Un homme âgé n'est plus en devenir social, il est en devenir de vieillissement et de mort, en devenir humain. Il n'a plus à en être, il est au coeur de l'être pur.
Il faut avoir le courage dans la vie de quitter sa péniche, sinon on vogue au fil de l'eau en se faisant du cinoche et on crève sans être allé ailleurs qu'au cinoche.
Tous les États-nations naissent et se fondent dans la violence. Je crois cette vérité irrécusable. Sans même exhiber à ce sujet des spectacles atroces, il suffit de souligner une loi de structure : le moment de fondation, le moment instituteur [...] ► Lire la suite
Pour nous, le choix est fait. Nous sommes de ceux qui refusent d'oublier. Nous sommes de ceux qui refusent l'amnésie même comme méthode. Il ne s'agit ni d'intégrisme, ni de fondamentalisme, encore moins de puéril nombrilisme.
Chacun parla d'amour ainsi qu'il l'entendit.Je dis ce que mon coeur, ce que mon mal me dit,Que celui aime peu, qui aime à la mesure.
Ce n'est pas seulement aujourd'hui mais depuis bien longtemps que sont critiqués ceux qui restent assis en silence, et ceux qui parlent avec profusion. Il n'est nul être au monde qui échappe à la critique.
Mais aujourd'hui encore je pardonne difficilement, aux intellectuels surtout, la complaisance, sinon la complicité devant l'erreur. Ils ont le droit de se tromper, pas de tromper les autres, même par prudence ou tactique, par solidarité ou par discipline. Par discipline ! Un intellectuel discipliné est-il un intellectuel ?
Prenez tout exactement tel qu'il est, mettez-le entre les mains de dieu et laissez-le Lui.
Peu importe si je suis meilleur que Cristiano Ronaldo, mais il faut que Barcelone soit meilleur que Madrid.
Conquérir l'amitié d'un chat est chose difficile. C'est une bête philosophique, rangée, tranquille, tenant à ses habitudes, amie de l'ordre et de la propreté, et qui ne place pas ses affections à l'étourdie: il veut bien être votre ami, si vous en êtes digne, mais non pas votre esclave.
Il n'y a que deux personnes dans votre vie à qui vous devriez mentir... la police et votre petite amie.
Trois puissances gouvernent les hommes : le fer, l'or et l'opinion ; et quand le despotisme a lui-même détruit cette dernière, il ne tarde pas à perdre les deux autres.
Dans sa volonté de supprimer les intermédiaires, il cherchait le moyen de passer directement du foin au lait sans passer par la vache.
L'imagination a été donnée à l'homme pour compenser ce qu'il n'est pas. L'humour pour le consoler de ce qu'il est.
Il n'y a pas de fatigue pour celui qui crée.
Le premier venu, pourvu qu'il sache amuser, a le droit de parler de lui-même.
Il n'y a pas de problème assez énorme pour qu'on ne puisse pas le fuir.
Un homme n'est pas bon à tous, mais il n'est jamais propre à rien.
Il n'y a pas d'éloquence solitaire et tout orateur a deux génies, le sien et celui du siècle qui l'écoute.
Mon chien est athée : il ne croit plus en moi.
Il me semble voir dans une pharmacie homéopathique le protestantisme de la médecine.
Il y a des esprits qui vont à l'erreur par toutes les vérités ; il en est de plus heureux qui vont aux grandes vérités par toutes les erreurs.
Il n'y a que deux grands courants dans l'histoire de l'humanité : la bassesse qui fait les conservateurs et l'envie qui fait les révolutionnaires.
Il y a deux sortes de ruminants : les bovidés, qui ruminent l'herbe, et les humains qui ruminent du verbe.
Conseil aux écrivains : à un moment donné, il faut cesser d'écrire. Même avant d'avoir commencé.
Il en est des femmes comme des fous : il ne faut pas les défier.
L'homme est toujours le même : les systèmes qu'il crée sont toujours imparfaits, et d'autant plus imparfaits qu'il est sûr de lui.
Il existait, naguère, un exercice auquel devait se livrer tout candidat à l'élection : la rédaction de sa profession de foi. Nous avons gardé la profession, mais nous avons perdu la foi.
Il faut reconnaître une grande vérité d'où naissent les amertumes des hommes de parti : un soldat déteste plus son lieutenant que le lieutenant de l'armée ennemie.
« Musicien, assieds-toi et écris un livreQue tout le monde puisse lire. »Il dit et s'en alla.Alors, je cueillis un roseau.
Nous vivons une époque où il faut savoir rire de soi d'abord avant de rire des autres.
Il est impossible d'expliquer philosophiquement pourquoi on aime et veut être aimé par telle personne précise à l'exclusion de toute autre.
Il a une fois demandé l'aumône d'une statue et, lorsqu'on lui a demandé pourquoi il l'avait fait, il a répondu: "Pour s'entraîner à être refusé."
N'oubliez pas que personne ne décide pour qui il va voter en fonction du vice-président.
Beaucoup de gens ont de jolies petites têtes, mais il est difficile de trouver un joli petit esprit.
J'ai beaucoup appris depuis que je vais à l'étranger. Il faut s'ouvrir sur le monde.
Lorsqu'on désire plaire à quelqu'un, il faudrait toujours être ignorant.
Un ami m'a confié : "Penser... penser... j'en ai perdu l'habitude. Il y a vingt-cinq ans que je suis dans la police".
Qu'il faut l'amour pour pardonner aux maladresses de l'amour !
Il est parfois utile de dire carrément ce qu'on pense surtout si l'on a la réputation d'être retors.
Pour avoir quelque autorité sur les hommes, il faut être distingué d'eux. Voilà pourquoi les magistrats et les prêtres ont des bonnets carrés.
La sagesse des siècles nous apprend qu'il suffit d'approfondir une chose pour en connaître plusieurs autres.
Un vice est comme un amour, il n'y a rien qu'on ne lui sacrifie.
Ce qu'il y a de plus heureux pour les historiens, c'est que les morts ne puissent protester.
Pour obtenir des résultats cent fois supérieurs à ceux de la plupart des gens, il suffit de leur être supérieur de 10 %.
Il y a tellement de rebondissements dans mes livres qu'on les croirait en caoutchouc.
Il y a les gens qui se respectent, et ceux qui ne se respectent pas. Ces derniers sont les éternels vainqueurs.
Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense ; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.
Tout en lisant l'histoire de la vie, il faut en feuilleter toujours le roman.
Plutôt que de savoir ce qui a été fait, combien il vaut mieux chercher ce qu'il faut faire.