Treize à table n'est à craindre qu'autant qu'il n'y aurait à manger que pour douze.
Il n'est pas interdit de penser que si l'Angleterre n'a pas été envahie depuis 1066, c'est que les étrangers redoutent d'avoir à y passer un dimanche.
Comme dans toute société, il y a chez les jésuites quelques sujets intelligents et une majorité de sots qui, lorsqu'ils ne sont pas effarés, font les prétentieux et les vindicatifs.
Quand on veut se mêler de beaux-arts, il faut du goût, et le goût n'admet pas de compromis.
La peur incite à la cruauté. Et il vaut mieux être le bourreau que la victime.
Ne faut-il pas avoir perdu du temps pour en apprécier la valeur ?
J'écoute mon corps, il me parle sans répit.
La colère, même juste, déforme les choses et il ne faut rien aborder avec un gros coeur, un coeur déraisonnablement irrigué.
Le texte théâtral, s'il doit pouvoir être joué, doit aussi pouvoir être lu. Il faut retrouver le plaisir de la lecture au théâtre.
C'est à une fête infinie que nous invitent les plus humbles choses - les fruits comme les pierres, les herbes comme les astres - et il nous faut, pour en jouir, apprendre ce toucher immédiat de l'esprit dont les peintres ont le privilège.
La preuve que le pape ne connait rien à l'utilisation du préservatif, c'est qu'il l'a mis à l'index.
Dans un monde globalement barbare, il est réconfortant de savoir qu'entre le moment où ils se sont rencontrés et celui où ils se sont perdus, ils se sont aimés.
En règle générale, personne n'a l'argent qu'il mérite.
La liberté d'expression, c'est s'octroyer la possibilité de dire ce qu'il est interdit de dire. Dire seulement ce qui est permis, n'est pas l'usage d'une liberté mais l'usage d'un droit. Un droit pas essence est limité. La liberté est infinie, ou elle n'est pas.
Il faut surtout se méfier de ce petit groupe d'hommes égoïstes qui couperaient les ailes de l'aigle américain afin de plumer leurs propres nids.
N'est-ce pas Lui qui répond à l'angoissé quand il L'invoque, et qui enlève le mal, et qui vous fait succéder sur la terre, génération après génération, - Y a-t-il donc une divinité avec Allah? C'est rare que vous vous rappeliez!
Nous sommes tous des immigrés, il n'y a que le lieu de naissance qui change.
Il n'y a rien de plus odieux pour une femme que ces caresses qu'il est presque aussi ridicule de refuser que d'accepter.
Il est bon d'être ferme par tempérament, et flexible par réflexion.
Quand une fois on a accueilli le Mal chez soi, il ne demande plus qu'on lui fasse confiance.
Il est dans la probabilité que mille choses arrivent qui sont contraires à la probabilité.
La femme est la dernière chose que Dieu a faite. Il a dû la faire le samedi soir. On sent la fatigue.
Si pauvre type que soit tel prêtre, il a toujours la supériorité sur la plupart des autres hommes de n'être pas marié.
Il est bien des endroits ou la pleine franchise Deviendrait ridicule et serait peu permise.
Au temps heureux des cadrans solaires, il n'y avait pas l'ombre d'une exactitude.
Le bon sens sert à l'homme de piédestal ; il rehausse son génie... - Ou met en évidence sa bêtise !
Les formes et les choses se manifestent à celui qui n'est pas attaché à son être propre. Dans ses mouvements, il est comme l'eau ; dans son repos il est comme un miroir, et dans ses réponses, il est comme l'écho.
A force de bonté, il y a des gens qui finissent par être méchants.
Il n'y a d'heureux que ceux dont l'âme imprègne, illumine le corps et vit en symbiose avec lui.
Une femme, c'est comme un cigare, il faut souvent la rallumer.
Le mot paix est orphelin. Il ne connaît pas sa mère qui serait : pacifier.
Il ne suffit pas d'engranger les récoltes du savoir, du savoir-faire, ni de vendanger les fruits du savoir-être et du savoir-devenir, encore faut il accepter de les offrir pour s'agrandir ensemble.
La tournure des gens est si ambiguë qu'il suffit de se montrer tel qu'on est pour vivre ignoré et caché.
L'avantage du trait d'esprit, c'est qu'il est court - et léger. Il n'excède pas le poids maximum au-delà duquel il serait refusé par les mémoires moyennes.
Pour moi un tableau doit être une chose aimable, joyeuse et jolie, oui jolie ! Il y a assez de choses embêtantes dans la vie pour que nous n'en fabriquions pas encore d'autres.
À propos de chaque désir, il faut se poser cette question : quel avantage en résultera-t-il si je ne le satisfait pas.
Les relations sont comme un verre. Parfois il vaut mieux les laisser rompu que d'essayer de vous blesser en les remettant ensemble.
N'importe qui peut être plein d'allant et de bonne humeur quand il est bien habillé. Y a pas grand mérite à ça.
Même quand l'oiseau marche on sent qu'il a des ailes.
Il se pourrait que la vérité fût triste.
Il est sans comparaison plus facile de faire ce qu'on est, que d'imiter ce qu'on n'est pas.
Le viol d'une conscience ne fait-il pas nécessairement violence à une vertu ?
Pour acquérir le sens de l'argent, il n'est pas nécessaire de connaître les biens qu'il procure, il faut avoir éprouvé le mal qu'il donne à se laisser gagner.
Pour savoir jusqu'où va la cruauté de ces charmants êtres que nos passions grandissent tant, il faut voir les femmes entre elles.
L'homme tremble devant les maux qui ne l'atteindront pas et pleure continuellement les biens qu'il n'a pas perdus.
Quel que soit son prix, le vin vaut certainement plus que sa valeur d'achat car c'est la joie qu'il apporte dans toute la maison, la joie d'un rayon de soleil.
La solitude n'est pas l'isolement. On est toujours deux en un. Il y a les autres en soi.
Il ne faut pas se fier aux choses qui ne peuvent pas arriver, car c'est justement celles-là qui arrivent.
Il y a des gens chez lesquels la simple certitude de pouvoir les satisfaire fait naître des besoins spontanés.
Entre la chair et la chemise, il faut cacher le bien qu'on fait.