentiments aussi vieillissent ; il est des modes jusque dans la façon de souffrir ou d'aimer.
Ce qui est ingénieux est bien près d'être vrai.
Humidité et sécheresse sont les deux mamelles du paysan. Une fois sur deux il se plaint soit de l'un soit de l'autre. De par sa naissance même, le paysan est classé zone sinistrée.
Rien de plus humain que le divin.
Les mariages d'aujourd'hui ? Ni union, ni multiplication, mais des additions en attendant la division.
E.N.A. : Centre aéré pour jeunes ambitieux.
Le passé n'est rien si l'avenir reste intact.
Il faut à la parole même une matière.
Les hommes ne sont pas ce qu'ils ont été, mais ce qu'ils sont devenus.
L'écrivain est un homme ordinaire, peut-être est-il seulement plus sensible.
Le public a besoin d'être violé dans des positions rares.
De temps en temps je me force à lire, ça m'entretient les yeux.
C'est à ce signe qu'on distingue les vrais héros : ils ne se plaignent jamais de leur sort.
Il arrive qu'un déjeuner de travail se transforme en véritable déjeuner de travail.
Je vous salis, ma rue.
Les ours blancs sont blancs parce que ce sont de vieux ours.
Nos goûts et nos passions nous dégradent plus que nos opinions et nos erreurs.
La radio et la télé resteront toujours, avec ou sans image, de la parole alternée avec de la musique, des mots et des notes, rien de plus.
Achetez et lisez les livres faits par les vieillards, qui ont su y mettre l'originalité de leur caractère et de leur âge.
L'erreur, le crime et l'adultère : voilà tout ce qui rend les hommes intéressants.
La terreur est humaine.
Les récits sont faits de zones débordant les unes des autres, creusant des failles ou des réservoirs.
Est-ce qu'on est maître de devenir ou de ne pas devenir amoureux ? Et quand on l'est, est-on maître d'agir comme si on ne l'était pas ?
Vivre c'est accepter la douleur, les échecs et les décès.
Ce ne sont pas les femmes publiques qui contribuent le plus à la dépravation des moeurs, ce sont les femmes de la société.
Pour ceux qui aiment bien aller sous l'eau mais qui aiment pas l'eau, le mieux, c'est un sous-marin.
Amuse-toi, va où tu veux. Ce n'est pas la place qui te manque. Mais je te défends de courir du côté de la rivière.
La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. Je ne veux pas assister à ta crémation ; je ne veux pas recevoir un bocal avec tes cendres.
Les fêtes quand on est bouclé par la maladie ou par les ordres de Justice, ça vous remue le couteau dans la couenne.
Il s'agit de fonder la paix du monde sur un ordre légal, de faire une réalité de droit de cette solidarité internationale qui apparaît déjà dans les faits comme une réalité physique.
Par exemple être ailleursAvoir envie d'être ailleursRien faireAvoir envie de rien fairePrendre des ruesMarcher dans les avenuesCroiser les gensAvec les soucis d'argentSentir son coeur vide éperdumentComme s'il ne pouvait plus sentir les sentiments
La télé c'est comme un robinet : ça coule en continu, suffit de verser le poison dedans...
J'ai toujours défendu, dans mes chansons, les causes ou les vérités qui me tiennent à coeur, quitte à me tromper.
Le Brexit est l'autre face de la crise des réfugiés - des tensions qui conduisent à la stase, des risques externes qui conduisent à des chocs asymétriques.
Entre l'amour et l'amitié, mon coeur ne balance jamais.
L'amitié est pour l'hiver de l'âge ce qu'est l'amour pour la jeunesse.
J'écris des chansons d'amour pour ceux qui font l'amour mais dont l'coeur est encore vierge.
J'balaye les mauvaises nouvelles devant ma porte. Si le bonheur passe, j'le séquestre.