Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense ; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.
Il n'est de désir que dans la jalousie.
Si un écrivain ne se forçait pas, il n'écrirait que lorsqu'il est malheureux.
Il n'y a rien de meilleur que de ne se faire jamais trop comprendre.
Il faut parfois que l'être qui nous est le plus cher nous trahisse et s'enfuie pour que nous réalisions tout ce qui nous attachait à lui.
Plus un livre est gros, et plus il pèse dans les mains, mais il n'en est pas meilleur.
Il n'est pas plus difficile à un gros homme d'avoir de pensées délicates qu'à une grosse main d'avoir une fine écriture.
Le médecin m'a conseillé le jogging. Il m'a dit que je gagnerai des années de vie. Il avait raison. Je me sens plus vieux de dix ans.
Mais si le sport fortifie, il apaise également. À condition de demeurer un adjuvant et de ne point devenir un but, il sait produire l'ordre et clarifier la pensée.
J'ai dit que le châtiment est plus utile quand il est prompt, parce que moins il se passe de temps entre le délit et la peine, plus forte et plus durable est dans l'esprit l'association de ces deux idées de [...] ► Lire la suite
Il n'est point de bête plus indomptable qu'une femme, point de feu non plus; nulle panthère n'est à ce point effrontée.
J'ai toujours cru au dicton selon lequel "il n'y a pas de limite à ce que vous pouvez accomplir si vous ne vous souciez pas de qui obtient le mérite".
L'enfant ne fait pas grand cas en général de la tendresse de ses parents. C'est pour lui chose acquise. Il n'y pense même pas, il s'en lasse lorsqu'on le gâte.
Vivre sans tendresse, il n'en est pas question.
Il vaut mieux visiter Vérone accompagné d'une jolie femme.
C'est un homme bon donc il passe pour un idiot.
Un peuple qui ne sait pas où il va est sûr d'y arriver dans un état exécrable.
Il y a toujours du bon dans la folie humaine.
On prétend que le cheval est une animal de luxe. Il ne s'habille pourtant qu'avec des bretelles.
Il n'y a rien de tel qu'un peu de vérité pour masquer un mensonge.
Au-dessus de la matière, il y a la pensée ; au-dessus de la pensée, il y a l'idéal.
Chaque fois qu'on observe un animal, on a l'impression qu'il y a là un être humain en train de se foutre de nous.
Il arrive parfois que le hasard prenne l'apparence de la justice.
Dieu est bon pour ceux qui aiment. Il a pensé à eux depuis les origines. Il a créé deux mondes : l'un pour ceux qui aiment, le second pour les autres.
Les hommes ont d'étranges pudeurs, quand il s'agit de leurs affaires de coeur. Ils ne disent rien et s'étonnent ensuite de n'être pas compris.
Nos rêves et nos désirs prennent tant de temps à mourir en nous qu'il en reste toujours quelques miettes...
Un sot, c'est généralement un homme du monde. La raison en est bien simple. Il n'a rien autre chose dans la tête, et il passe son temps à chercher des poses : des idées, c'est trop fatigant.
Pour que le chemin ne soit pas mangé par l'herbe, il faut plusieurs va-et-vient.
Quand le chèque est tiré, il faut le boire.
Il y a un pays natal dans le temps comme il y en a un dans l'espace.
Il faut emprunter les idées du peuple si l'on veut le diriger.
Je commence, quand meurt un homme célèbre, à calculer ce qu'il me reste à vivre pour vivre autant que lui.
Pour qu'un héritage soit réellement grand, il faut que la main du défunt ne se voie pas.
Arrivé au bord du précipice, il est trop tard pour tirer la bride et arrêter le cheval.
Quel plus grand amour y a-t-il que de donner sa vie pour ses ennemis ?
Malgré les épreuves, la France est plus forte aujourd'hui qu'il y a deux ans.
Hélas, il faut dire que la liberté est toujours fragile.
Tu dois simplement accepter ton corps. Tu ne vas peut-être pas l'aimer tout le temps, mais il faut que tu te sentes juste à l'aise, à l'aise à l'idée de savoir que c'est ton corps.
Le verbe reste verbe. Les mots, élégants, sages, font leur petite révérence, puis s'éclipsent. Qu'en reste-t-il ? Des ronds dans l'eau.
C'est la manière dont les gens considèrent le vol de la pomme qui fait de l'enfant ce qu'il est.
Il est certain qu'il y a des circonstances où l'on est forcé de suppléer à l'ongle du lion, qui nous manque, par la queue du renard.
Le faible est toujours faible, il ne varie que dans sa faiblesse ; mais le fort est faible quelquefois.
Il faut devenir vieux de bonne heure pour rester vieux longtemps.
Celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler.
Il n'est pire misère, parce qu'on veut faire le bonheur d'un peuple, que de croire en lui.
La philosophie nous montre bien qu'il y a un Dieu, mais elle est impuissante à nous apprendre ce qu'il est, comment et pourquoi il le fait. Il faudrait être lui-même pour le savoir.
Faites de moi tout ce qu'il vous plaira, pourvu que je m'instruise.
A quoi bon aller au ciel, puisqu'il faudra ensuite revenir sur terre ?
Le mot entre partout, mais il lui est parfois difficile de ressortir.
Par l'amour, il peut arriver qu'on livre et reçoive quelque chose d'essentiel, qu'on sente s'épanouir ce qui pouvait sommeiller de meilleur au fond de soi...