J'aime plus le boulot qu'une fille dans mon plumard.
Dés qu'elle ouvre la bouche, j'ai l'impression de recevoir un coup de pied au cul. C'est pas étonnant, avec ce menton en galoche.
Il fut beau, dit-on. À quelle époque ? justes cieux ! car on lui donnerait bien cent ans.
Essayer de vivre selon les nuances que nous apprend la littérature.
Il est un âge où l'on enseigne ce que l'on sait ; mais il en vient ensuite un autre où l'on enseigne ce que l'on ne sait pas : cela s'appelle chercher.
Potentiel chez tous, cet instinct de dépassement ne se développe que dans une minorité. Une société novatrice est une société où cette minorité est assez importante et libre pour agir. Une société figée est celle où cette minorité est réduite et paralysée.
Il ne suffit pas d'être savant, mais il faut surtout être aimable.
Il est habituel de traiter de fou celui qui énonce une vérité perturbante.
Nous avons besoin d'entendre la parole de ceux qui savent, et non de ceux qui croient savoir. Besoin de les entendre ensemble, qu'ils communiquent, qu'ils échangent, qu'ils se nourrissent les uns les autres.
Tout homme qui aspire à régenter les autres devrait être supprimé de la terre.
Gare à qui s'en prendrait à la France si je dirige le pays. La réplique militaire sera cruelle !
La France, trait d'union au sein de l'humanité universelle.
Les observations fines sont la science des femmes.
Je pense que tous les cinéastes passent par un livre occulté, refoulé : le cinéaste se tient après le livre, l'écrivain avant.
Je fais un coup de chapeau à tous les parlementaires qui ont voté pour cette transformation de la SNCF.
Mon fantasme ça a toujours été de bien faire mon travail.
Je ne veux pas d'une Europe qui soit juste une zone de libre-échange attachée à l'OTAN. Encore moins je veux une Europe où tout le monde est contre tout le monde, et le dumping social et fiscal remplace la solidarité.
Je crois tellement en l'Homme. Je dis: «Je respecte ta croyance, respecte mon athéisme!»
Vous passez par des moments de découragement quand vous rédigez les premières pages d'un roman. Vous avez, chaque jour, l'impression de faire fausse route.
Percevoir l'esprit de chacune des religions est plus important que de dresser la liste des fêtes ou des règles alimentaires.
Depuis deux mille ans, ceux qui ont ri et fait l'éloge du rire ont cheminé en marge du judéo-christianisme.
Chocolat : le mélange de l'amande du cacao grillée avec le sucre et la cannelle ; car avec du cacao tout seul, on ne fait que de la pâte de cacao et non du chocolat.
La vie n'est qu'un verbe. Encore convient-il de le conjuguer opportunément.
On ne sait jamais ce que deviennent les paroles que l'on profère, les phrases que l'on écrit.
La difficulté me décourage, la facilité me rebute.
A Paris, quand on croise une femme dans la rue et qu'on la regarde, on commet presque une infidélité. Regarder une Française et être vu par elle, on dirait qu'on ébauche un roman d'amour !
L'homme d'affaires, c'est un hybride du danseur et du calculateur.
Nous sommes tous une exception, rien donc d'exceptionnel.
La liberté n'est pas un privilège, elle est éternelle conquête... On ne la donne pas aux autres, on leur apprend à la mériter.
Torture : nom commun féminin, mais ce n'est pas de ma faute. Bien plus que le costume trois pièces ou la pince à vélo, c'est la pratique de la torture qui permet de distinguer à coup sûr l'homme de la bête.
Dieu a inventé le concubinage. Satan le mariage.
La chance est la forme laïque du miracle.
C'est le degré de culture et de prévoyance plus que le degré d'aisance qui paraît régler la restriction des naissances.
Il n'est pas facile de distinguer dans nos réflexions ce qui se rapporte à nous ou à nos proches. On est habité par ceux qu'on aime ou qu'on hait.
Les religions ne sont que des quêtes du bon mode d'emploi de l'existence humaine.
Je ne suis capable de fantaisie que dans l'ordre.
Les chanteurs, dès qu'ils la bouclent, on les oublie. L'oreille est un conduit, rien n'y séjourne.
Le nerf de la guerre, le principe de la liberté dans un état bourgeois : l'argent.
Il n'y a pas d'ordre véritable sans la justice ?
Ceux qui nient l'immortalité de l'âme se rendent justice.
Les documents humains font les bons livres.
Quant on ment, on ne calomnie jamais.
La tragédie est le lieu où on se tue à nous le dire.
L'histoire contemporaine a "démanichéisé" chacun d'entre nous.
En Corse, il faut savoir à qui poser les questions mais surtout à qui ne pas les poser. Et quand vous obtenez une réponse, dans la plupart des cas, il faut savoir l'oublier.
Etre prodigue, ce n'est pas si commode. Ceux qui recherchent ce défaut ne l'ont jamais.
Je conviendrai bien volontiers que les femmes nous sont supérieures si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales.
Le 14 juillet, c'est le jour où le peuple français s'est levé pour écrire sa propre histoire.
J'ai d'abord aimé, comme tout le monde, l'effet de la lègère ivresse, puis très bientôt j'ai aimé ce qui est au-delà de la violente ivresse, quand on a franchi ce stade : une paix magnifique et terrible, le vrai goût du passage du temps.
On va mettre cela sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...