Il y a autant de vices qui viennent de ce qu'on ne s'estime pas assez que de ce qu'on s'estime trop.
Il n'y a d'universel que ce qui est assez bête pour l'être.
Devant moi, un homme blessé laissa tomber son fusil. Je le vis vaciller un instant sur place puis, lourdement, il repartit les bras ballants, et courut avec nous, sans comprendre qu'il était déjà mort. Il fit quelques mètres en titubant et roula...
Une émotion passagère ne peut se manifester que parce qu'il existe chez le sujet une potentialité durable, un non-manifesté dont elle est l'expression. La prétendue cause extérieure n'est que le facteur excitant d'une émotion qui était déjà là à l'état latent.
Sur ce qu'il vient d'écrire dans la journée, il a des peurs nocturnes. La nuit, fantastiquement, ramène tout à l'imaginaire de l'écriture : l'image du produit, le potin critique (ou amical) : c'est trop ceci, c'est trop cela, ce n'est pas assez... La nuit, les adjectifs reviennent, en masse.
Il a le plus qui est le plus content du moins.
Il est important que chacun défende ses convictions.
Il y a une mélancolie qui vient de la grandeur.
Vous devez aimer ce que vous faites, et vous devez en avoir besoin comme si vous aviez besoin d'air. Et il n'y a rien d'autre qui me donnerait le même degré de satisfaction que d'être acteur, c'est pourquoi je ne peux pas m'en éloigner.
À mon avis, il y a un certain nombre de secteurs de gouvernement dont l'argent ne doit pas être dépensé.
Si j'avais du talent on m'imiterait. Si l'on m'imitait, je deviendrais à la mode. Si je devenais à la mode, je passerais bientôt de mode. Donc il vaut mieux que je n'aie pas de talent.
Le sommeil dévore l'existence, c'est ce qu'il y a de bon.
La familiarité du monde ne résulte pas seulement d'habitudes prises dans ce monde, qui lui enlèvent ses rugosités et qui mesurent l'adaptation du vivant à un monde dont il jouit et dont il se nourrit. La familiarité et l'intimité se produisent comme une douceur qui se répand sur la face des choses.
Il y a des phrases anodines qui peuvent influencer le destin avec autant de brutalité qu'un serment ou un pacte.
Lui, ne craignait pas de rival,Quand il traversait mont ou val,En l'emportant sur son cheval.Car, pour tous ceux de la contrée,Altière elle s'était montrée,Jusqu'au jour qu'il l'eut rencontrée.
Il lui fallut un bon quart d'heure pour se retrouver vraiment à proximité des flammes, et il resta là à les observer depuis le couvert. Ce frémissement, la conjugaison du blanc et du rouge... c'était un feu étrange parce qu'il prenait pour lui une signification différente.Il ne brûlait pas ; il réchauffait !
La différence entre l'homme qui tond simplement le gazon et le vrai jardinier réside dans la façon de toucher aux choses, disait-il. L'homme qui pousse sa tondeuse aurait pu n'être jamais là ; le jardinier y sera présent toute sa vie.
Nous avons abandonné (ah ! certes, contre notre gré) les Alsaciens-Lorrains durant un demi-siècle. Dès lors, il ne nous appartient pas, à nous, Français de l'intérieur, de chagriner aucun d'eux sur la manière dont il s'est accommodé de l'intolérable situation [...] ► Lire la suite
Cette difficulté d'être dans l'abondance démontrerait à elle seule, s'il le fallait, que la prétendue « naturalité » du désir de bien-être n'est pas si naturelle que ça -sinon les individus n'auraient pas tant de mal à s'y faire, ils sauteraient à pieds joints dans la profusion.
Le plus bel avantage d'un ciel, c'est de nous laisser croire que nous sommes attendus. Ce sont donc les chemins du ciel qui sont intéressants, car, une fois qu'on est arrivé, il n'y a évidemment rien à ajouter.
On n'aime pas moins un lieu pour y avoir souffert, à moins qu'il n'ait été tout souffrance, rien que souffrance.
Il y a encore de nombreuses causes pour lesquelles il vaut la peine de se sacrifier, tant d'histoire reste à faire.
Si l'époux répudie une troisième fois sa femme, celle-ci n'est plus licite pour lui, avant qu'elle ne soit remariée avec un autre époux. Si celui-ci la répudie, il n'y a aucun inconvénient à ce qu'elle reprenne avec son premier époux la vie commune.
Oui, nous sommes un pays d'asile quand il s'agit de recevoir quatre poètes grecs persécutés et un littérateur russe échappé de Sibérie. Mais pas quand il en arrive quatre cent mille par an pour venir manger du maïs et du grain !
Quand faut-il se souvenir, quand est-il préférable d'oublier ?
Pour être le premier, il n'est pas nécessaire d'être plusieurs.
Dieu nous ferme les yeux quand il nous veut châtier.
Il n'y a aucune vertu à chercher la bagarre. Si vous vous trouvez dans une bagarre, votre boulot, c'est de gagner. Mais si vous ne pouvez pas gagner, vous devez chercher à vous en sortir.
Le monarque n'est monarque que pour autant qu' il agit pour le bien public. Dans le cas contraire, il est un despote qui se place hors du droit et de la loi
Il n'y a rien de plus fatal au personnage que des tâches à moitié terminées.
L'amour, ce n'est pas difficile. Dans cette étreinte, dans cette lutte, cette course, cette marelle, dans cette éternité pour un instant figée, il n'est pas difficile d'être un - ou d'en avoir l'illusion. Le difficile, c'est d'être un en rangeant des disques.
Aussi ne saura t'il jamais comme je l'aime et cela, non parce qu'il est beau, Nelly, mais parce qu'il est plus moi même que je ne le suis.
La femme qui dirigeait l'hôtel était attirante et je semblais lui plaire. Elle me confiait souvent qu'il y avait chez les juifs quelque chose qu'elle ne pouvait supporter ; elle les repérait tout de suite, quels que fussent leur nom ou leur apparence. Ils avaient une odeur particulière.
Nul homme ne réussit dans tout ce qu'il entreprend. En ce sens, nous sommes tous des ratés. L'essentiel est de ne pas échouer à rendre cohérent et à soutenir jusqu'au bout les efforts de notre vie.
Il faut beaucoup d'amour pour aller jusqu'au bout d'un peu.
Je connais ma leçon, la belle convenance !A chaque désespoir, il faut dire : « Merci. »Je ne dis rien, je suis cloué sur mon silence.Pour un mot de travers mon corps se rétrécit.
Il faut se résigner à n'avoir qu'une pensée d'homme, à mesurer l'univers avec ce millimètre.
En somme, rien n'était perdu. La vie était faite de hauts et de bas. Les impressions étaient passagères. Il s'agissait seulement d'effacer la mauvaise impression, de la remplacer par une bonne, de reconquérir son estime.
Si tout le monde s'accrochait à tous les ressentiments du passé et à leurs douleurs, il n'y aurait pas d'espoir pour l'avenir.
La chose la plus importante dont j'ai conscience, c'est que je n'ai jamais pensé que ce serait facile, mais j'ai pensé que ce serait juste et c'est à cela qu'il est difficile de se faire, mais je prends chaque jour l'un après l'autre.
Dieu ne peut rien savoir, ne veut rien ou ne fait rien sans moi. Avec Dieu, je me suis créé, j'ai créé toutes choses, et ma main tient le ciel, la terre et toutes les créatures de la terre. Sans moi, il n'y a rien.
On est à un point où l'avenir du Sénat se pose. Existera-t-il encore un Sénat demain ? Faut-il un Sénat ? C'est de la survie dont il s'agit.
Ne serait-il pas plus logique d'embaucher des danseurs plus grands que d'imposer aux petits de danser sur le bout des orteils ?
Il y a des hommes spirituels dont toute l'ironie consiste à projeter leurs ridicules sur les autres.
Il faut aimer les êtres pour eux-mêmes, non pour leur souffrance.
J'entends Serge frapper les touches du piano comme un malade, en jouant un million de sonates, beaucoup trop fort, trop dramatique. Je ne veux pas m'excuser à nouveau, je l'ai si souvent fait. Il dit toujours que c'est ma faute, on se rabiboche, mais cest toujours moi qui suis désolée.
Creezy n'a pas ri. Il faudrait que je sache ce qui la fait rire. Je sens bien qu'il y a en elle quelque chose que je dois détruire, défaire, quelque chose de dur, de noué. La faire rire, ce serait déjà un moyen.
- Est-ce vous, monsieur, qui faites ces miracles ?- Non, Franquette, c'est ta bonté. Tu as partagé le peu que tu avais avec un inconnu et il n'y a pas au monde plus grande richesse.
Un échec est quelque chose de défini, une certitude, et dans toute certitude il y a un élément de paix.
De Gaulle, c'était un mythe ! S'il avait été communiste, j'aurais été coco sans hésitation. Et s'il m'avait demandé de mourir pour lui, je l'aurais fait sans hésiter.