Ce qu'il y a de plus réel pour moi ce sont les illusions que je crée avec ma peinture.
Jeunesse : Temps des cruelles illusions pour ceux qui le traversent et des stupides allusions pour ceux qui l'ont laissé derrière.
- Bénissez moi mon père car j'ai... - ... Péché, oui je sais. Vous avez détruit la rosace de Notre-Dame, un vitrail vieux de 700 ans. - Sans fausse modestie c'est plutôt M. Hild qu'il faut féliciter !
Tout ce qui est réel est vrai, par définition, mais certaines perceptions du réel ont une plus grande teneur en vérité que d'autres, et ce ne sont pas les plus optimistes. Je pense par exemple que cette teneur en vérité est plus élevée chez Dostoïevski que chez le Dalaï-lama.
Donnez-moi un musée et je le remplirai.
Le cinéma semble devoir toujours osciller entre deux tendances : la capture plus ou moins brute du réel (le document) et la construction d'un espace imaginaire (le rêve).
La peinture me harcèle et me tourmente de mille manières, comme la maîtresse la plus exigeante.
La peinture n'est pour moi qu'un moyen d'oublier la vie. Un cri dans la nuit. Un sanglot raté. Un rire qui s'étrangle.
La richesse du réel déborde chaque langage, chaque structure logique, chaque éclairage conceptuel.
Le réel est toujours à sa place.
J'émets le voeux que la photographie au lieu de tomber dans le domaine de l'industrie, du commerce, rentre dans celui de l'art.
L'amour est réel si chaque seconde qui le crée le remet en cause.
La peinture est une manière "d'être", la tentation de respirer dans un monde irrespirable.
Plus grande est la réussite, plus elle frise le ratage (comme un chef-d'oeuvre de peinture frise le chromo).
La témérité des jugements que nous portons sur les autres est en raison directe des illusions que nous avons sur nous-mêmes.
Le bonheur n'est réel que lorsqu'il est partagé.
La photographie m'a rendue heureuse.
L'acte vraiment philosophique, c'est le suicide ; là se trouve le début réel de toute philosophie.
Parfait est ce qui est naturel ou réel ; c'est la beauté.
Je photographie ce que je ne désire pas peindre, et je peins ce que je ne peux pas photographier.
La fiction dépasse la réalité. Non. Mais la réalité est toujours vécue en autant que la fiction permette au réel de s'incarner dans l'esprit.
Ne te fais pas d'illusion sur les illusions qui ne sont que l'enfer de nos rêves.
Si vous voulez savoir l'âge réel d'une femme, demandez le à sa belle-soeur.
Un musée ne peut être un lieu où on se contente de montrer.
Une autre des illusions de la vie, celle qui veut que l'argent apporte l'indépendance, qu'on confond trop souvent avec la liberté, et que, partant, il soit un ingrédient nécessaire au bonheur.
J'imaginais la peinture se mettant à saigner. Blessée de la manière dont les gens peuvent être blessés. Pour moi la peinture devenait une personne avec des sentiments et des sensations.
La peinture se vend mieux que la littérature : il est plus facile de planter un clou que de finir un livre.
La science de la peinture est tellement divine qu'elle transforme l'esprit du peintre en une espèce d'esprit de Dieu.
Pour moi, un vitrail est une partition transparente entre mon coeur et le coeur du monde.
Mon goût du paradoxe m'amènerait même à soupçonner qu'on trouverait aisément de l'onirisme dans toute l'histoire de la peinture avant d'en trouver trace dans la peinture surréaliste.