Le Lido a été pour moi une chose merveilleuse. On m'a mis des plumes, il fallait que je descende très doucement l'escalier et ça m'a donné une autre discipline de moi-même.
Il faut cajoler les mères pour obtenir les filles.
N'ayant rien, il ne peut rien perdre.
Maintenant, à l'approche de la quarantaine, j'essaie de contrôler un peu l'affaire. Si je ne veux pas que mon corps prenne son indépendance, il faudrait qu'entre lui et moi s'installe ce qu'on appelle communément "le sport" ! Chez moi, ce n'est pas une évidence.
Il doit y avoir plus de femmes qui soutiennent les femmes. Pas seulement dans la mode, en général.
Vous devez aimer ce que vous faites, et vous devez en avoir besoin comme si vous aviez besoin d'air. Et il n'y a rien d'autre qui me donnerait le même degré de satisfaction que d'être acteur, c'est pourquoi je ne peux pas m'en éloigner.
Il faut aimer les êtres pour eux-mêmes, non pour leur souffrance.
Tant que l'objet que nous désirons n'est pas là, il nous paraît supérieur à tout ; à peine est il à nous, nous en voulons un autre et notre soif reste la même.
Il ne faut craindre rien, quand on a tout à craindre.
S'il faut que Dieu nous aime, et que Dieu est tout - il faut aussi que nous ne soyons rien.
Je le dis toujours : il y a pis que l'esclavage, dans ce monde, il y a l'étranger sans passeport.
J'ai vu se dévoiler le visage hideux de cette ferveur athée, la terreur psychologique, l'absence de tout complexe avec laquelle on sacrifiait toute réflexion morale, comme un relent bourgeois, alors qu'il s'agissait d'objectif idéologique.
Tout changera, mais le monde changera t-il ?Ce sera toujours le monde où le déluge est possible et où l'homme ne peut le combattre qu'en se transformant lui-même.
Burke s'était imbu de tous les préjugés des Romains à l'égard du commerce. Pour lui les mots de ''marchand'' et de ''voleur'' étaient presque synonymes ; et jamais il ne put séparer l'idée du commerce de celles d'exclusion, de monopole et d'avarice.
Il est inutile de respecter les vivants, à moins qu'ils ne soient les plus forts. Dans ce cas, l'expérience conseille plutôt de lécher leurs bottes, fussent-elles merdeuses. Mais les morts doivent toujours être respectés.
Il me semble, Monsieur, que vous devez être assez rarement compris, car vos paroles vont plus loin que les idées ordinaires. Les choses que vous dites paraissent venir d'un monde étranger que ne connaîtrait personne.
Je ne savais pas qu'il était possible d'être aussi misérable et de vivre mais on me dit que c'est une expérience courante.
Le but de la conversation devrait être comme le but d'une flèche volante - atteindre le butn ; mais pour cela il faut qu'il y ait un but à atteindre, c'est-à-dire qu'il y ait un auditeur.
Un bon livre se retrouve toujours entre les mains d'un lecteur libre. Sinon il n'y reste pas longtemps, car le mauvais lecteur cherche à se débarrasser de tout ce qui ne ressemble pas à ce qu'il a déjà lu. Un livre-pute n'est jamais loin de devenir un livre-culte.
Il y a dans ces planches une beauté qui permet à tous, initiés ou non, d'entrer en contact avec différents univers.
Il est aussi dangereux de faire du bien aux hommes que de caresser les bêtes sauvages.
Avant de partir il faut que je laisse mon poids de souvenirs comme en dépôt ; comme quand on cache son baluchon sous les broussailles avant de monter à une ferme haute et loin.
Il était de ceux, très rares, qui se sont fait une philosophie et qui s'emploient à vivre en accord avec elle.
Au moins, quand la femme est riche et que l'amant ne l'est pas, ce qu'il ne peut lui offrir elle se l'offre elle-même ; et quoique ce soit ordinairement avec l'argent du mari qu'elle se passe cette jouissance, il est rare que ce soit à lui qu'en revienne la reconnaissance.
Un aristocrate ne se comporte jamais comme s'il était seul, un bourgeois se comporte comme s'il était seul aussitôt que les autres ont le dos tourné, et un plouc se comporte comme s'il était seul en toute occasion.
La vérité n'existe que voilée. Et le problème, ce n'est pas de soulever le voile, c'est de faire croire qu'il existe une vérité. Elle est multiple. La vérité ne doit être ni sacralisée ni instrumentalisée.
Dans la maison où l'on n'offre pas à fumer, il n'y a pas de compassion.
Il paraît qu'on n'apprend pas à mourir en tuant les autres.
S'il y a la moindre vie après la mort, nous le saurons bien assez tôt. S'il n'y en a pas, nous n'existerons plus pour nous plaindre et dire qu'on nous a menti.
Il n'y a pas à dire, l'homme et la femme sont bien faits pour aller se compléter : lui, il désire avant d'aimer ; et elle, elle a besoin d'aimer avant de désirer.
Comment peut-on ne pas adorer les cloîtres, ces lieux tranquilles, fermés et frais, inventés, semble-t-il, pour faire naître la pensée pendant qu'on va à pas lents sous les longues arcades mélancoliques ?
Si Dieu nous voulait courageux, pourquoi nous a-t-il donné des jambes ?
Il faut se faire aimer, car les hommes ne sont justes qu'envers ceux qu'ils aiment.
Laissez-le s'estimer pour qu'il soit estimable.
Il m'est quelquefois arrivé de combattre le Privilège par la plaisanterie. C'était, ce me semble, bien excusable. Quand quelques-uns veulent vivre aux dépens de tous, il est bien permis d'infliger la piqûre du ridicule au petit nombre qui exploite et à la masse exploitée.
Le pays est peuplé d'exaltés convaincus que les morts sont parmi nous, que dans la forêt gambadent des créatures invisibles ou qu'en s'exposant aux ondes sonores adéquates on peut rétablir son champ magnétique... Il suffit de leur donner l'occasion de déballer leurs théories, et on part sur de drôles de routes.
Aucun point de l'espace et du temps ne peut être privilégié. Et s'il existe une suite logique d'événements suggérant qu'un moment donné serait effectivement privilégié, il ne faut surtout pas conclure à une coïncidence.
Est-il une démarche si humiliante où il ne s'abaisse, dès qu'il croit qu'elle peut le conduire à son terme ?
Savez-vous, lui dis-je, que la terre est ronde, et que notre grand pays n'est pas au milieu, après tout ? Il n'occupe, avec les autres contrées, qu'une parcelle de terre et d'eau sur la surface du monde.
De toute façon c'est un héros - blanc ou noir n'importe - d'une dimension peu ordinaire. Qu'on vienne pas nous amuser avec des gugusses comme Tapie. Il aurait tout juste ouvert la portière de la traction avant de monsieur Joseph, Tapie, heureux du poste... une promotion.
Ils se passionnent ces vieux pour des bricoles, un quart de rouge, quelques mégots... ils se chamaillent, se filent des coups de canne, à ce qu'il paraît, pour des histoires encore d'amour puisque c'est mixte l'établissement.
On les haïssait au village, et c'est pour cela qu'il a été possible de les assassiner. On disait dans nos campagnes: "Si les Allemands, qui sont tellement cultivés, ordonnent de les tuer, on peut leur faire confiance".
Le faste n'excite tout au plus qu'une admiration froide et stérile, il ne charme jamais.
Mes enfants grandiront dans une maison sachant qu'il est parfaitement normal que deux hommes soient amoureux, il est tout à fait normal que deux femmes soient amoureuses. Mes enfants vont grandir en sachant que tout est une question d'amour. Peu importe avec qui vous êtes et tout le monde devrait avoir cette expérience.
Je ne parle pas du tout de femmes avec qui que ce soit. Il y a de bonnes qualités chez toutes les femmes.
Mais si vous craignez (un grand danger), alors priez en marchant ou sur vos montures. Puis quand vous êtes en sécurité, invoquez Allah comme Il vous a enseigné ce que vous ne saviez pas.
Caserne. Endroit où les soldats profitent de ce genre de choses qu'il leur est demandé de réprimer par ailleurs.
Le véritable art de la conversation n'est pas de dire ce qu'il faut quand il faut, mais de ne pas dire ce qu'il ne faut pas quand on en a tellement envie.
Nul homme ne réussit dans tout ce qu'il entreprend. En ce sens, nous sommes tous des ratés. L'essentiel est de ne pas échouer à rendre cohérent et à soutenir jusqu'au bout les efforts de notre vie.
C'est un brave homme, mais un joyeux drille. Je crois qu'il n'a jamais dessoûlé.