Le couteau a beau être tranchant, il ne peut tailler son manche.
La parole n'a pas été donnée à l'homme : il l'a prise.
Nous faisons vivre des millions de travailleurs. Il vaudrait mieux faire travailler des milliers de viveurs.
Il faut bien voir enfin qu'on n'aime que dans l'éternité, c'est pourquoi il faut prendre soin de se conduire en toute chose comme si ce qu'on fait devait être éternel.
La vie deviendrait vite odieuse s'il fallait se charger de la détresse des autres.
Pour tout homme de coeur le culte qu'il a voué à sa langue maternelle est une chose sacrée !
Il n'y a rien d'autre à apprendre que soi dans la vie. Il n'y a rien d'autre à connaître. On n'apprend pas tout seul, bien sûr. Il faut passer par quelqu'un pour atteindre au plus secret de soi. Par un amour, par une parole ou un visage.
Il faut aimer l'autre au point de l'accepter jusque dans sa bêtise.
Il y a, entre aujourd'hui et demain, un long intervalle : apprends à être diligent, tandis que tu es encore éveillé.
L'amour ne sait-il pas l'art d'aiguiser les esprits ?
On se dit : "j'aime la France", et en même temps, on ne peut pas aimer un pays qui nous brime autant. En même temps, il faut vivre et avancer.
Pour bien faire les choses, il faudrait commencer par divorcer.
De l'eau avait coulé sous les ponts, il serait vain d'essayer de remonter le courant.
Si le mariage diminue l'homme, presque toujours il annihile la femme.
Un jour il faudra à notre véritable vocation qui n'est pas de produire et de consommer sans fin, mais d'aimer, d'admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes.
Mon mari a tout simplement été ma force et le reste pendant toutes ces années, et je lui dois une dette plus grande qu'il n'aurait jamais réclamé.
Il a dormi un soir avec les poules il s'est levé le matin en chantant.
Le capitalisme, à la suite de ses propres contradictions internes, se dirige vers un point où il sera déséquilibré, quand il deviendra simplement impossible.
Il n'y a pas que brûler des livres qui m'inquiète. Il y a aussi ceux qui ne seront jamais écrits, du fait de la crainte de la censure.
Pour bien comprendre quelqu'un, c'est mieux de lire, par-dessus son épaule, les livres qu'il lit.
Il ne faut jamais dire adieu, cela porte malheur.
Dans un orchestre, il peut y avoir, dissimulés, un certain nombre de gens qui ne connaissent pas la musique. Ce n'est pas très gênant si les autres font beaucoup de bruit.
L'amour, on ne le discute pas, il est.
Soit heureux qui peut, Il ne l'est qui veut.
L'apprentissage du vivre ne serait-il pas constitué d'une suite d'échecs... ?
La révélation de la bassesse ravit toujours la foule. Il est petit comme nous, il est vil comme nous !...
Il y a des degré dans l'humour, ainsi que dans le vice et dans la vertu.
Il y a de l'esprit ailleurs que dans la pensée des hommes.
Ecoutez ce silence, quel grand fracas il porte en lui ; et rien ne sert de se couvrir les oreilles.
Il n'y a qu'une seule question politique : comment voulez-vous élever vos enfants ?
Avant que de rire des grands hommes, il faut savoir les aimer de toute son âme.
Le cerveau est ainsi fait qu'il associe la douceur aux courbes et la dureté aux angles.
Même si notre sexe influe sur notre façon d'agir, il n'est pas pour autant le seul élément constitutif de notre comportement.
Une phrase, c'est comme un vêtement. Il ne faut pas qu'elle gratte dans le dos, qu'elle gêne aux emmanchures ni qu'on s'y sente endimanché, ou tarte.
Mais on traumatise par le silence, on traumatise par le non-dit beaucoup plus que par le dit. Entre le non-dit et le dit, même d'une chose gravissime, il vaut mieux dire la chose gravissime. Et la chose qui va peut-être faire énormément de peine à l'enfant, il faut la dire.
Notre existence s'écoule en quelques jours. Elle passe comme le vent du désert. Aussi, tant qu'il te restera un souffle de vie, il y a deux jours dont il ne faudra jamais t'inquiéter : le jour qui n'est pas venu et celui qui est passé. Alors tu vivras en paix.
Il est impossible de comprendre le sport automobile de l'époque sans intégrer la notion de mort ; on s'amusait beaucoup car on mourrait beaucoup.
L'amour n'est pas l'amour s'il fane lorsqu'il se trouve que son objet s'éloigne. Quand la vie devient dure, quand les choses changent, le véritable amour reste inchangé.
Il était bon par-dessus tout ; et, chose toute simple pour qui sait combien la bonté confine à la grandeur, en fait de poésie il préférait l'immense.
Pour une réponse affirmative, il n'existe qu'un seul mot : oui. Tous les autres mots ont été inventés pour dire non.
Il n'y a que les femmes qui sachent aimer ; les hommes n'y entendent rien...
Il faut se méfier de la psychanalyse, elle a un effet secondaire : tu deviens pauvre.
Il ne suffit pas d'avoir de l'esprit. Il faut en avoir encore assez pour s'abstenir d'en avoir trop.
Le véritable ami est celui à qui on n'a rien à dire. Il contente à la fois notre sauvagerie et notre besoin de sociabilité.
Ce qu'il y a d'irritant pour un mari lorsque sa femme n'a rien à dire, c'est la façon dont elle ne le dit pas.
Si le diable n'est pas toujours aussi noir qu'on le peint, Dieu est-il toujours aussi blanc ?
On ne s'habitue pas vite à la mort des autres. Comme ce sera long, quand il faudra s'habituer à la nôtre !
Avec les femmes il vaut mieux être téméraire que trop prudent. On arrive plus vite et aussi sûrement.
Derrière le bébé, il n'y a pas seulement les neuf mois de conception d'un individu, mais les millions d'années de l'espèce !
Il est singulier que la politique, qui est sans contredit la science la plus ardue et la plus difficile, soit la seule que tout le monde croit posséder sans l'avoir apprise.