C'est au contact d'autrui que l'homme apprend ce qu'il sait.
Il n'est point dessein de bourreau qui ne lui soit suggéré par le regard de la victime.
Tout ce que l'homme a fait de plus grand, il le doit au sentiment douloureux de l'incomplet de sa destinée.
Comme si ce n'était pas assez difficile d'être un homme ! Il faut être une femme en plus. Cette condition humaine aggravée.
Le souvenir d'un amour révolu, lorsqu'il demeure fortement dans la mémoire, n'est pas moins absorbant que ne l'était cet amour même.
L'homme d'action mérite d'être jugé sur ses actes, ou plutôt sur leurs conséquences, qui sont le plus souvent bien différentes de celles qu'il avait prévues.
Ne rends pas trop souvent visite à ton voisin, sinon il sera lassé de toi au point de te haïr.
Il y a une solitude, même entre mari et femme, un gouffre ; et cela, on doit le respecter.
La marque d'une grande âme, est d'avoir pitié de son ennemi lorsqu'il est dans la misère.
Dans tout ce qu'on entreprend, il faut donner les deux tiers à la raison, et l'autre tiers au hasard. Augmentez la première fraction, et vous serez pusillanime. Augmentez la seconde, vous serez téméraire.
L'avion, c'est pareil que le cinéma, il n'y a que des erreurs humaines. Un mauvais film, c'est une erreur humaine.
Quand on a envie de faire quelque chose, il faut plonger, quitte à se tromper.
La femme adultère est souvent une femme fidèle à la recherche de son homme, il y aurait lieu de la louer de cette persévérance.
Peu m'importe qu'il soit blanc, noir, jaune ou indien. Il suffit qu'il soit un homme, il ne peut rien être de pire.
S'il fallait choisir, je détesterais moins la tyrannie d'un seul que celle de plusieurs. Un despote a toujours quelques bons moments ; une assemblée de despotes n'en a jamais.
Un célibataire n'a pas la valeur qu'il atteint dans le mariage. Il ressemble à la moitié dépareillée d'une paire de ciseaux.
Le jazz est vif, douloureux, doux, tendre, lent ; il apaise, il bouleverse, c'est de la musique et ce qu'il rythme est vrai, c'est le pouls de la vie.
Mon psychiatre, pour quinze mille francs, il m'a débarrassé de ce que j'avais : quinze mille francs.
Il y a dans la peinture quelque chose de plus, qui ne s'explique pas, qui est essentiel.
Il ne faut pas changer, ou alors il faut que le changement soit devenu une habitude.
Il faut se lever, se laver, se vêtir Et ne plus chanter si l'on n'a plus rien à dire.
Il n'y a pas de longue journée qui ne se termine par une nuit.
Quand les Occidentaux parlent des "mystères de l'Orient", il est bien possible qu'ils entendent par là ce calme un peu inquiétant que secrète l'ombre.
J'ai un copain, il est pilote d'essai... enfin, il ne l'est pas encore ; pour l'instant, il essaie d'être pilote !
Ce bien-être que nous cherchons, il nous est donné par la beauté du monde. L'observer, la contempler, c'est un principe de régénération comme l'oxygène.
S'il est vrai que je suis poète par la grâce de Dieu - ou du diable -, je le suis aussi par la grâce de la technique et de l'effort.
Il y a des gens qui ne savent pas perdre leur temps tout seuls : ils sont le fléau des gens occupés.
Le pouvoir est une action, et le principe électif est la discussion. Il n'y a pas de politique possible avec la discussion en permanence.
Pour une femme qui nous inspire quelque chose de bon, il y a en cent qui nous font faire des sottises.
Les paroles sont aux pensées ce que l'or est aux diamants ; il est nécessaire pour les mettre en oeuvre, mais il en faut peu.
Quel homme de prières a-t-il pourtant jamais avoué que la prière l'ait déçu ?
Il ne peut y avoir de progrès véritable qu'intérieur. Le progrès matériel est un néant.
Il est facile d'être courageux avec une distance de sécurité.
Parler vrai n'est pas suffisant. Encore faut-il avoir quelque chose à dire...
Jamais Noé ne put si bien voir le monde que de l'arche malgré qu'elle fut close et qu'il fit nuit sur la terre.
Il vaut mieux être invité avec affection à manger des herbes, qu'à manger le veau gras lorsqu'on est haï.
Pour savourer, il faut s'arrêter, pour de vrai. Et inviter le corps au festin, à la merveille de l'instant présent. Ressentir alors avec tout son corps, tout son souffle, toute sa personne, ce que la vie nous offre.
Il faut toujours que les gens qui n'ont pas de vie se mêlent de celle des autres.
Le regard des autres vous effleure en permanence, certains jours, il est à la surface, et certains jours, il vous fait mal, mal à la peau, comme si on était légèrement brûlée.
Une fois que vous êtes vraiment mis au défi, vous trouvez quelque chose en vous. L'homme ne sait pas de quoi il est capable jusqu'à ce qu'on lui demande.
Il faut prendre le taureau par les cornes.
Il ne faut être ni trop loin, ni trop près des grands.
Si l'animal est reconnaissant, comment l'homme ne le serait-il pas ?
Si on ne voit pas la France depuis le rivage, c'est qu'il pleut ; si on la voit, c'est qu'il va pleuvoir.
L'égoïsme à l'état sauvage fait de l'homme une brute sans pitié, mais dompté par l'amour, il est source de beauté et de grandeur d'âme. L'amour de soi ne peut s'épanouir que s'il sait s'agrandir suffisamment pour englober les autres.
Il faut du courage pour vivre. Il en faut plus pour se donner l'illusion, ainsi qu'aux autres, qu'on est heureux de vivre.
Quel talent il faut pour écrire dans un journal ! 1° Prendre garde de glisser sur les épluchures et graillons de l'escalier qui monte au bureau de rédaction. 2° Plaire au garçon.
La vie en soi, pour elle-même, n'est pas sacrée : il faudra bien s'habituer à cette terrible nudité métaphysique.
Il n'y a pas de monstre chez Sade qui soit politiquement neutre et moyen : ou il vient de la lie du peuple et il a redressé l'échine contre la société établie, ou il est un prince, un ministre, un [...] ► Lire la suite
Qu'il fasse nuageux ou qu'il fasse clair, quarante jours d'hiver nous devons passer.