Mais quelle est la différence entre la littérature et le journalisme?... Le journalisme est illisible et la littérature n'est pas lue. C'est tout.
Les temps changent. On ne sait pas quand, mais c'est toujours avant qu'on s'en aperçoive.
Mourir, c'est changer de corps comme l'acteur change d'habit.
Où règne la justice, c'est à la liberté d'obéir.
Ce qu'il y a de terrible quand on cherche la vérité, c'est qu'on la trouve.
Dieu c'est ce que savent les enfants, pas les adultes. Un adulte n'a pas de temps à perdre à nourrir les moineaux.
La bouillabaisse, c'est du poisson avec du soleil.
Il y a de la joie dans tout, même dans la honte ; le tout c'est d'oser la prendre.
Partir un peu, c'est mourir moins vite.
Vingt et un an ! C'est chez certains le grand coup d'ailes dans un univers sans frein, sans clôture, sans obstruction, sans défense, sans interdit.
C'est un bien fort rare que la joie profonde des amours partagées.
On ne doit pas faire payer le fait que l'on doit de la reconnaissance, et c'est une tentation qui nous guette tous.
L'Académie française, c'est comme la prostate : elle fait rire quand on en parle. Personne n'a jamais été fichu de savoir à quoi elle servait exactement, mais sur le tard, elle finit toujours par devenir pour tous les hommes un besoin pressant.
Lire, c'est regarder la mort sans la voir, sans y croire, les yeux béants, les yeux béats.
La folie, ce n'est pas la confusion, c'est un palmier qui donne des dattes sans noyau, c'est une brûlure qui ne fait pas mal, c'est le baiser de l'absent.
Dans la vie, le passé c'est de la vie qui est déjà morte.
Discuter, c'est comme se faire des abdominaux dans la tête.
Rencontrer quelqu'un, c'est se permettre d'exister à nouveau sans son passé.
Ce qu'on appelle "mourir" c'est achever de naître et ce qu'on appelle "naître" c'est commencer à mourir. "Vivre" c'est mourir en vivant. Nous n'attendons pas la mort : nous vivons perpétuellement avec elle.
Une nation forte, comme une personne forte, peut se permettre d'être douce, ferme, réfléchie et sobre. Elle peut se permettre de tendre la main aux autres. C'est une nation faible, comme une personne faible, qui doit se comporter avec fanfaronnade, vantardise, témérité et autres signes d'insécurité.
Qu'est-ce qu'un scientifique après tout? C'est un homme curieux qui regarde à travers un trou de serrure, le trou de serrure de la nature, essayant de savoir ce qui se passe.
Je veux être indifférente à la vengeance. C'est dégradant. Ne pas avoir un esprit de vengeance me protège, intérieurement.
Ecoute Ted le futur c'est effrayant mais on ne peut pas se réfugier dans le passé uniquement parce qu'il est familier, oui c'est vrai c'est tentant, mais ce serait une erreur.
La vérité que cherche l'oeuvre d'art, c'est la vérité universelle de ce qui est singulier.
Le superflu ? C'est comme une bible au Ritz.
Dieu n'est pas parmi les êtres, car c'est lui qui crée ce qui est de ce qui n'est pas. Il n'est rien de ce que sont les êtres.
L'une des choses que j'apprécie le plus quand je voyage à l'étranger, c'est de penser que je vais retourner en France.
La guerre, on ne la fait pas : c'est elle qui nous fait.
En politique, on ne s'entendra jamais. Mais c'est peut-être ce que demandent les partis. C'est peut-être le jeu des partis.
C'est à cet instant qu'on reconnaît précisément le collectionneur. Il se fiche de la mode. Il transcende le temps.
Il n'y a qu'un secret pour conserver le bonheur, c'est de le renier, c'est de le méconnaître ; il se plaît quelquefois à rester chez les ingrats.
Défier le pouvoir, c'est braver la faim et la soif.
La lecture, c'est sans fin. C'est comme l'amour, c'est comme l'espoir, c'est sans espoir.
C'est moins rare qu'on ne croit, la rancune dans l'amour.
Je pense personnellement que si vous niez quelque chose ou si vous cachez quelque chose, vous admettez par inadvertance que c'est mal.
On ne peut pas s'attendre à résoudre des problèmes si tout ce qu'on fait c'est s'entretuer. Vous pouvez être en désaccord avec une certaine politique sans diaboliser la personne qui l'adopte.
La foi, c'est être fraternel concrètement, dans ses amitiés, sa famille et savoir que notre destin est grand s'il nous est commun.
Une jolie tête ? C'est comme si vous décidiez d'après le bouchon de la bouteille.
La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire ; et de quelques autres, c'est de n'écrire point.
Très souvent, c'est quand nous croyons essuyer un échec que nous remportons notre plus grande victoire.
Sauver un homme malgré lui, c'est quasiment le tuer.
C'est ouvrir une digue que de commencer un procès.
Dans la lutte de la vie comme à la guerre, fuir, c'est trahir ; l'affaissement, c'est la défaite.
Comme c'est fatiguant de rester à la même place, on finit toujours par avancer.
Obliger les méchants, c'est presque travailler au malheur des gens de bien.
Quand une pièce fait une chute, c'est le rideau qui ne se relève pas.
C'est contre le crime d'amour que se font tous les crimes.
Chaque poète se taille un langage dans le langage comme s'il découpait un étendard dans le parquet de l'univers, un tapis volant, un autre monde, un Mexique, un lexique. Mais c'est l'ensemble du langage ainsi, qu'il pervertit, déroute, exalte et restitue.
Demander la Légion d'honneur au gouvernement, c'est une politesse à lui faire.
Être acteur, ce n'est pas interpréter, c'est reproduire l'essence d'un être humain.