L'éternel n'est que l'infini de l'instant. Dieu se rejoint dans le quotidien ; sa présence ne saurait se trouver ailleurs. Et même si c'était absurde, il faudrait être humain.
Chacun sait qu'il y a, de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est proprement illisible (on la lit beaucoup). Et la bonne qui ne se lit pas.
Un livre n'est pas fait pour être lu, il est fait pour être là.
Lorsqu'on veut empêcher les horreurs d'une révolution, il faut la vouloir et la faire soi-même.
Il est malheureux, celui qui n'entre pas dans les illusions de son époque.
L'écrivain essaie d'échapper aux interprétations, non pas nécessairement parce qu'il n'y en a pas, mais parce qu'il y en a peut-être plusieurs et qu'il ne veut pas arrêter les lecteurs sur une seule.
Il y a bien trop d'hommes en politique et pas assez ailleurs.
L'honneur est un luxe de vivant, il n'a plus cours chez les morts.
Tenter le mariage n'est pas grave en soi. Il y a de plus en plus de mariages à l'essai. Ce qui est plus grave, c'est qu'il n'existe pas encore de formule pour les "enfants à l'essai".
Il faut supporter aussi bien que possible le lot que la destinée nous assigne et savoir qu'on ne peut lutter contre la force de la nécessité.
Un corps verbal ne se laisse pas traduire ou transporter dans une autre langue. Il est cela même que la traduction laisse tomber. Laisser tomber le corps, telle est même l'énergie essentielle de la traduction.
C'est dimanche. Brrr ! Qu'il serait doux, le son des cloches, s'il n'y avait parmi les hommes tant de mal.
Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire.
Avril a trente jours ; s'il pleuvait trente et un jours cela ne ferait de mal à personne.
Qu'est-il possible de bien faire, en physique particulièrement, si les choses ne se réduisent pas à des degrés et à des mesures ?
Avant, les gens se disaient : Kylian c'est le buteur de l'équipe, il va tirer. C'est la maturité, ça aussi. J'ai grandi et j'ai compris que faire des passes ne va pas m'empêcher de marquer des buts.
Il n'y a rien au monde qui ressemble autant à la prière que la musique.
Pour que l'esprit acquière de la facilité, il faut l'exercer à trouver des choses déjà découvertes.
C'est tellement plus facile de savoir qui vous êtes quand il n'y a pas mille personnes qui vous disent qui vous êtes.
Tout le monde sait qu'il n'y a pas de chose normale. Il n'y a pas de définition en noir et blanc de la normale. La normale est subjective. Il n'y a qu'une version désordonnée, incohérente, stupide et pleine d'espoir de ce que nous nous sentons le plus à l'aise dans nos vies.
Il y a plein de domaines où il vaut mieux la fermer parce que c'est ce qui correspond le mieux à la pensée commune.
Si au lieu de la copulation les enfants se faisaient à coups de bâtons, il y aurait moins de monde sur terre.
Que peut-il manquer à ma femme ? Elle a tout ce qu'il me faut !
Il ne vaut mieux ne pas commencer que de cesser.
Tout parle dans l'univers ; Il n'est rien qui n'ait son langage.
Le public a l'esprit juste, solide et pénétrant : cependant comme il n'est composé que d'hommes, il y a souvent de l'homme dans ses jugements.
Quand tu vas voir du divertissement et qu'il y a de l'obscénité, c'est de l'obscénité ; quand tu vas voir de l'obscénité et qu'il y a de l'obscénité, c'est du divertissement.
Pour rendre l'opéra supportable, il faudrait allonger les ballets et raccourcir les jupes des danseuses.
S'il existe bien des pays pour gagner sa vie, la France est, tout compte fait, celui où l'on dépense le mieux.
Il faut dire du bien des femmes en général - et en particulier à chacune, du mal de toutes les autres.
Si l'on pose d'un côté ce qu'un hold-up rapporte en argent et de l'autre ce qu'il rapporte en années de prison, on s'aperçoit que le truand est bien le salarié le plus misérable du monde.
La révolution cesse dès l'instant où il faut se sacrifier pour elle.
Ce qui donne à un individu sa valeur génétique, ce n'est pas la qualité propre de ses gènes. C'est qu'il n'a pas la même collection de gènes que les autres.
Y a-t-il quelque chose de plus banal que la mort ?
Si on est obligé de cloner des brebis, c'est parce qu'il n'y a plus suffisamment de légionnaires.
Si l'on ôtait de la vie tout ce qu'il y a de vain et de frivole, il y resterait si peu de choses, que cela ne vaudrait pas la peine de le regretter.
Il y a les esprits forts et les victimes : on mène ou on est mené.
On devrait pouvoir dire qu'il n'arrive aux hommes que ce qu'ils veulent qu'il leur arrive.
Ce que l'amour te donne la vie saura bien le reprendre Et ce que la vie te prend il y aura bien une force qui serait encore une force de la vie Pour te le rendre.
Les Ecossais n'aiment pas jouer aux cartes parce qu'il faut les donner.
Le possible est d'hier et il a eu lieu : l'impossible seul reste encore à naître.
Impossible de dormir parce que Kate revient. Je réalise que je viens de passer un mois sans hurler et sans pleurer, sans tristesse et sans coup de téléphone 100 fois par jour, de l'attention, pas de sentiments blessés, pas de [...] ► Lire la suite
J'aime aller derrière les mots parce qu'il y a autre chose encore. Je ne vais pas à l'évidence. J'aime bien fouiller derrière les mots pour voir.
Le regard du nouveau né est plus sage que celui du grand savant, il faut parfois désapprendre pour mieux appréhender l'essentiel.
Il n'est pas facile de sortir comme cela d'un chapeau un emploi et une nouvelle vie, en quelques semaines. Il faut du temps pour s'organiser.
Mon amour pour elle est mort ce matin-là dans cette chambre du Waldorf Astoria. Il est mort mais il a laissé une cicatrice terrible. À dater de ce jour, j'ai toujours eu très peur de tomber amoureux, car cela signifie devenir vulnérable, faible, enchaîné. J'étais bien décidé à ne plus me laisser prendre.
Puis, soudain, un silence. Clemenceau venait de faire son entrée. Il avait ses gants gris et, dans l'allure, de la grandeur. Il ne s'imaginait certes pas que, quelques mois plus tard, il entrerait dans l'obscurité par la porte large ouverte de l'ingratitude de ce peuple français qu'il avait sauvé.
Il est dur de combattre les désirs de son coeur ; ce qu'il cherche, c'est au prix de son âme qu'il l'obtient.
Le plaisir du texte est semblable à cet instant intenable, impossible, purement romanesque, que le libertin goûte au terme d'une machination hardie, faisant couper la corde qui le pend, au moment où il jouit.
Un meneur...est comme un berger. Il reste derrière le troupeau, laissant les plus agiles partir en avant, sur quoi les autres suivent, sans se rendre compte que tout le long ils sont dirigés par derrière.