Il vaut mieux ne pas faire le voyage que s'arrêter en chemin.
Il faut croire que les grandes forêts ont le don d'attirer les prodiges, comme les cimes élevées ont celui d'attirer la foudre.
On ne parle de clonage qu'en termes biologiques. Or il a déjà été précédé par un clonage mental : le système de l'école permet de fabriquer des êtres qui deviennent une copie conforme les uns des autres.
Lorsqu'il y a dix pas à faire vers quelqu'un, neuf n'est que la moitié du chemin.
Un chemin se reconnaît au fait que l'autre passant devient notre semblable et qu'il nous paraîtrait inconvenant de ne pas le saluer.
Il suffit d'un ami, si c'est un homme de foi, pour faire des miracles.
Entouré d'un univers de choses tangibles et visibles : les animaux, les végétaux, les astres, l'homme, de tout temps, perçoit qu'au plus profond de ces êtres et de ces choses réside quelque chose de puissant qu'il ne peut décrire, et qui les anime.
Aussi difficile et douloureux soit-il, nous devons avancer dans les jours à venir avec une foi audacieuse dans l'avenir.
Il n'y a pas d'évolution sans liberté d'essayer.
Rien n'est nouveau sous le soleil même quand il n'y a pas de soleil.
Quand un homme a prouvé qu'il a du talent, il lui reste à prouver qu'il sait s'en servir.
L'art de recevoir consiste à amener quelqu'un qui vous a fait une petite faveur à souhaiter qu'il vous en fît une plus grande.
Au lieu de vouloir corriger les hommes de certains travers insupportables à la société, il aurait fallu corriger la faiblesse de ceux qui les souffrent.
Pour pouvoir se tenir droit et respirer librement, il faut lutter.
Un peuple ne peut avoir le sentiment de la liberté s'il n'a pas aussi celui de la pitié.
Il n'y a rien de si dangereux que la flatterie dans les conjonctures où celui que l'on flatte peut avoir peur.
L'homme se fait ; il n'est pas tout fait d'abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression des circonstances est telle qu'il ne peut pas ne pas en choisir une.
Il ne faut pas craindre de laisser notre esprit paître un peu, chaque jour, des herbes narcotiques dans les champs illimités du rêve.
Il n'y a rien de plus agréable que de dérouter les gens.
L'herbe craint la gelée blanche, la gelée blanche craint le soleil ; si l'homme est méchant, il sera affligé par un autre méchant.
Il y a deux choses chez le peintre, l'oeil et l'esprit; chacun d'entre eux devrait aider l'autre.
L'effet miroir est vécu par la personne qui désire toujours connaître comment il est perçu par les autres. Au lieu de se montrer critique, il émet des critiques, et se sent exposé à la critique comme sur une scène de théâtre.
Il ne faut point faire par les lois ce que l'on peut faire par les moeurs.
Pourquoi certains n'auraient pas tout ? Il y en a qui n'ont rien. Ca fait l'équilibre.
Quand la paix est faite, il faut la maintenir par l'intérêt.
S'il y a bien un athéisme de l'homme, un homme sans Dieu, il n'y a pas de Dieu sans l'homme.
Nous faisons vivre des millions de travailleurs. Il vaudrait mieux faire travailler des milliers de viveurs.
Ce n'est pas s'unir à une femme qu'un homme redoute lorsqu'il pense à se marier ; c'est se séparer de toutes les autres.
Il faut apprendre et réapprendre toujours. Si tu t'arrêtes, c'est l'engourdissement progressif de ton cerveau ; la vie quitte peu à peu ton intelligence et tu deviens alors un être sans âme avec nulle part où aller.
S'il est vrai que le commerce fait la richesse d'une nation, la rapacité des marchands peut aussi, en certaines circonstances, causer sa ruine.
On oublie vite les morts. On oublie très vite, aussi, les circonstances où l'on a été malheureux... Il ne faut pas s'en scandaliser : s'il en était autrement, la vie serait un cauchemar.
Il n'y a qu'une façon de s'égaler aux dieux : il suffit d'être aussi cruel qu'eux.
L'homme doit d'abord se nourrir, se désaltérer, se loger, se vêtir et ensuite seulement, il peut participer à des activités politiques, scientifiques, artistiques ou religieuses.
L'artiste, c'est le vrai riche. Il roule en automobile, le public suit en omnibus. Comment s'étonnerait-on qu'il suive à distance ?
Si votre femme est en train de devenir une amie, il est temps de proposer à une amie de devenir votre femme.
Le plaisir est rond comme la lune et en bout de course il se fait étoile filante.
Chaque fois que les circonstances mettent en demeure l'homme politique de choisir entre le parti et la vérité, il est constant qu'il choisit le parti.
Comment gouverner les démocraties s'il faut être populaire pour être élu et impopulaire pour réformer ?
Loin des calculs politiques, il s'est efforcé de penser la cité républicaine, guidé par deux exigences : l'universalité nécessaire des droits civiques et l'instruction comme accomplissement de l'individu.
Il faut être bien niais pour ne dire que du bien des femmes, mais il faut être bien ingrat pour n'en dire que du mal.
Il y a la vie, ses coups du sort, ses joies, sa brutalité, son absurdité et son sens, son injustice et sa beauté, ses délices, ses mystères, ses récompenses, il y a la vie et ce que nous en faisons.
Car tout est comme un océan, tout coule et se connecte ; touchez-le à un endroit et il résonne à l'autre bout du monde.
Je m'accroche comme un avare à la liberté qui disparaît dès qu'il y a excès de choses.
Arrête de chercher l'homme de ta vie, cherche plutôt l'homme de ta nuit... Et peut-être qu'un jour, s'il est à la hauteur, et bien peut-être que toutes vos nuits ensemble ça fera une vie, tout naturellement !
Il se lamente de ce que ce jour se soit si vite écoulé : Comme la chute d'une larme d'ange.
Le coeur n'a pas de maître, il n'est pas un esclave, et de toute contrainte il sait briser l'entrave.
Il y a certains chefs qu'on suit d'autant plus aveuglément qu'il faut être aveugle pour les suivre.
Il est bien rare qu'un vivant soit à la hauteur du mort qu'il fera.
Il y en a beaucoup qui sortent de ce monde sans savoir ce qu'ils y sont venus faire, et sans s'inquiéter davantage. Ne faisons pas de même.
Quittez le monde avant qu'il ne vous quitte.