J'aime la mélancolie de ce passant. Il n'a plus aucune de ces prétentions du paraître qui nous amenuisent tant dans la vraie vie, nous contraignent à cacher nos blessures, nos tristesses.
D'un autre côté, tous les phénomènes d'un corps vivant sont dans une harmonie réciproque telle, qu'il paraît impossible de séparer une partie de l'organisme sans amener immédiatement un trouble dans tout l'ensemble.
Les livres, à en croire ces fichus snobs de critiques, n'étaient que de l'eau de vaisselle. Pas étonnant que les livres aient cessé de se vendre, disaient-ils. Mais le public, sachant ce qu'il voulait, tout à la joie de virevolter, à laissé survivre les bandes dessinées. Et les revues érotiques en trois dimensions, naturellement.
Dieu n'est pas bon non plus. Il suffit de jeter un coup d'oeil sur le monde pour se rendre à l'évidence. C'est la contradiction entre cette évidence et le bon Dieu vanté par des propagandistes puérils qui multiplie les incroyants.
L'auteur d'avant-garde est un peu comme le sorcier des sociétés dites primitives : il fixe l'irrégularité pour mieux en purifier la masse sociale.
Parmi trois mille disciples, il ne se trouve que soixante-douze sages.
Il y a des jours où je suis complètement déprimé et capable de faire un seul dessin.
Certains veulent garder un évangile si désincarné qu'il ne s'implique pas du tout dans le monde qu'il doit sauver.
Lorsque les gens se laissent prendre à ce qui est juste et qu'ils sont prêts à se sacrifier pour cela, il n'y a pas de point d'arrêt avant la victoire.
Certaines personnes pensent que le design se limite à l'apparence d'un objet. Mais en creusant un peu plus, on se rend compte qu'il s'agit de la façon dont il fonctionne.
Il n'y a rien de plus important pour l'avenir de ce pays que d'investir dans nos jeunes.
Sans notre conscience d'un autre monde, il ne nous viendrait jamais à l'idée de changer.
Tout le monde aujourd'hui se fiche un peu du disque. Il n'y a plus de support, tout est dématérialisé, disponible en streaming... Il n'y a plus ce culte de l'objet...
Ma vérité - ce que je crois - est qu'il n'y a pas de réponses ici et, si vous cherchez des réponses, vous feriez mieux de bien choisir la question.
Il ne sert à rien de faire un film juste pour faire un film.
Il m'est arrivé de dire "couille" à l'antenne.
Il ne faut donner aux gens que des conseils qu'ils puissent suivre.
Il est plus difficile d'être un héros pour son valet que pour son biographe.
Le génie se sent ; mais il ne s'imite point.
Malheur à celui qui ne peut être seul un jour de sa vie sans éprouver le tourment de l'ennui, et qui préfère, s'il le faut, converser avec des sots plutôt qu'avec lui-même !
Exprimer une idée est une activité difficile à laquelle il faut s'exercer ; la télé supprime cet exercice ; nous risquons de devenir un peuple de muets, frustrés de leur parole, et qui se défouleront par la violence.
Le plus pressé, ce n'est pas que l'État enseigne, mais qu'il laisse enseigner. Tous les monopoles sont détestables, mais le pire de tous, c'est le monopole de l'enseignement.
Il m'est quelquefois arrivé de combattre le Privilège par la plaisanterie. C'était, ce me semble, bien excusable. Quand quelques-uns veulent vivre aux dépens de tous, il est bien permis d'infliger la piqûre du ridicule au petit nombre qui exploite et à la masse exploitée.
Il n'y a de bonheur au monde que dans le sentiment de la force uni à celui de la puissance.
Nous sommes dans la voiture de son ami Chico. On doit garder ses pieds sous ses jambes, car il n'y a pas de plancher. On voit l'asphalte défiler et les trous d'eau verte. On dirait une décapotable à l'envers.
L'amour tel que le voient les romanciers en général se passe dans un monde faux, un monde de comédie ! Il est possible qu'Anna Karénine ait eu des flatulences, déguisées du mieux qu'elle a pu, en parlant très fort, est en essayant de couvrir le bruit...
C'est si dur, à la fois, d'être et vivre ! Mais, l'être doit être au plus près de ce qui est que de ce qu'il est.
J'ai connu un docteur, quand il voyait un paysan taper sur ses chevaux, il disait : "il recommence à les traiter humainement." Pourquoi ? Bestialement n'aurait pas convenu.
Il faut préciser que l'effet nocif du lait sur la santé est maintenant démontré. Logique, nous ne sommes pas censés boire du lait en étant adultes, et encore moins celui d'une autre espèce.
Chaque fois que je dois faire quelque chose, j'essaie de minimiser le temps qu'il me faut pour la faire.
Ce n'est pas difficile quand vous êtes convaincu de ce qu'il faut faire et de ce que vous devez faire.
Je crois aux énergies comme aux énergies sombres. Je crois que lorsqu'une famille emménage dans une maison où six meurtres ont eu lieu, il va y avoir du mauvais juju dans cette maison. Mais encore une fois, qu'est-ce qui ne va pas avec vous pour emménager dans cette maison pour commencer ?
Ce qu'il y a de plus noble, c'est les gens qui font danser les autres.
Ronaldo était mon héros. J'ai adoré regarder des joueurs comme Zidane, Ronaldinho et Rivaldo, mais Ronaldo était le meilleur attaquant que j'aie jamais vu. Il était si rapide qu'il pouvait marquer à partir de rien et tirer le ballon mieux que quiconque que j'aie jamais vu.
Il y a deux types de pouvoir que vous devez combattre. Le premier est l'argent, et ce n'est que notre système. L'autre, ce sont les gens proches de vous, sachant quand accepter leurs critiques, sachant quand dire non.
Le mot devoir n'existe pas pour moi, il n'y a pas un devoir pour l'écrivain. Il n'y a que l'écriture qui pousse un homme, une femme à prendre position en regard du réel.
Il y a un monde de différence entre une croche de Mahler et une croche normale.
Comment pouvez vous être aussi sûr d'être vivant à l'heure qu'il est ? Vous n'existez pas, ni moi, nous ne vivons tous les deux que dans l'imagination d'un enfant, un garçon de neuf ans. Nous sommes imaginés par ce garçon de neuf ans confronté à un choix impossible pour lui.
J'aime bien les histoires où on dit qu'on ne te dit pas tout. Comme ça, il en reste.
L'amour est une loterie : si on veut gagner, il faut prendre un billet.
On ne plaint pas un homme d'être un sot ; et peut-être qu'on a raison. Mais il est fort plaisant d'imaginer que c'est sa faute.
Il faudrait considérer ses opinions comme des costumes, et en changer selon la saison, l'heure et le milieu.
Il sied au progrès de respecter ce qu'il remplace.
Il y a souvent très loin du mal que l'on dit d'un ouvrage à celui qu'on en pense.
Aussi ne saura t'il jamais comme je l'aime et cela, non parce qu'il est beau, Nelly, mais parce qu'il est plus moi même que je ne le suis.
- Vous êtes seul. N'êtes-vous pas malheureux ?- Premièrement, on n'est pas forcément malheureux quand on est seul. Deuxièmement, je ne suis pas seul. Troisièmement, je ne suis pas malheureux. De sorte qu'il me semble avoir répondu assez rapidement à votre question.
Je sus que j'entrais dans un autre monde que celui que je pouvais découvrir de la maison, et aussi que j'étais parti pour un long voyage. il ne s'agissait plus d'aller en ville, cette fois, mais beaucoup plus loin ; un voyage comme j'en avais jamais fait.
Le problème de la civilisation, tel qu'il se pose depuis que l'humanité a pris connaissance d'elle-même, est précisément de substituer aux énergies animales des forces disciplinées, harmonieuses, spiritualisées, de transformer les fanatismes et les idolâtries sauvages en certitudes fondées sur la raison, en convictions fondées sur les exigences de la conscience personnelle.
Il chercha un endroit où s'asseoir. Il n'y en avait pas. Il y avait eu, une fois, au sud de l'Hôpital Gratuit Royal, un petit jardin public, dont maintenant le plus grande partie gisait enterrée sous une de ces proliférations malignes du tissu urbain appelées citées ouvrières, le reste étant réservé aux bactéries.
À dire vrai, il était encore prisonnier des lacs du sommeil.