Sans le pardon de nos fautes et de celles de nos proches autant que de celles de nos ennemis, l'avenir n'a pas la moindre chance d'approcher l'idée du bonheur véritable, à jamais perdu parmi tant d'autres illusions.
Trouver une composition qui peigne notre temps.
Nous voulons la rose, mais pas l'épine. Nous mettons des lunettes vertes et nous disons que le monde est vert.
Pour vivre vraiment, il faut s'éloigner de la vie.
Les enfants réalisent ce miracle adorable de demeurer des enfants et de voir par nos yeux.
Ce n'est peut-être que cela la jeunesse, de l'entrain à vieillir.
C'est le propre de jeune homme d'être amoureux et non pas d'un vieillard.
C'est un triste honneur pour une grande âme, que d'accabler un frère et contraindre une femme.
Ecrire c'est comme nager tout nu. Avec la bite qui flotte comme une fleur tellement les couilles deviennent légères.
La culpabilité ne sert à rien. Seule la conscience est ta soeur. Elle te dit la vérité. Elle n'a rien à cacher, à te cacher. Elle est pure. Elle est ce que tu voulais être et que tu n'es pas.
Qu'est-ce que le fascisme, sinon un régime d'oppression au profit de quelques-uns ?
« "Si t'es végétarien, t'es quelqu'un de bien, dans le cas contraire t'es une mauvaise personne."Or, pour moi, devenir végétarien lorsque l'on mange peu de viande ou limiter considérablement sa consommation de viande lorsqu'on en mange beaucoup, c'est la même chose. L'effort est identique.
Vois-tu, on ne meurt jamais entièrement, parce qu'on transmet aux autres, aux survivants, surtout à ceux qui vous aiment et vous connaissent bien, un peu de son être.
La loi morale ne peut résider qu'en lui, coédifiée par l'enseignement qu'il a reçu, les circonstances de la vie et l'influence des autres.
Seuls les enfants jouissent du présent ; leurs aînés vivent soit de la mémoire du passé, soit de l'espoir de l'avenir.
Les cigarillos ont cet avantage de faire le vide autour de moi.
Quéquette en juin, layette en mars.
La lecture a été quelque chose de magique pour moi. Il faut une vraie magie pour envisager un autre monde et essayer de le comprendre. Et une fois qu'on l'a compris, le changer.
L'époque nous contraint à nous positionner. Il faut être pour ou contre. C'est un manichéisme de mauvais aloi qui ne permet plus la nuance.
La seule perception que j'ai de moi-même, c'est celle que j'ai à travers le regard de l'autre.
Je suis un grand artiste et je le sais. C'est à cause de ce que je suis que j'ai enduré tant de souffrances, afin de poursuivre ma vocation, sinon je me considérerais comme un coquin - ce que beaucoup de gens pensent que je suis, d'ailleurs.
Il y a une contradiction entre se consacrer à l'essentiel et vivre une vie sociale. Peu y parviennent.
Aujourd'hui encore quand j'entends dire Papa, je sursaute, même soixante-quinze ans après.
Je n'aime pas les clichés où j'ai l'air d'avoir 12 ans alors que j'en ai 36.
Moi, mon père, il me l'a transmise, la soumission. Mais avec un brin d'orgueil, un brin de noblesse.
Éloigner nos jouissances, souvent c'est nous servir ; faire attendre le bonheur, c'est ménager à son ami une perspective agréable.
Les mots ?... C'est un maquis dans lequel on aime bien se mettre à l'abri.
Le véritable égoïste est celui qui ne pense qu'à lui quand il parle d'un autre.
Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable : son enfance et son agonie.
Je suis si fatigué que je bâille en dormant.
L'écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n'existons plus pour personne. De là sa magie, sa divine hérédité.
L'art est le culte de l'erreur.
C'est grâce à l'héritage jazz que l'homme singe devient l'homme sage.
On peut comparer la société à une salle de spectacle ; on n'y est aux loges que parce qu'on paie davantage.
L'art abstrait témoigne que l'homme n'a rien à dire, rien à exprimer ni à fixer, s'il se coupe du monde tel que le capte le regard d'un enfant.
J'ai toujours senti que l'état d'auteur n'était, ne pouvait être illustre et respectable qu'autant qu'il n'était pas un métier. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès.
Ceux qui sont à la tête des grandes affaires ne trouvent pas moins d'embarras dans leur parti, que dans celui de leurs ennemis.
Dans une administration, plus qu'ailleurs et autant que dans l'armée au moins, tu dois te soumettre au supérieur, voilà pourquoi tu as tellement tendance à faire chier l'inférieur. L'inférieur, c'est ta compensation, ton aspro, ta soupape.
Il est dans les extrêmes plaisirs, un aiguillon qui nous éveille, comme pour nous avertir de profiter de ce moment rapide ; dans les grandes douleurs, au contraire, je ne sais quoi de pesant nous endort.
Un écrivain ne lit pas ses confrères, il les surveille.
La république des camarades est celle des complices.
On garde peu de remords des fautes où l'on prit peu de joie.
Qu'est-ce qu'un philosophe ? C'est un homme qui oppose la nature à la loi, la raison à l'usage, sa conscience à l'opinion, et son jugement à l'erreur.
Le péché originel n'est pas une donnée scientifiquement observable. Excepté, bien entendu, si l'on consulte un miroir.
Quand l'homme se reconnaît trop faible pour réaliser ses désirs et satisfaire son orgueil, il les reporte, enfant, sur ses parents, homme vaincu par la vie, sur ses enfants à son tour.
Il faut mener les hommes avec des phrases plus qu'avec la raison.
Notre crainte des autres vient de ce qu'ils cherchent à nous transformer en objets pour assurer leur propre liberté.
L'Académie existe par les écrivains. Le lustre justifié dont elle éclate aux yeux du monde lui vient parfois beaucoup moins des écrivains qui la composent que des écrivains qui sont en dehors d'elle.
A vingt-six ans, on a tellement appétit du neuf et peur de se répéter qu'on ne se sert jamais de ses notes.
Les grands plaisirs, dans tous les arts, ne sont que pour les connaisseurs.