Il y en a qui n'ont tout leur esprit que lorsqu'ils sont de bonne humeur, et d'autres que lorsqu'ils sont tristes.
Il est toujours plus aisé de croire que de nier.
L'homme est né pour le plaisir : il le sent, il n'en faut point d'autre preuve.
Dieu fait bien ce qu'il fait.
Il n'y a rien de mal à imiter, l'essentiel est de savoir pourquoi on le fait.
L'opposition systématique se donne bien garde de demander quelque chose qu'elle pourrait obtenir, car alors il lui faudrait être contente ; et être contente pour l'opposition, c'est cesser d'être.
Certaines fortunes se font plus sur la ruée que sur l'or. Mais ça ne prouve pas qu'il n'y ait pas d'or.
La politique, si vous vous avisez de penser à ceux qui vous la servent, il y a de quoi se lever de table et faire voeu de ne plus manger que des oeufs à la coque.
Pourquoi le public va-t-il à un spectacle plutôt qu'à un autre ? Parce qu'il suit la foule !
Le passé est fait pour se vivre, puisqu'il a été notre présent.
Il ne faut pas des sots aux gens d'esprit, comme il faut des dupes aux fripons.
Il arrive qu'un syphilitique ait de l'amour-propre.
Il n'est pas de chagrin qu'un livre ne puisse consoler, disait Montaigne et Montaigne avait toujours raison.
Il ne convient qu'à un scélérat de perdre la vie par une sentence.
De même la vie dépose sur le visage des individus, couche après couche, les rides successives de l'expérience où il est absolument impossible de discriminer la part du rire et celle des larmes. Déjections de l'expérience sur la sables de la vie...
N'importe quel peuple, à un certain moment de sa carrière, se croit élu. C'est alors qu'il donne le meilleur et le pire de lui-même.
Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire qu'on ait acquis la sécurité par la lâcheté, et cela ni pour les peuples, ni pour les groupements humains, ni pour les hommes.
Le capitalisme a triomphé. Il a segmenté les hommes et le constat s'applique jusqu'à l'intitulé de leur poste. On ne dit plus ouvrier, mais opérateur de production; on ne dit plus chaîne, mais ligne... Cette euphémisation des termes dit quelque chose.
Le ciel qui roule crie vers vous tandis qu'il déploie ses éternelles beautés, et pourtant vos yeux ne sont fixés que sur la terre.
Chaque homme est apprécié dans ce monde car il montre par sa conduite qu'il souhaite être apprécié.
Le Canada anglais doit bien comprendre que, quoi qu'il dise ou fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer sa destinée et son développement.
Il n'y a plus de «nous». Tout le monde est partout. Ce petit groupe que nous avions au début, nous pouvions tout faire.
Le fait que vous soyez né signifie qu'il n'y a pas d'autres enfants nés à cause de vous - vous les avez tués d'une certaine manière.
Le peuple de cette nation a parlé. Il nous a donné une victoire claire, une victoire convaincante.
Le rire est, il faut le redire, une arme indispensable. Pour séduire, notamment...
Est-ce qu'il faut tuer ce qu'on ne comprend pas ?
Il sait que personne ne peut réussir en littérature. Écrire, c'est se confronter quotidiennement à l'échec.
L'intelligence c'est proposer à l'autre ce qu'on a de plus précieux, en faisant tout pour qu'il puisse en disposer.
Notre corps est une demeure dont, avec l'âge, il faut condamner des pièces, faute de pouvoir les chauffer toutes.
Quand on a de l'argent il faut se garder de le dire à sa maîtresse : elle se mettrait à vous adorer.
Dieu n'existe pas. S'il existait, depuis le temps que je dis des horreurs, il m'aurait déjà foudroyé. Ou Dieu est un mythe, ou il est sourd, ou c'est du mépris.
Le peuple aime les rois qui savent l'épargner - il estime encore plus ceux qui savent régner.
Il faudrait qu'on pût me relire avant de me lire : on m'aimerait bien mieux.
Ce qu'il y a de plus dur dans la vie, c'est d'être obligés de se détacher de ce qui nous est le plus précieux, ce pour quoi on donnerait tout. Comment continuer à vivre ?
Travailler, d'accord, encore faut-il avoir le temps...
Quel croyant juge-t-il les volontés des divinités avant d'exécuter leurs paroles ?
Les biologistes s'intéressent davantage à l'espèce qu'à l'individu, qui se range évidemment dans la catégorie de l'espèce, mais reste singulier. L'individu n'existe qu'une fois, il est "un fusil à un coup".
L'ami est d'abord celui dont on se raconte qu'il est votre ami.
Le cerveau est un merveilleux organe. Il démarre au moment où vous vous levez et ne s'arrête qu'au moment où vous arrivez au bureau.
Que tous les hommes mangent est une bonne chose mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu'ils profitent de tous les fruits de l'esprit humain, car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l'état, à les transformer en esclaves d'une terrible organisation de la société.
Il faut être bien renseigné avant de s'indigner de ce qui arrive: conjecturer et savoir exactement sont choses différentes.
Il y a des batailles aériennes d'ondes qui... tourbillonnent entre ciel et terre comme le regret indestructible du suicidé qui à mi-chemin de sa chute du sixième étage, soudain ne voudrait plus mourir.
Mon chagrin, tout injuste qu'il est : Je le chasse, il revient ; je l'étouffe, il renaît.
Je crois que j'aime le théâtre. Je l'ai cru longtemps illusoire, mais il est acte poétique, acte de vie en pleine conscience.
Tu n'avais pas eu besoin des sciences cognitives pour savoir que sans intuitions ni affects il n'y a ni intelligence ni sens.
Il y a toujours un élément émotionnel dans tout ce que vous faites.
En matière de vérité et de justice, il n'y a pas de différence entre les grands et les petits problèmes, car les questions concernant le traitement des personnes sont toutes les mêmes.
Il n'est pas nécessaire d'aimer la vie pour la transmettre.
Qui est à couvert quand il pleut, il est sot s'il se meut.
Dieu ne regarde pas à la condition, il regarde au coeur.