Au théâtre, personne n'obtient rien de ce qu'il veut, ni des acteurs, ni du décorateur, ni du public, ni de soi-même. Et ça peut finir par de l'enthousiasme.
Il ne faut pas employer ceux qu'on soupçonne, ni soupçonner ceux qu'on emploie.
L'homme, bien qu'il soit lui-même mortel, ne peut se représenter ni la fin de l'espace, ni la fin du temps, ni la fin de l'histoire, ni la fin d'un peuple, il vit toujours dans un infini illusoire.
Pour expliquer un brin de paille, il faut démonter tout l'univers.
Si l'être humain ne dispose pas du moyen d'accéder à la connaissance de "la vérité", il peut, à travers son langage, en découvrir un reflet, et éventuellement s'engager dans cette perspective.
Pour nous punir de notre paresse, il y a, outre nos insuccès, les succès des autres.
Il en va de la lecture comme de toute débauche : fuite en avant, enfoncement sans fin.
Pas plus sans doute que l'on aime ou que l'on souffre, il ne faut dire que l'on écrit.
L'homme n'invente l'éternité de son existence que dans les sentiments qu'il partage.
Il suffit parfois d'un mot, d'un regard, pour éviter l'irréparable. Ou le provoquer.
Quand le fait qu'on rencontre ne s'accorde pas avec une théorie régnante il faut accepter le fait et abandonner la théorie.
Je sais que Dieu ne peut pas vivre sans moi.Si je ne deviens pas trop, il doit renoncer à l'esprit de nécessité.
Le plus dur en France, c'est de devenir chômeur. Avant il suffisait de rater son certificat d'études, maintenant il faut avoir le bac, la licence, l'agrégation.
Dans la nature, il n'y a de défaut que l'esprit. Personne ne peut être qualifié de déformé, sauf le méchant.
Il faudrait tout de même que ma fille se rende compte que je suis une femme libre.
Et il est des gens qui disent: Seigneur! Accorde nous belle ici-bas, et belle part aussi dans l'au-delà; et protège-nous du châtiment du Feu!.
À ceux qui ne changent jamais d'opinion, il incombe particulièrement de bien juger du premier coup.
Il arrive un temps dans l'éducation de tout homme où il acquiert la conviction que la jalousie est de l'ignorance ; que l'imitation est du suicide ; et que, pour le meilleur et pour le pire, il doit en prendre sa part.
Le destin est joueur. Il nous met parfois dans la situation d'autrui, pour nous apprendre l'humilité.
Il y a beaucoup de gens qui lisent parce qu'ils sont trop paresseux pour penser.
Un gentleman est quelqu'un qui écoute l'histoire que vous racontez comme s'il l'entendait pour la première fois.
Nul n'est vraiment heureux aussi longtemps qu'il n'a pas appris à se passer du bonheur.
Le soleil se cache : quelles sont les horreurs qu'il refuse d'éclairer ?
Que peut-on bien boire là-haut d'où il ne tombe que de l'eau ?
On peut croire que l'on aime, mais cela ne suffit pas pour réunir un homme et une femme. Ils doivent vivre leur amour pour qu'il existe vraiment, ils doivent le mériter.
Un artiste ne peint jamais la vie tout à fait telle qu'elle est. Il la colore de sa personnalité et de ses désirs.
Il y a des femmes tellement précoces que l'on est tenté de se demander si elles ont été jamais vierges.
Il n'y a pas de différence énorme ente quelques millions et quelques milliards.
L'un de nos problèmes est l'uniformisation. Il n'y a plus de débats d'idées. Les gens suivent les sondages et les top 50. Les jeunes ne sont pas assez fous !
Il y a les livres que j'aime et ceux que j'admire ; je peux admirer un livre sans l'aimer.
Les moyens peuvent être comparés à une graine et la fin à un arbre ; et il existe le même rapport intangible entre les moyens et la fin qu'entre la graine et l'arbre.
De là à croire que la mouche qui nous pique le front pendant notre sommeil est envoyée par Dieu lui-même pour nous réveiller de notre paresse, il n'y a pas loin.
Dieu n'existe pas, il existe un besoin de Dieu, ce qui revient au même.
Tous ces gens sympas qui disent que je vais être champion du monde ne me feront pas avancer plus vite, il faut y croire soi-même.
Les carriéristes de passage ne me fascinent guère, mais il m'arrive de les trouver charmants...
Il faut que le jeune homme aussi bien que le vieillard cultivent la philosophie.
La poésie introduit juste ce qu'il faut de silence pour troubler le vacarme.
Il n'y a que deux sortes d'hommes : les uns justes, qui se croient pécheurs : les autres pécheurs, qui se croient justes.
Souviens-toi que le livre sacré n'est exalté par-dessus tous les livres que parce qu'il a subi lui-même l'épreuve du temps.
Il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n'est pas pareil.
Ce n'est pas parce que les choses sont impossibles qu'il faut les accepter.
Dans tous les partis, plus un homme a d'esprit, moins il est de son parti.
Il n'y a pas que des salauds au gouvernement, il y a aussi des incompétents.
Avec Dieu, ce qu'il y a de terrible, c'est qu'on ne sait jamais si ce n'est pas un coup du diable.
Il est bien rare que les petits osent attenter aux droits des grands. Il est bien naturel que l'orgueil des grands tende à méconnaître le droit des petits.
Il y a du vertige dans le péché et chacun de nous, tiré du néant ressent parfois la nostalgie du néant.
Il n'y a que le coeur qui aille aussi vite que les hirondelles.
Sur dix hommes distraits, il y en a neuf qui pensent à une femme.
L'autobus est un véhicule dans lequel il y a toujours de la place quand il va dans la direction opposée.
Il existe, dans le domaine sentimental, une virginité des mots ; ils la perdent non d'être prononcés, mais entendus une première fois.