Dire qu'il faut transmettre les valeurs de la République, c'est trop faible : il faut transmettre l'amour de la France.
Dans toutes les affaires financières, il est très important d'avoir la force et, surtout, le temps d'attendre, le temps d'élaborer une stratégie.
L'homme construit des maisons parce qu'il est vivant, mais il écrit des livres parce qu'il se sait mortel.
Il serait sage de ne pas aimer les femmes que l'on possède et de ne pas posséder les femmes que l'on aime.
La vanité fait partie du talent : il est comme une montgolfière qui ne s'élève que lorsqu'elle est gonflée.
Il importe peu aux morts d'obtenir de somptueuses funérailles ; ce n'est qu'une vaine pompe qui flatte l'orgueil des vivants.
Il faut donc choisir de deux choses l'une : ou souffrir pour se développer, ou ne pas se développer, pour ne pas souffrir. Voilà l'alternative de la vie, voilà le dilemme de la condition terrestre.
Il faut faire de l'ordre avec du désordre.
L'accent est l'âme du discours, il lui donne le sentiment et la vérité.
Il semble que la bureaucratie ait, en France, pour unique fonction de ne rien faire et de tout empêcher. Si tel est en effet son rôle, il faut convenir qu'elle le remplit d'une façon irréprochable.
Il y a une chose pire que de payer l'impôt sur le revenu, c'est de ne pas en payer.
Au-dessus de la matière, il y a la pensée ; au-dessus de la pensée, il y a l'idéal.
Il faut sans doute payer le prix de ses amours comme on paie celui de ses ambitions.
Il y a en permanence un cinquième des gens qui sont contre.
Dans le monde des affaires, il est inutile d'avoir des idées originales à moins de pouvoir également vendre ce que vous créez. La direction est incapable de reconnaître une bonne idée sauf si elle lui est présentée par un bon vendeur.
Il faut parfois dire des paroles inutiles.
On oublie vite les morts. On oublie très vite, aussi, les circonstances où l'on a été malheureux... Il ne faut pas s'en scandaliser : s'il en était autrement, la vie serait un cauchemar.
Le zèle mène toujours un peu trop loin, mais parfois il est nécessaire.
Plus il y a de monde et plus on est seul.
Il ne faut jamais parler de corde dans la maison d'un type qui ne s'est pas encore pendu.
Moins un homme sent son mal, plus il est malade.
Il n'y a rien de plus réel que les songes.
Il n'est pas en matière de littérature une seule opinion qu'on ne combatte aisément par l'opinion contraire.
Il est absurde d'avoir une règle rigoureuse sur ce qu'on doit lire ou pas. Plus de la moitié de la culture intellectuelle moderne dépend de ce qu'on ne devrait pas lire.
Pour qu'il y ait passion, il faut que l'union soit brutale, que l'un des corps soit très avide de ce dont il est privé et que l'autre possède en très grande quantité.
Les écrivains, c'est moins étonnant qu'il n'y paraît, se divisent comme le reste de l'humanité entre ceux qui écoutent et ceux qui n'écoutent pas.
Qu'aurions-nous besoin de la justice ou d'un justicier, quand il y a les visages et les corps ?
J'aime bien regarder les gens. Surtout les femmes. Même la plus moche, il y a toujours quelque chose. Au moins l'envie d'être jolie.
On est tellement abasourdi, sans arrêt, par toutes les choses qui sont contre la vie.Si on les laisse nous envahir, on se ferme, il ne nous arrive plus rien.
L'aphorisme, même quand il se présente sous la forme d'un jugement définitif et péremptoire, ne fait pas autre chose qu'inaugurer la réflexion : jamais la conclure.
Pour que l'amour soit réel, il doit coûter - il doit faire mal - il doit nous vider de nous-mêmes.
Quand j'étais enfant, ma mère m'a dit que si je ne pouvais pas être une bonne perdante, il n'y avait aucune chance que je sois une bonne gagnante.
Ça fait 25 ans. Ce serait très naïf et très prétentieux de croire qu'elle n'a que moi dans sa tête depuis 25 ans. Je veux bien admettre que peut-être il y a eu quelque chose de réel, pas réel ou une pensée, du moment que je ne suis au courant de rien, tout va bien.
La Bible dit que l'homme a été fait à l'image de Dieu - et il est vrai que l'homme et le Dieu se ressemblent jusque dans leurs colères.
La jeunesse est une religion dont il faut toujours finir par se convertir.
Trop de liberté fait peur aux gens, certains s'en débarrassent comme on se décharge d'un poids trop lourd, c'est pourquoi il y a des dominés et des dominants.
Avant les médias, il y avait une limite physique à l'espace qu'une personne pouvait occuper toute seule.
Quand une femme commence à faire remarquer qu'elle est honnête, il est temps de se méfier.
La véritable histoire d'un être n'est pas dans ce qu'il a fait, mais dans ce qu'il a voulu faire.
L'opinion publique : le public achète ses opinions comme il achète sa viande ou se fait apporter son lait, selon le principe que cela coûte moins cher que d'avoir une vache.
La philosophie nous montre bien qu'il y a un Dieu, mais elle est impuissante à nous apprendre ce qu'il est, comment et pourquoi il le fait. Il faudrait être lui-même pour le savoir.
Il suffit de se croire esclave pour l'être en effet.
Il est impossible de gouverner la France. A-t-on idée d'une maison de commerce où le directeur et les membres du conseil d'administration ne s'occuperaient qu'à plaire aux employés ?
L'esprit ne peut pas vaincre la matière, car sitôt qu'il se trouve sollicité exagérément, il se révèle lui aussi fait de matière.
Les héros doivent toujours quitter la ville. Parce que nul n'est prophète en son pays, parce qu'il faut toujours sortir pour prêcher, et donc prêcher toujours ailleurs, et donc toujours quitter. Pour se refaire une virginité.
Pour rétablir la confiance, il faut que les citoyens perçoivent qu'on a bien identifié avec eux ce qu'ils vivent. Le meilleur moyen, c'est encore de leur demander ce qu'ils en pensent. Je crois, moi, à l'expertise citoyenne.
Le ralliement, ça ne marche jamais, ce qui marche, c'est le rassemblement. Derrière le ralliement, il y a le désenchantement, et puis l'effacement. Derrière le rassemblement, il y a le courage et le succès.
Le colonialisme invisible, lui, te persuade que la servitude est ton destin et que tu es naturellement démuni : il te persuade que tu ne peux ni dire, ni agir, ni être.
Le médecin m'a conseillé le jogging. Il m'a dit que je gagnerai des années de vie. Il avait raison. Je me sens plus vieux de dix ans.
Comment est-il possible d'avoir la nostalgie d'un monde que je n'ai jamais connu ?