Les sociétés à castes et à classes rigides faisaient un gaspillage impardonnables de talents... Mais il faut reconnaître que de telles sociétés réduisaient les aspects nocifs de la compétition.
Il n'existe qu'un seul ordre parfait : celui des cimetières. Les morts ne réclament jamais et ils jouissent en silence de leur égalité...
C'est en rêve seulement que les êtres nous sont doux et qu'il est bon de les avoir près de nous... dans la vie réelle ils sont les pierres aux angles aigus desquels on se heurte et l'on se blesse.
La fin suprême de la famille serait qu'entre les trois personnes il n'y eût plus ni sexe ni âge, que les fils fût le père de ses parents, l'époux de sa mère.
Il est défendu aux enfants de contrarier le monde créé par les adultes.
Il n'y a jamais de vrais remords derrière l'amour.
Il faut douter du doute.
Il n'existe aucun pays qui puisse servir de modèle aux autres.
Un amant ne donne pas seulement la vie à tout, il fait aussi oublier la vie : le mari ne donne la vie à rien.
Est-il donc si utopiste ou réactionnaire de prôner l'attachement aux valeurs de la patrie ?
En tout amour il y a de l'égoïsme. Qui nous aime nous permet d'être nous-mêmes.
- Du temps du muet... il y avait de la musique... - Maintenant aussi... mais on ne l'entend pas... les gens causent tout le temps !
La richesse de l'homme est dans son coeur. C'est dans son coeur qu'il est le roi du monde. Vivre n'exige pas la possession de tant de choses.
Voyez-vous, Pasquier, il n'y a pas de bon régime politique. Tous ont leurs vices et leurs inconvénients. Le meilleur, à mon sens, ou plutôt le moins mauvais, c'est celui qui gêne le moins l'individu, celui qui laisse l'individu libre d'exercer avec fruit ses vertus cardinales.
Il suffit de concevoir la famille comme destinée à développer dignement l'action de la femme sur l'homme.
Il y a autant de chemins qui mènent à Dieu qu'il y a d'êtres humains. Car même à l'intérieur de la foi, le chemin de chaque homme est entièrement personnel.
Il brille, le sauvage Été,La poitrine pleine de roses,Il brûle tout, hommes et choses,Dans sa placide cruauté.
Le sot a un grand avantage sur un homme sensé ; il est toujours satisfait de lui-même.
Inspirer l'amour est la plus grande ambition d'une femme, croyez-moi. C'est la seule chose dont les femmes se soucient et il n'y a pas de femme si fière qu'elle ne se réjouisse au fond de ses conquêtes.
Chaque fois que la société devient trop étouffante et que les règles sont trop complexes, il y a une sorte d'explosion musicale.
Mon objectif est simple. C'est une compréhension complète de l'univers, pourquoi il est tel qu'il est et pourquoi il existe.
Il faudrait naître vieux, débuter par la sagesse puis décider de son destin.
Les hommes trompent souvent ; les femmes peu souvent, et, en cherchant bien, il n'y a guère de perfidies à leur reprocher.
La propriété est nécessaire, mais il ne l'est pas qu'elle reste toujours dans les mêmes mains.
Il y a deux sujets sur lesquels les Français mentent : le nombre de livres qu'ils lisent et le nombre de coups qu'ils tirent.
Il y aurait une grande mortalité si l'on cessait de vivre lorsqu'on a plus rien à se dire.
Il faut perdre son âme. Mais comment ?
Tout événement procède de causes, il n'y a donc lieu d'accuser aucune divinité ni de récriminer contre ce qui est et qui ne pourrait pas ne pas être.
Peut-on aimer "un peu" ? Sûrement ! Il y en a qui passent leur vie à s'économiser et à aimer "un peu".
Pour adorer Dieu, il faut devenir Dieu.
Il n'y a pas d'amour malheureux : on ne possède que ce qu'on ne possède pas. Il n'y a pas d'amour heureux : ce qu'on possède, on ne le possède plus.
Il n'y a pas d'autre drame dans la vie d'un être que celui de l'instant, se répétant sans fin, de sa première perte de pureté...
Si le mensonge n'existait pas, il n'y aurait nul besoin de le conjurer en disant des "je le jure".
A vouloir toujours se tirer d'affaire en attribuant au prophète des propos qu'il n'a pas tenus ou que Dieu ne lui pas dictés, on risque de se faire foudroyer en pleine sécheresse.
Le vrai sage ne craint pas la mort car il sait que la mort n'est rien. La conscience ne souffre pas puisqu'elle a disparu. Avec la chair qui pourrit, c'est l'esprit qui pourrit aussi, et les désirs, et l'angoisse.
Les gens ne respectent rien dès qu'il s'agit de gagner un peu de fric !
Il y a des choses que l'intelligence seule est capable de chercher, mais que par elle-même elle ne trouvera jamais. Ces choses, l'instinct seul les trouverait, mais il ne les cherchera jamais.
L'humour est une forme de révolte. C'est aussi un remède à la colère, à l'emportement ou à la déprime ; il humanise les rapports, facilite l'irrigation du cerveau, décontracte les nerfs...
Pour savoir ce qu'il y après la mort, il suffit de savoir ce qu'il y a avant la vie.
La grande passion de sa vie aura été la bouteille, les bars et les épiceries ouvertes toute la nuit. Il a l'alcool heureux. Jamais la bouteille ne l'a déçu, ni laissé tomber.
Pour me comprendreIl faudrait connaître mes nuitsMes rêves d'amourEt puis mes longues insomniesQuand vient le jourLa peur d'affronter la vie.
Toute morale est morte ! La crise est de morale aussi bien que d'argent. On décampe en hurlant du bateau qui naufrage. Il n'y a plus d'amis.
N'oubliez jamais ce que quelqu'un vous dit quand il est ivre. Parce que les mots ivres sont des pensées sobres.
Mon métier est solitaire. Je suis un artisan, si tu veux. Il se trouve que ces jours-ci, les chanteurs sont mieux payés que les forgerons.
Une rose semble grise à minuit, mais la flamme est juste endormie. Et l'acier est résistant car il connaît le marteau et la chaleur blanche.
Derrière chaque chose magnifique, il y a une sorte de douleur.
Il faut distinguer le réel, et la représentation du réel qui se traduit par des récits de tristesse et d'abattements.
La baie de Guanabara [...] C'est ainsi que les indigènes la nomment. Les Portuguais y sont entrés il y a cinquante ans, un jour de janvier. Ces ignorants croyaient qu'il s'agissait d'une rivière : ils l'ont nommée la « rivière de janvier », Rio de Janeiro.
Qui ignore l'amour vit heureux ; il a des nuits tranquilles et des jours sans trouble, dans sa paisible maison.
Le bonheur est comme l'écho : il vous répond mais ne vient pas.