Chercher le bonheur dans son travail, c'est comme creuser une galerie dans la roche dure, à la recherche de l'or. On a besoin de toute son énergie, de toute la force et de l'ardeur de sa nature pour y parvenir.
Trois choses sont nécessaires pour faire un bon livre : le talent, l'art et le métier, c'est à dire la nature, l'industrie et l'habitude.
Le mal secret qui nous ronge, c'est que nous ne croyons pas à ce que nous sommes !
La volonté profonde de tout homme, de tout peuple, de toute communauté quelle qu'elle soit, c'est d'être libre, de sentir son génie éclabousser son lieu et l'inscrire dans le monde.
Consentir à autrui le pouvoir de vie et de mort sur soi, ou se croire si au-dessus de tout qu'on puisse décider du prix de telle ou telle vie, c'est quitter toute dignité et laisser le mal devenir une valeur.
C'est parce que je suis bien dans sa peau que je suis bien dans la mienne.
Le problème, Gérard, c'est que tes sorties de route vont toujours dans le même fossé : celui du fric, des copains dictateurs, du pet foireux et de la miction aérienne, celui des saillies ultralibérales...
L'amour c'est la seule chose qui compte un peu. Comme la vérité.
L'Enfer, c'est pour ceux qui n'ont jamais pris de risques. Qui se sont laissés vivre sans se remettre en question, sans rien faire, ou alors en emmerdant les autres, en profitant d'eux.
Le pire dans la vieillesse, ce n'est pas la diminution physique, c'est le dégoût de l'humanité. Combien commencent en subversifs pour finir en grincheux ?
Je te construirai une jolie maison en planches,Comme celle de maman Pauline et papa Roger,Un château c'est trop grand,J'ai peur que mes rêves se perdent dedans.
Prendre la mer, c'est avant tout prendre un risque.
C'est la chose la plus difficile au monde d'accepter un «petit» succès et de le laisser ainsi.
L'individu est éphémère, les races et les nations viennent et passent, mais l'humain reste. C'est là que réside la différence profonde entre l'individu et l'ensemble.
La vie, c'est la minute où nous cherchons tous à être heureux.
C'est plus facile d'avoir des principes quand on est bien nourri.
La première qualité d'un héros, c'est d'être mort et enterré.
La consolation du vieillard, c'est de multiplier le plaisir qu'il prend par le dégoût qu'il inspire.
C'est par les robes décolletées que s'évapore peu à peu la pudeur des femmes.
Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit.
L'enfance, c'est l'envers de la vieillesse : c'est ne rien savoir et pouvoir tout faire.
La meilleure raison, pour se suicider, c'est la peur de la mort.
Un couple qui réussit est un peu plus qu'un homme plus une femme. C'est un équilibre et un mouvement un peu mystérieux.
L'atmosphère d'un roman, c'est aussi le décor dans lequel on en fait la lecture.
Le silence, c'est quand personne n'écoute.
C'est toujours les voix qui restent, au final, c'est aussi toujours par elles que ça commence, une voix plus une oreille ; deux fils de soie impalpables et un pavillon !
Être propre, c'est être en propre, être soi, clairement séparé de la souillure et du non-soi : se défaire de la saleté dessine la première frontière existentielle.
Avoir des relations sexuelles à quatre-vingt-treize ans, c'est un peu comme essayer de remplacer une canne de billard par une corde.
A la différence des femmes qui parlent entre elles de leurs amants, les chauffeurs de taxis, eux, ne vous chargent pas quand c'est trop court.
Quand on est pris dans cet engrenage de ne pas décevoir, le premier mensonge en appelle un autre, et c'est toute une vie...
Je parle et parle, [...] mais l'auditeur ne retient que les mots qu'il attend. [...] Ce n'est pas la voix qui commande l'histoire : c'est l'oreille.
Le bénéfice du rat, c'est pour le serpent.
Dessiner n'est pas une démarche militante. L'envie, c'est d'abord de faire rire ou sourire. Je ne délivre pas de messages.
Tomber amoureux, c'est avoir un nouveau problème à résoudre.
C'est pourquoi l'idéal de l'homme est d'être aveugle, Ténébreux, vil, féroce, ignorant, odieux, Afin d'être aussi près que possible des dieux.
C'est ça la vie. Prendre les problèmes un par un, ne pas trop exiger, toujours faire de son mieux.
Tous les hommes aiment à s'approprier le bien d'autrui. C'est un sentiment général. La manière seule de le faire en est différente.
Avoir de l'or faux est un malheur supportable et facile à découvrir ; mais le faux ami, c'est ce qu'il y a de plus pénible à découvrir.
Il n'y a pas d'exemple de mariage réussi, quand, dans un couple, c'est la femme qui est la plus intelligente.
La seule richesse d'un fonctionnaire c'est sa réputation.
Un homme d'un certain âge, c'est un homme qui, au restaurant, fait plus attention aux plats qu'aux servantes.
Au théâtre, il faut courir 5000 mètres chaque soir. Au cinéma, c'est 50.000 fois un mètre (et pas forcément dans l'ordre).
On peut être écrivain sans écrire, poète sans poèmes. C'est un état, pas une fonction ni une activité, encore moins un métier.
On se réfère au passé, en arguant que la liberté d'expression est un droit de longue date. Mais c'est une idée du passé qui est totalement reconstruite.
Le propre de la vérité, c'est de manquer de complaisance.
Les femmes, c'est comme les chaussures : quand on les quitte, il faut y mettre les formes.
Unijambiste : c'est un individu qui a déjà un pied dans la tombe.
La botanique c'est l'art de sécher les plantes entre des feuilles de papier et de les injurier en grec et en latin.
Espérer, c'est démentir l'avenir.
Intimer un ordre c'est intimider un regard.