Il n'est pas bon, pour un médecin, d'admettre qu'il ne se sent pas bien.
Il faut beaucoup de sang-froid pour soutenir une grande passion.
Il est étrange que seuls des hommes extraordinaires fassent les découvertes, qui paraissent plus tard si faciles et simples.
Il faut faire quelque chose de nouveau pour voir quelque chose de nouveau.
Chez un chanteur le talent se reconnaît ; quand on a l'oreille, il est une évidence.
Je crois aux choses autant qu'il faut pour en être le maître, pas assez pour en être esclave.
Il y a ainsi d'innombrables campagnes où rien ne s'est passé. L'objectif ne fut pas atteint, les forces furent inutilement usées.
L'amour nous rachète du péché d'exister: quand il échoue, il nous accable de la gratuité de cette vie. Seul, je me sens à la fois vide et saturé: si je ne suis que moi, je suis de trop.
Le monde est un appel et une promesse : il y a partout des êtres remarquables, des chefs d'oeuvre à découvrir.
Concevoir l'Amérique comme une Histoire et la destinée comme un avenir, respirer le parfum d'un hickory à travers le silence des âges, c'est possible. Il nous suffit d'un ciel grand ouvert et de la volonté de faire usage de nos ailes.
Il est devenu suicidaire de continuer à agir en fonction de l'urgence et d'un quotidien qui n'intègre que les humains dans ses préoccupations.
Ce livre n'est pas un manifeste, il n'y a plus le temps pour cela. Ce livre est un cri d'alarme.
A mon époque, les opinions sont assez arrêtées. Il est peu probable que je voie ou entende maintenant quoi que ce soit qui puisse les changer.
La douleur est censée nous réveiller. Les gens essaient de cacher leur souffrance. Mais ils ont tort. La douleur est quelque chose qu'il faut porter, comme une radio. Vous ressentez votre force dans l'expérience de la douleur.
Manger tout ce que vous voulez n'est pas si amusant. Quand vous vivez une vie sans frontières, il y a moins de joie. Si vous pouvez manger ce que vous voulez, quel est le plaisir de manger tout ce que vous voulez?
L'avenir a ceci de fâcheux, c'est qu'il est arrivé avant que nous ayons eu le temps de nous y préparer.
Chez Ellroy il y a à la fois une violence extrême et fascinante. Mais en même temps, Ellroy arrive tout le temps à avoir une espèce de recul, qui fait qu'il y a un jugement moral sur la violence.
Au XXIème siècle, il nous sera possible de choisir préalablement l'état mental dans lequel nous désirons être plongés, puis de fabriquer la molécule qui nous permettra d'y arriver.
Il vaut mieux n'appartenir à aucune église que d'en défendre une avec hargne.
Dieu n'a pas créé l'homme et la femme l'un après l'autre. Il a créé deux corps jumeaux unis qu'il a tranchés depuis le jour où il a créé la tendresse.
Pour tout peindre, il faut tout sentir.
Il croyait que c'était à la solitude qu'il tentait d'échapper, et non à lui-même.
Il n'y a point de remède contre un mal accompli.
L'homme n'est pas une chose mais un être vivant, pris dans un processus continuel de développement. A chaque point de sa vie, il n'est pas encore ce qu'il peut être et que peut-être il sera.
Il voulait être fasciné par les choses qui lui plaisaient et non par celles que les autres lui conseillaient.
Quand les pieds ne veulent plus vous porter, on marche avec sa tête. Et c'est vrai. Ce n'est peut-être pas dans l'ordre naturel des choses, mais ne vaut-il pas mieux marcher avec la tête que penser avec les pieds, comme il arrive souvent ?
Il n'y a pas de tendresse sans inquiétude.
Si vous me posez la question : « Qu'est-ce que c'est l'autre ? », je n'ai pas de réponse, parce que l'autre, il est autre et il est en même temps moi-même.
Il commence les premières plantations de coton et, sur les rives du Sacramento, il expérimente le riz et l'indigo.
Il est plus facile de réformer autrui que soi-même.
Il est parsemé de ces pierres à demi cachées, c'est un sentier comme il y en a beaucoup en Grèce. Un chemin qui n'est jamais, qui serpente indéfiniment et sans dire d'avance où il va.
Il se vit dans les yeux de la jeune fille, suspendu au sein de deux gouttes d'eau claire étincelantes, sombre et minuscule....
Pauvre papa : lui qui rêvait de la domination mondiale de la race aryenne, du règne de la Bête de proie, il fut soigné à l'hôpital par des Africaines ou des Maghrébines, sa petite-fille Anna était juive, sa dernière belle-fille d'origine rwandaise.
N'est-il pas clair comme le jour que l'Argent est précisément ce même Dieu qui veut qu'on le dévore et qui seul fait vivre, le Pain vivant, le Pain qui sauve, le Froment des élus, la Nourriture des Anges, mais, en même temps, la Manne cachée que les pauvres cherchent en vain ?
Je me demandais ce qui, plus tard, nous serait commun. Déjà, nous n'avions ni le même physique, ni la même histoire. Lorsqu'il pourra choisir, pourquoi pencherait-il pour une nationalité mineure, une religion vaincue et des moeurs attardées ? Peut-être ne se souviendra-t-il que de sa mère et cherchera-t-il à m'oublier comme une tare familiale !
Il s'avère que nous n'avons pas "tous" à payer nos dettes. Seuls certains d'entre nous le font.
Je ne ressemble pas à Halle Berry. Mais il y a des chances qu'elle finisse par me ressembler.
Il faut être bien léger pour être dans le vent.
Je pense qu'il faut respecter les hommes, pas les idées.
Quand on a assez fait auprès de certaines personnes pour avoir dû se les acquérir, si cela ne réussit point, il y a encore une ressource, qui est de ne plus rien faire.
Il n'y a que l'amour pour absoudre les écorchures de l'amour.
Toutes les mères sont impossibles - qu'elles aiment trop ou qu'elles n'aiment pas assez. Il n'y a pas en la matière de juste mesure.
Il n'y a pas de cimetière assez grand pour engloutir le passé.
Il n'est rien d'essentiel à l'homme qui ne soit figuré naturellement, dans le caillou, la plante ou la bête.
La santé n'est qu'un mot, qu'il n'y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide.
Il y a plus loin d'une femme à son premier amant, que de son premier au dixième.
Il ne faut pas tuer les illusions nobles.
Les fleurs, les arbres, tout poussait avec force, tout verdissait avec vigueur. Il semblait que tout avait reçu une âme. Tout parlait; tout chantait.
Pour faire correctement ce métier, il faut avoir faim.
L'amour, c'est comme La Redoute. Il faut essayer.