On doit échapper à l'alternative du dehors et du dedans : il faut être aux frontières. La critique, c'est l'analyse des limites et la réflexion sur elles.
Le travail, soulignait Aristote, ne vous rend pas meilleure ; au contraire, il vous avilit, puisqu'il accapare le temps.
Vu d'loin le monde me parait si bien, mais quand j'me rapproche il est maussade comme le ciel Palestinien.
Il y a une folie d'écriture qui est en soi-même, une folie d'écrire furieuse mais ce n'est pas pour cela qu'on est dans la folie. Au contraire.
En quelques secondes c'est comme si tout le bonheur qu'il m'avait apporté ces derniers mois s'envolait, laissant place aux larmes et à la douleur.
Il n'y a qu'un seul principe moteur : la faculté désirante.
Il vaut toujours mieux trouver de soi-même les choses qu'on trouverait dans les livres.
Il n'y a pas d'ailleurs Où guérir d'ici.
Il doit y avoir dans les mots une merveilleuse puissance d'apaisement pour que tant d'hommes leur aient demandé de servir à leurs confessions.
Le trompeur est bien souvent à la merci de celui qu'il a trompé.
Apprenez qu'un bon livre ne donne jamais ce qu'on peut attendre. Il doit vous hérisser de points d'interrogation.
Il suffit d'envisager un seul instant la possibilité de sa disparition pour retrouver immédiatement le sens de la dignité humaine.
Là où il n'y a pas de puissance commune, il n'y a pas de loi ; là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas d'injustice. La force et la ruse sont, en guerre, les deux vertus cardinales.
Un vice, il faut bien en avoir un ou plusieurs. C'est ce qui rend la vie supportable.
Les bonnes questions sont celles qui donnent aux lecteurs ou aux auditeurs, la vivifiante impression qu'à votre place, il les auraient aussi posées.
Un sommet n'est le terme qu'en apparence et le chemin vrai n'a de sens que s'il mène au coeur de soi.
Pour écrire il ne faut pas être trop intelligent, il faut être un idiot fulgurant.
Le sondage est devenu une sorte de réalité supérieure ; ou pour le dire autrement, il est devenu la vérité.
Il n'est si petit chat qui n'égratigne.
Il ne faut pas connaître ses amis avant leur gloire.
Il y a des écrivains qui ne parlent que de leur difficulté, de leur douleur. Si j'écris c'est parce que j'ai envie d'écrire.
L'embêtant avec la résurrection, c'est qu'il faut mourir avant.
L'oiseau qui n'a jamais volé, le jour où il vole, il fait le tour du pays.
Là où il y a trop, il manque quelque chose.
Massage : Malaxage de chairs gratuit ou tarifé selon qu'il est pratiqué par amour ou sur ordonnance.
Comprendre ne peut être qu'une longue construction ; dire que l'on n'a pas compris, c'est faire preuve d'une vive intelligence. Comprendre qu'on n'a pas compris, c'est ce qu'il y a de plus difficile à admettre.
Arrête de chercher l'homme de ta vie, cherche plutôt l'homme de ta nuit... Et peut-être qu'un jour, s'il est à la hauteur, et bien peut-être que toutes vos nuits ensemble ça fera une vie, tout naturellement !
Dans les grandes actions, il faut uniquement songer à bien faire, et laisser venir la gloire après la vertu.
Il ne faut pas que je pense que je ne veux pas penser. Parce que c'est encore une pensée.
Pour chaque être, il existe une sorte d'activité où il serait utile à la société, en même temps qu'il y trouverait son bonheur.
Il y a certains chefs qu'on suit d'autant plus aveuglément qu'il faut être aveugle pour les suivre.
Il faut craindre que l'ambition ne soit la couverture de l'orgueil, mais que la modestie ne soit qu'un prétexte à la paresse.
Le critique a toujours le mérite imbécile de se prendre au sérieux. Il n'a d'ailleurs souvent que celui-là.
Tout homme qui se connaît des sentiments élevés a le droit, pour se faire traiter comme il convient, de partir de son caractère, plutôt que de sa position.
Dans le monde, il y a trois sangsues : la punaise, la mouche et le brahmane.
Un homme va au Savoir comme il part pour la guerre. Bien réveillé, avec de la peur, du respect et une assurance absolue.
Contre le passé y a rien à faire. Il faudrait changer les héros.
Celui qui ne peut pas se corriger lui-même, comment peut-il corriger les autres ?
Un homme révèle son caractère même dans les choses les plus simples qu'il fait.
Il n'y a rien de plus ironique ou contradictoire que la vie elle-même.
Il faut gagner sa paix intérieure.
La conscience est cette voix intérieure qui nous avertit qu'il y a peut-être quelqu'un en train de nous regarder.
Il faut être écrivain de profession pour écrire sur ce qu'on ne sait qu'à moitié, ou sur ce qu'on ne sait pas du tout.
Il y a un âge où le bruit plaît plus que la musique, et l'acidité des fruits verts plus que la saveur des fruits mûrs.
La politique, c'est comme la musique ou la prostitution : il faut commencer jeune.
Tous les jours, Dieu s'installe sur le trône de la justice pour juger le monde. Mais quand il s'aperçoit que le monde mériterait tout à fait d'être détruit, il abandonne alors ce trône pour aller s'asseoir sur celui de la Miséricorde.
Peut-être n'existe-t-il pas de bonheur plus parfait que le martyre.
Il n'y a que deux espèces qui, sur cette terre, sont capables, quelquefois, de se donner entièrement à la camaraderie, avec les yeux : l'homme et le chien
Quand on se croit destiné à produire de grandes choses, il est difficile de ne pas les laisser pressentir : le boisseau a toujours des fentes par où passe la lumière.
On ne laisse pas un homme nous quitter... Il faut l'abandonner, c'est une volupté qui ne rate pas son effet.