Le poète est passé : un remous dans l'argile se dresse en monument, avec soudain le bras qui se profile, la lèvre et l'oeil aimants.
Je songeai que les silencieux perdent à quitter leur silence et que le prestige de mon père au sein de la famille tenait peut-être au crédit de son mutisme.
Les fêtes quand on est bouclé par la maladie ou par les ordres de Justice, ça vous remue le couteau dans la couenne.
Dans le doute on s'abstient, c'est plus sage et moins féroce.
Un musée ne peut être un lieu où on se contente de montrer.
Je suis entrepreneur pour ne plus dépendre des autres.
Gérer une crise sanitaire, c'est conduire une Ferrari sur une route verglacée. C'est très compliqué.
Amadeus Mozart est à la musique quelque chose comme Jean Nicolas Arthur Rimbaud à la littérature. Ce sont des gens qui ont créé quelque chose que personne avant eux n'avait. Des génies absolus. Vous pouvez reconnaître leurs harmonies parmi des milliers.
Auto-éthique : résister à récriminations, reproches, ressentiment, apitoiement sur soi.
Si l'amour est dans l'air, moi, j'bats des records d'apnée, j'reste à jamais fidèle à l'infidélité.
Cette époque est lourde, aussi lourde, que le poids qu'portent mes paupières.
J'balaye les mauvaises nouvelles devant ma porte. Si le bonheur passe, j'le séquestre.
La raison d'Etat, c'est des tas de raisons.
Le rock pur et dur est mort le jour ou Elvis est parti à l'armée. Ensuite, au fil du temps, il y a eu les mutations naturelles de la musique qui est en perpétuel mouvement, mais je suis fidèle à un esprit, une philosophie musicale.
Quand je juge l'art, je prends ma peinture et la mets à côté d'un objet créé par Dieu comme un arbre ou une fleur. Si ça jure, ce n'est pas de l'art.
J'arrêterai de chanter le jour de ma mort.
Au point où j'en suis de ma vie et de ma carrière, je me sens, oui, assez libre.
Je suis comme le poireau : pas du tout exportable.
On ne vit pas après Auschwitz, on vit avec en permanence.
L'islam est méconnu, par les musulmans eux-mêmes et par les autres.
L'animal poursuit sa proie ; l'être humain court après son salut.
Le théâtre est un permis de construire sur la lune.
Ce qui est dans les grands splendeurs, somptuosité, est dissipation, folie, ineptie dans le particulier.
L'ennui est la grande maladie de la vie ; on ne cesse de maudire sa brièveté, et toujours elle est trop longue, puisqu'on n'en sait que faire.
Aujourd'hui ou on s'épouse et on n'a pas d'enfant ou on ne s'épouse pas et on a des enfants.
Contre qui luttons-nous jamais sinon contre notre double ? Contre cet autre en nous qui cherche à nous faire entendre que le monde n'a pas de sens ?
La vérité, que personne n'avoue, c'est qu'une fois les illusions enfuies, on passe sa vie à souffler sur le miroir aux regrets. Mais toujours la buée s'efface.
Les femmes rougissent d'entendre nommer ce qu'elles ne craignent aucunement à faire.
Dis-moi qui t'admire et je te dirai qui tu es.
La race est la pierre angulaire sur laquelle repose l'équilibre des nations. Elle représente ce qu'il y a de plus stable dans la vie d'un peuple.
Le plus grand des crimes, c'est de tuer la langue d'une nation avec tout ce qu'elle renferme d'espérance et de génie.
Les choses dont on parle le plus parmi les hommes sont assez ordinairement celles qu'on connaît le moins.
On fait toujours semblant de confondre les juges avec la justice, comme les prêtres avec Dieu. C'est ainsi qu'on habitue les hommes à se défier de la justice et de Dieu.
Une des plus vraies satisfactions de l'homme, c'est quand la femme qu'il a passionnément désirée et qui s'est refusée opiniâtrement à lui cesse d'être belle.
Ce n'est pas pour l'avoir, mais pour l'ôter à une autre, qu'une femme prend un amant.
L'apparente immobilité d'un livre nous leurre : chaque livre est aussi la somme des malentendus dont il est l'occasion.
Plus vous trouverez de raison dans un homme plus vous trouverez en lui de probité.
Assurément les sentiments aussi vieillissent ; il est des modes jusque dans la façon de souffrir ou d'aimer.
La vanité est la passion dominante de l'homme.
La tragédie est le sérieux de la politique.
Il n'y a personne qui n'ait plus d'ennemis dans le monde qu'un homme droit, fier et sensible, disposé à laisser les personnes et les choses pour ce qu'elles sont, plutôt qu'à les prendre pour ce qu'elles ne sont pas.
Le passé ne sera jamais pire que l'avenir.
Il te faudra franchir la mort pour que tu vives.
On ne se fait pas toujours une langue propre à son coeur.
D'emblée dans la vie la fatigue touche aux deux portes sacrées : l'amour, le sommeil. L'amour qu'elle use comme de l'eau sur la pierre. Le sommeil qu'elle entasse comme de l'eau sur de l'eau.
- Je crois vous aimer. - Quand en serez-vous sûre? - Quand nous serons séparés.
La plupart des femmes du monde sont malades parce qu'elles sont riches.
Ce qui compte dans l'homme, c'est le moulin à vent.
Le mari n'est jamais qu'un laquais ou qu'un maître. Le femme a, sur ce point, des raisons qui font loi.
La femme, a plus de mérite à rester honnête, car un homme peut toujours se satisfaire avec sa femme, pourvu qu'elle soit jeune et propre. Il peut se passer de la bonne volonté de sa femme, qui ne peut rien faire sans la sienne à lui.