Méfions-nous de l'humanisme spectacle.
Lorsque l'on fait du bien aux autres, on se nourrit soi-même.
Dans l'igloo tu fais les poussières avec un pic !
Quiconque s'attache à écouter la réponse des enfants est un esprit révolutionnaire.
On ne vit qu'en dévorant la vie.
Il y a de la satisfaction à savoir que l'on apporte du bonheur.
Fondamentalement, essentiellement, la méditation est un non-faire, un non-agir, un non-effort. Ceci ne doit jamais être oublié.
À ne pas savoir danser, on sacralise la danse, on lui donne tout son pouvoir. Toutes les années perdues en apparence font le bonheur présent. Et l'on se venge enfin du carcan de l'adolescence.
Un rude animal qui, par l'élémentaire exercice de sa vitalité, répand le sang et sème la mort, on se souvient qu'historiquement, c'est sous cette forme d'archétype féroce que se manifesta, à la conscience et à l'esprit des meilleurs, la révélation de la société capitaliste.
J'aime prendre des pilules avant de déjeuner. Même quand je n'ai rien. Je trouve que ça fait bien de sortir sa plaquette, comme ça les gens vous ménagent.
J'ay crié de ma voixAu Seigneur maintesfois,Luy faisant ma complaincte,Et n,e m'a repoulsé,Mais toujours exaulcé,De sa montaigne saincte.
Je ne suis pas comme les autres, telle est la formule de l'homme du troupeau. Car le châtiment qu'encourt l'individu contemporain est moins l'emprisonnement ou la répression que l'indifférence.
Le pessimisme est excusable, quand il est la protestation impuissante d'une vie manquée.
Mais rien de tout cela ne peut rendre compte du lien invisible par lequel nous nous sommes sentis unis dès le début. Nous avions beau être profondément dissemblables, je n'en sentais pas moins que quelque chose de fondamental nous était commun, une sorte de blessure originaire.
La révolte est dans l'ordre des choses.Je voyais pas bien le rapport de ces toiles-radiateurs avec la révolte... le dérangement du monde. Il maniait le paradoxe avec un tel vocabulaire que je ne cherchais déjà plus à comprendre.
400 000 francs, tu te rends compte de ce que ça représente ?
Je n'ai jamais vu un homme de l'opposition mettre plus d'une minute pour juguler la pauvreté et réduire le chômage.
Vivre, c'est souvent lutter vers des buts qu'on n'a aucun désir d'atteindre.
L'idéologie ambiante érige l'ambiguïté en loi morale, sous couvert de tolérance.
Vivre dans la sous France.
Pour certaines personnes, parler et offenser sont une seule et même chose. Ils sont méchants et amers ; leur style est imprégné de fiel et d'absinthe ; moqueries, injures et injures coulent de leurs lèvres comme des crachats.
J'ai le loisir de pouvoir choisir, et je compte bien préserver cette liberté-là.
Les employeurs ont le droit de refuser des Arabes ou des Noirs.
Il y a deux genres de chanteurs, ceux qui chantent juste et ceux qui chantent tout juste.
Des savants luttent chaque jour pour nous préserver de la tuberculose, du cancer. Et la guerre, l'horrible guerre serait le seul mal contre lequel l'humanité se déclarerait impuissante ? Je ne veux pas le croire.
D'autres, même parmi les braves, auraient peut-être transigé ou hésité, mais pas Arnaud Beltrame.
Quand je fais mes courses avec mon caddy, je ne mets pas de lunettes de soleil. Je vais au travail, comme tout le monde. J'emmène mes enfants à l'école, comme tout le monde. Je mange des trucs comme tout le monde. Et je me dispute avec ma femme, comme tout le monde!
Trente ans plus tard, je me disais qu'il fallait que je reste svelte pour ne pas passer au gaz.
Si l'on habite près d'une gare, cela change complètement la vie. On a l'impression d'être de passage. Rien n'est jamais définitif. Un jour ou l'autre, on monte dans un train.
La vie serait impossible si l'on se souvenait, le tout est de choisir ce qu'on doit oublier.
La générosité n'est qu'une indifférence qui se donne des airs.
Il existe aussi une liberté vide, une liberté d'ombres, une liberté qui ne consiste qu'à changer de prison, faite de vains combats entretenus par l'obscurantisme moderne et guidés par le faux jour.
A force de parler le langage de l'ennemi, les idéologues changent d'idées.
Il est très difficile de se mépriser sans offenser Dieu en nous.
Que Dieu serait cruel, s'il n'était pas si grand !
De nos jours tout le monde a forcément, à un moment ou à un autre de sa vie, l'impression d'être un raté.
On aimerait à savoir si c'est la littérature qui corrompt les moeurs ou les moeurs au contraire qui corrompent la littérature.
On n'est jamais trop recommandé auprès de ses chefs.
Les actualités d'aujourd'hui, c'est l'histoire de demain.
Un ministre, en faisant faire à ses maîtres des fautes et des sottises nuisibles au public, ne fait souvent que s'affermir dans sa place.
Pour les téléspectateurs, voir Roland derrière le bar c'est normal, mais pour moi, c'était lassant.
Un coup de boule qui fit de son nez un proche parent de la tomate écrasée.
Dans la langue, un mystère, un vieux trésor se trouve... Chaque année, le rossignol revêt des plumes neuves, mais il garde sa chanson.
Le rire est un papillon, il peut mourir d'un coup d'épingle.
Dans sa noirceur la noirceur de la Sulamite se fond, s'est confondue, dissoute.
À part le coeur, il me semble que tout vieillit en moi proportionnellement. Et même ce coeur a de l'artificiel. Les danseuses l'ont cousu dans un sac de satin rose, du satin un peu fané, comme leurs chaussons de danse.
Depuis longtemps il y a des lieux où ce qui est à voir est au-dedans: cellule, sacristie, crypte, église, théâtre, cabinet de lecture ou d'estampes.
Un homme arrivé ne bouge plus.
L'espère ! Quel joli nom pour désigner l'affût, l'attente du chasseur embusqué, et ces heures indécises où tout attend, espère, hésite entre le jour et la nuit.
On peut aussi prendre son temps, choisir les saisons et les heures creuses. Préférer les sentiers aux autoroutes. C'est comme l'amour en fin de compte. Les grands circuits sont les mêmes pour tous. Mais chacun peut y préférer, ici ou là, sa petite chapelle.