Il est des choses que les autres seuls tirent de nous. Il est des choses que nous ne tirons que des autres.
Mieux on fait une chose, et plus il faut cacher le soin qu'on apporte à la faire ; afin que chacun croie que tout y est naturel.
De même qu'il n'est pas juste de se suicider parce qu'on a la fièvre, de même, jusqu'au souffle, il ne faut jamais désespérer.
Quand l'homme eut inventé la selle, il s'aperçut que le plus gros restait à faire : rattraper le cheval.
Il y a trois choses que j'ai beaucoup aimées sans rien y comprendre : la musique, la peinture et les femmes.
Si les enfants devenaient ce qu'en attendent ceux qui leur ont donné la vie, il n'y aurait que des dieux sur la terre.
Il est doux de chanter, mais soyez-en certain : Les lèvres chantent seulement quand elles ne peuvent embrasser.
Il faut agir davantage, penser moins, et ne pas se regarder vivre.
Il n'est d'éternellement neuf que l'éternellement vieux.
Toute parole est en trop quand on a du désir, d'ailleurs parler l'annule - il n'y a pas de mots pour dire le désir, pas de mots courants qui ne servent à le trafiquer, à le masquer, à l'apaiser ou à le détruire.
Il y a des être chers qui ne valent pas grand-chose.
J'ai déjà dit, en racontant ma rencontre avec lui, que le crâne de Freud ressemblait à un escargot de Bourgogne. La conséquence est évidente : si on veut manger sa pensée il faut la sortir avec une aiguille. Alors elle sort tout entière.
Le plaisir est simple, il ne fait que s'atténuer à la complication.
L'homme oublie qu'il est un mort qui converse avec les morts.
Notre monde est fou car il a permis le règne des salauds. Non pas le salaud sartrien, mais un salaud tel qu'aurait pu l'entendre Kant, à savoir un homme mauvais ou médiocre qui fait passer son intérêt personnel avant la loi morale. Les brigands ont pris le pouvoir.
Aimer un être, c'est oublier le monde en lui, parce qu'il est un monde.
L'homme est toutes choses ; et s'il lui en manque uneEn vérité c'est qu'il ne connaît pas sa propre richesse.
Il n'y a rien de plus nécessaire pour les hommes que la danse.
C'était un cordonnier, sans rien d'particulierDans un village dont le nom m'a échappéIl faisait des souliers si jolis, si légersQue nos vies semblaient un peu moins lourdes à porter
Pour tirer correctement une chasse d'eau, il faut toujours s'assurer que l'abattant est rabattu, sans quoi les bactéries s'expulseront sur un rayon de 4,5 mètres environ et ça sera le carnaval microbien dans vos WC ou votre salle de bain.
Il est intéressant d'observer la réalité de l'objet, malgré toutes les abstractions.
L'âge est inscrit sur le passeport, sur le permis de conduire, il est une évidence.
Si Chuck Norris avait été pris dans le film "300" il l'aurait renommé en "1".
C'était par-dessus tout un opiniâtre. Il se servait de la méditation comme on se sert d'une tenaille ; il ne se croyait le droit de quitter une idée que lorsqu'il était arrivé au bout ; il pensait avec acharnement.
Le secret de gouverner est de fermer les yeux sur ce qu'il ne faut ni voir ni savoir.
Il y a bien des gens que la vanité fait parler grec, et même quelquefois d'une langue qu'ils n'entendent pas.
Pourquoi l'amour est-il toujours si mécontent de lui, et pourquoi l'amour-propre en est-il toujours si content ? C'est que tout est recette pour l'un, et que tout est dépense pour l'autre.
Les assemblées politiques sont le dernier endroit au monde où il n'est pas éliminatoire d'appartenir au troisième et même au quatrième âge.
Qu'il est difficile d'être oublié ! Pendant des années, parfois pendant des siècles, les écrits témoins ne cessent de surgir. Comme les villes mortes sortent des sables, les paquets de lettres jaunies émergent des coffrets.
La Meije a 3998 mètres. Il lui manque 2 mètres pour faire les 4000. C'est la poisse !
Il n'y a rien au monde qui coure plus vite qu'une virginité qui s'en va.
Avant un plaisir, il faut se méfier de la représentation, se représenter le poids du regret d'y avoir cédé et en contrepartie le caractère éphémère de ce plaisir. Si le plaisir paraît toujours tentant, on peut alors s'y adonner.
La seule différence entre ce qu'on appelle un homme véridique et ce qu'on appelle un menteur, c'est que le premier ment comme il respire, naturellement et sans savoir, alors que les mensonges du second portent la marque d'un effort créateur. Ils sont plus construits, plus cohérents, et certainement plus efficaces.
On peut toujours assembler des mots. La difficulté commence quand il s'agit de faire marcher ensemble les choses représentées par ces mots.
La première personne à qui tu mens, quand tu mens, c'est toi-même. Et pour que tu te mentes c'est pour te leurrer toi-même. Et pour que tu te leurres il faut qu'à tes propres yeux tu ne vailles pas grand-chose.
Il y a des époux qui s'aiment et vivent heureux, dans la vie commune, jusqu'à la fin de leurs jours.
Il faut avoir une parfaite conscience de ses propres limites, surtout si on veut s'élargir.
Quel savant ne voudrait pas continuer à vivre, ne serait-ce que pour voir comment vont grandir les petites vérités qu'il a mises au jour ?
Nous avons des raisons de penser que les forces russes ont l'intention d'attaquer l'Ukraine (...) dans les prochains jours. Je suis convaincu qu'il a pris la décision. Nous avons des raisons de le penser. Nous pensons qu'ils prendront Kiev pour cible, une ville de 2,8 millions d'innocents.
Il n'y a plus rien qui me motive vraiment et exige que je me lève le matin. Autrefois, c'était Yves Saint Laurent.
J'ai toujours pensé que la musique était plus expressive que le dialogue. J'ai toujours dit que mon meilleur dialogue et scénariste était Ennio Morricone. Parce que, bien souvent, il est plus important qu'une note ou une orchestration qu'une ligne soit dite.
Si le cinéma français n'était pas structuré comme il l'est, j'aurais disparu il y a quinze ans.
Beaucoup de films que j'ai réalisés auraient probablement tout aussi bien fonctionné il y a 50 ans, et c'est juste parce que j'ai beaucoup de valeurs à l'ancienne.
Il faut se garder des premiers mouvements parce qu'ils sont presque toujours honnêtes.
Il est aisé de critiquer un auteur, mais il est difficile de l'apprécier.
S'il n'y avait personne à qui dire "je pense", on ne penserait pas, c'est évident.
Il n'entend pas ce qu'on lui dit, à force d'écouter ce qu'il va dire.
Chacun tire son plaisir de l'instrument dont il joue le mieux.
Quand un metteur en scène a fini son film, il ne lui appartient plus. Ce qui reste à la fin, c'est comment le film est passé à travers soi.
Les hommes sont comme les statues, il faut les voir en place.