Vaincre sans péril est peut-être la seule chance de triompher sans péril.
C'est sans doute l'esprit qui souille la chair.
Nous ne choisissons pas plus nos convictions que nous n'avons choisi notre sexe.
Il y a des livres si audacieux, qu'on ne devrait les publier qu'avec un cache-texte.
Qu'est-ce que voir ? C'est d'abord se mettre au centre du monde.
Réduction du temps de travail : pour les trente-cinq heures d'ici l'an 2000, rassurons tout le monde, c'est trente-cinq heures par semaine ; ce n'est pas seulement trente-cinq heures d'ici l'an 2000 !
Nous savons haïr mais nous ne savons pas aimer.
La guerre est un formidable concentré des passions humaines.
Celui qui écrit des livres est tout (un univers unique pour lui-même et pour tous les autres) ou rien. Et parce qu'il ne sera jamais donné à quelqu'un d'être tout, nous tous qui écrivons des livres, nous ne sommes rien.
Ne jamais être content : tout l'art est là.
L'amusant, au théâtre, c'est de sortir aux entractes, de saluer, de serrer des mains, d'entendre des opinions et de s'en faire une moyenne, avec toutes les extrêmes, sans effort, sur la pièce.
Si d'une discussion pouvait sortir la moindre vérité, on discuterait moins.
La meilleure preuve que les célibataires connaissent beaucoup mieux les enfants (et les femmes) que les pères de famille, c'est qu'ils ne se marient pas.
L'Antiquité nous offre en effet partout, en Égypte, en Perse, en Grèce, à Rome, le spectacle de quelques hommes manipulant à leur gré l'humanité asservie par la force ou par l'imposture.
Difficile de donner un âge à celui que l'alcool a attaqué. C'est le prototype du Français qui aime trop le vin, nez déformé, la fraise, visage bouffi, voix d'outre-tombe, les dents jaunes et avariées.
Le plaisir et la douleur sont les deux extrêmes de la sensibilité : son moyen terme est le calme vivant ; sa nullité, la mort.
A tout choisir, je préférerais encore être cocu que jaloux. On souffre moins.
Il y a plus de paroles en un plein pot de vin qu'en un muid de cervoise.
- Le terrorisme vise à paralyser une société par la peur.- Les terroristes amateurs font exploser des voitures. Les professionnels font grimper les chiffres du chômage.
Le pire dans la vieillesse, ce n'est pas la diminution physique, c'est le dégoût de l'humanité. Combien commencent en subversifs pour finir en grincheux ? Rebelles à vingt-ans, poupons geignards à soixante-ans.
L'opium du peuple dans le monde actuel n'est peut-être pas tant la religion que l'ennemi accepté... Un tel monde est à la merci, il faut le savoir, de ceux qui fournissent un semblant d'issue à l'ennui. La vie humaine aspire aux passions et retrouve ses exigences.
Un homme veut bien quitter une femme, mais il ne veut pas être quitté par elle.
Je suis une femme qui gagne et une femme qui fait.
Qui augmente sa connaissance augmente son ignorance.
Les femmes, toutes les femmes ont fait leurs valises pour rien une fois dans leur vie. On le fait pour qu'on vous retienne.
On a toujours le choix d'être con ou pas.
La peinture est fondée sur le coeur contrôlé par la tête.
Je me suis empêchée de parler de mes parents toute ma vie, j'ai aujourd'hui un plaisir fou de parler d'eux.
Ni un livre ni un film ne peut transformer la société. Il suffit d'ouvrir les yeux.
Quand je suis face au pire des choix, j'évite le choix du pire.
Le palais des Festivals à Cannes, c'est un endroit où on applaudit les toilettes avant d'aller se faire chier.
Ne méprisons pas les gens qui brillent, ils permettent d'apercevoir ceux qui sont éteints.
Un homme combattra plus pour ses intérêts que pour ses droits.
L'âme se raffine à mesure qu'elle se gâte.
Il y a une sorte de plaisir à s'apercevoir qu'on est un peu dupe de ceux qu'on aime.
Les auteurs de recueils de citations sont comme ces gens qui mangent des cerises, qui commencent par les meilleures et qui finissent par les manger toutes.
L'arbitraire est une arme à un si grand nombre de tranchants, que ceux qui la tiennent s'y couperont éternellement les doigts.
On est toujours trop prêt quand on a du courage.
Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts.
On ne veut pas mourir. Chaque homme est proprement une suite d'idées qu'on ne veut pas interrompre.
Ce que les mécaniciens de l'esprit n'ont pas compris, c'est que lorsque Dieu se manifeste, il n'a nullement besoin des sens : il entre en communication directe avec cette "aptitude au divin" qu'est l'âme.
Ce qui peut arriver de pire à Dieu, c'est que l'homme ne mette plus en doute son existence. C'est aussi ce qui peut arriver de pire à l'homme.
C'est au moment où l'on rejette tous les principes qu'il convient de se munir de scrupules.
Ce n'est pas la façon dont sa lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.
Peut-on penser la science ? Une science de la science est-elle possible ?
L'amour est le problème des gens qui n'ont pas de problèmes.
Le comble de l'obséquiosité : Enterrer les balles mortes.
La nature n'est pas définitive : on peut toujours lui ajouter.
Il y a des boniches dans tous les milieux... c'est une mentalité, la boniche... ce n'est pas un état.
Le goût est la conscience littéraire de l'âme.