L'erreur des gens d'esprit est de ne pas croire le monde aussi bête qu'il est.
Heureux ceux qui pleurent, car il n'est pas de larmes impures. En chacune d'elles brille un fragment d'éternité, toute larme a sa source dans un autre monde.
Il n'y a d'indispensable que les choses inutiles.
Même après ma mort Je ne t'oublierai pas Je ferai s'il le faut Un noeud à mon linceul.
Il n'est pas nécessaire de mépriser le riche, il suffit de ne pas l'envier.
Il y a des femmes dont on ne supporte ni la présence ni l'absence... c'est sans solution.
La charité est un plaisir dont il faut savoir se passer.
Il est possible que les manoeuvres ne servent pas à gagner les batailles, mais les exercices forment le caractère.
On peut dire merci au métro. Au moins maintenant il y a moins de violence dans la rue.
Quand un préjugé disparaît, il y a une vertu qui disparaît en même temps. Une vertu n'est qu'un préjugé qui reste.
Les vagabonds qui, il y a une dizaine d'années, étaient presque tous illettrés, savent maintenant pour la plupart lire, écrire et compter. Quelques-uns semblent même avoir reçu une instruction supérieure. C'est un grand progrès.
Il faut se garder de vouloir uniformiser les mentalités.
Une strip-teaseuse prouve que si les femmes n'ont jamais rien à se mettre, il leur faut toujours du temps pour l'enlever.
Vous pouvez devenir écrivain. Mais il faut être auteur.
Il est plus aisé, et éminemment plus scientifique, de traquer le passé que d'esquisser l'avenir.
Il n'est pas de passion de femme qui ne renferme des ferments de crime.
Seul celui qui a franchi la lisière de la mort pourrait enseigner, seul il sait.
Toutes les choses sont reliées entre elles. Quoiqu'il arrive à la terre, cela nous arrivera à nous qui sommes ses enfants.
Qu'un auteur ait quelque chose à dire, et qu'il le dise sincèrement, ne suffit pas à justifier la naissance d'une oeuvre dramatique : ce qui la justifie, c'est que le public ait quelque chose à entendre.
Il y a peu de mauvaises phrases dont un grand auteur ne saurait faire une bonne en la déplaçant.
Il n'est pas nécessaire de vivre mais il l'est de vivre heureux.
Snobisme. C'est un partage savant entre ce qui doit se faire et ce qui ne doit pas se faire. C'est une étiquette permanente. Le bon mot, le geste qu'il faut, quand il faut.
Il y a des gens qui, toute leur vie, se contentent de dire : "Évidemment ! Parfaitement ! C'est horrible, admirable, extravagant, bien curieux." Par eux-mêmes ils n'ont aucune valeur, mais ils sont d'un grand secours à autrui : ils lui servent de verbes a
Il ne faut pas confondre partir et fuir. On n'échappe pas à sa condition humaine.
Il n'est pas bon d'être trop libres, et il n'est pas bon non plus d'avoir tout le nécessaire.
Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire. Ne disons pas de mal de notre époque, elle n'est pas plus malheureuse que les précédentes. N'en disons pas de bien non plus. N'en parlons pas.
Répare, pendant un temps clair et sec, le tuyau qui conduit l'eau hors de ta maison, pour qu'il soit en bon état quand il pleut à verse.
Comme il est facile de bien juger après avoir vu quel mal vient de mal juger !
Il faut prendre des leçons d'abîme !
Il faut avoir le sens de l‟équité et de l‟impartialité.
Si la justice ne se vend pas, elle coûte cher, et il faut être bien riche pour obtenir gain de cause.
Il n'y a pas de destin !
Servitude pour servitude, il vaut encore mieux être asservi par son coeur que l'esclave de ses sens.
Il faut que cet homme soit un grand ignorant, car il répond à tout ce qu'on lui demande.
Un pauvre est celui qui ne sait pas se contenter de ce qu'il n'a pas.
Le profit est bénédiction quand il n'est pas volé.
L'âge que nous vivons est dangereux ; comme il serait ennuyeux s'il ne l'était pas.
Il est plus facile de résister au premier de ses désirs qu'à tous ceux qui le suivent.
Mon existence est une campagne triste où il pleut toujours.
Ne pouvant se corriger de sa folie, il tentait de lui donner l'apparence de la raison.
Un Dieu ne devient dieu qu'au moment où il devient forme. C'est vrai. Mais il est vrai aussi, qu'au moment il devient forme, il commence de mourir.
Il n'est guère facile de vivre après la mort. Il faut parfois pour cela perdre toute une vie.
A peine fait-on au pauvre le moindre présent, on s'approprie tout ce qu'il possède.
La science, il est vrai, ne progresse qu'en remplaçant partout le pourquoi par le comment ; mais si reculé qu'il soit, un point reste toujours où les deux points d'interrogations se rejoignent et se confondent.
Imaginez une société dans laquelle il n'y aurait aucune loi à transgresser. Il est probable qu'on y mourrait rapidement d'ennui.
Un écrivain n'existe pas tant qu'il n'a pas écrit, et à la limite on ne sait jamais si c'est vraiment un écrivain.
L'amour, c'est ainsi. Peu importe qu'il soit consommé, pourvu qu'il soit grand, si droit et si fort, et si puissant en toutes ses racines qu'il subsiste, comme la rose de pierre, par-delà tous les millénaires.
Il n'y a pas d'endroit agréable, puisque notre corps nous empêche de sortir.
C'est un mot obscur que celui de l'amour. Il résonne dans nos coeurs comme le nom d'un pays lointain dont, depuis l'enfance, on a entendu vanter les cieux et les marbres.
Ce qu'il y a de plus difficile : le quotidien.