Tout est beau. Il faut parler d'un cochon comme d'une fleur.
Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.
Ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ?
Tout comme Dieu a donné des doigts différents à la main, il a donné des voies différentes aux hommes.
Après avoir fait l'amour, quoi qu'il arrive entre nous, ce qui s'est passé, nous marquera à jamais.
Le comédien a la vocation : il a suivi des écoles, est formé, fait du théâtre. Un acteur, c'est un accident...
Il n'y a rien de tel que le rire pour lutter contre l'intolérance.
Une petite ville est l'endroit où, si vous voyez, au restaurant, une jeune fille dîner avec un homme assez vieux pour être son père, il est son père.
Il faut accomplir nos rêves, autrement on se fane et on meurt.
Savoir demander. Il n'y a rien de plus difficile pour quelques-uns ni de plus facile pour quelques autres.
Homme. Animal si éperdu dans la merveilleuse contemplation de ce qu'il pense qu'il est, qu'il néglige ce qu'il devrait indubitablement être.
Vous pouvez voir le mauvais critique à ce qu'il commence par parler du poète et non du poème.
Il est aisé de faire perdre sa foi à un homme, mais il est difficile, ensuite de le convertir à une autre.
Un savant est un homme qui sait beaucoup de choses qu'il faudrait connaître mieux que lui pour savoir s'il n'est pas un âne.
La crainte est un ressort qu'il faut ménager ; il ne faut jamais faire de loi sévère lorsqu'une plus douce suffit.
Pour être heureux dans le monde littéraire, il faut avoir quelque chose et ne pas tenir à grand chose.
Les Irlandais. Ce peuple est si malheureux qu'il a toujours festoyé la mort comme une amie, et que nul danger ne peut l'éloigner d'une cérémonie funèbre.
Le monde est une caricature perpétuelle de lui-même ; à chaque instant il moque et contredit ce qu'il prétend être.
Il est permis à tout le monde de se tromper. A la condition de ne pas savoir à l'avance que l'on se trompe. Et surtout à celle d'avoir le courage de refuser de se tromper.
L'on doit se taire sur les puissants : il y a presque toujours de la flatterie à en dire du bien ; il y a du péril à en dire du mal pendant qu'ils vivent, et de la lâcheté quand ils sont morts.
Un artiste ne peint jamais la vie tout à fait telle qu'elle est. Il la colore de sa personnalité et de ses désirs.
Un homme est malheureux quand il a trop besoin des autres.
Les nations pauvres, c'est là où le peuple est à son aise ; les nations riches, c'est là où il est ordinairement pauvre.
Il faut dépenser son argent discrètement sans entendre tinter les pièces ni sentir leur odeur.
Il y a trois choses qui nous accompagnent jusqu'à la mort : le sang, l'urine, et les excréments.
Il y a toujours quelque chose de profondément émouvant dans la perfection, où qu'elle se loge.
Le Parisien dans le métro est un ascète. Il est capable de vivre en apnée et même, porté par la masse humaine, de léviter.
Écrire est un acte. Le livre est le résultat d'une liaison, d'un désir, d'un rapport. Il s'agit de sexualité.
Dieu n'existe pas, il existe un besoin de Dieu, ce qui revient au même.
Si l'on veut de la solidarité sociale, il faut qu'on ait, soit un ennemi extérieur, soit une minorité opprimée.
Je déteste le luxe. Je fais preuve de modération... Il sera facile d'oublier votre vision et votre objectif si vous avez de beaux vêtements, des chevaux rapides et de belles femmes. [Auquel cas], vous ne vaudrez pas mieux qu'un esclave, et vous perdrez sûrement tout.
Il a passé une nuit avec les grenouilles, le lendemain, il s'est mis à croasser.
À partir du moment où l'on décide de se lancer dans une histoire d'amour, il ne faut pas craindre les blessures, les fragilités qu'entraîne toute passion et l'idée de la perte de l'autre, qui peut survenir à chaque instant.
Je crois fermement que les choses se passent comme elles devraient. L'univers tourne comme il est censé le faire.
Je veux continuer à dire mon amour de la vie, c'est tout, même s'il y a des moments où je suis vraiment déprimé, révolté, par tout ce que je lis ou vois à la télévision.
Il m'embrassa avec tendresse et adoration ; j'oubliai la foule, les lieux, l'heure, la raison... me rappelant juste qu'il m'aimait, qu'il me voulait, que j'étais sienne.
C'est un homme adorable ! Ca ne veut pas dire qu'on peut l'adorer - ça veut même dire le contraire - mais il est adorable !
Il n'y a pas d'amitié possible entre deux hommes politiques, au moins dans le même parti.
Un grand auteur est celui dont on entend et reconnaît la voix dès qu'on ouvre l'un de ses livres. Il a réussi à fondre la parole et l'écriture.
Il est moins coûteux d'acheter son lait que d'avoir une vache.
Il y a des époques où, sur son lit de mort, le philosophe peut déclarer : "Heureusement que j'ai été incompris !"
Il n'y a que les gens médiocres pour penser à tout.
On peut croire que l'on aime, mais cela ne suffit pas pour réunir un homme et une femme. Ils doivent vivre leur amour pour qu'il existe vraiment, ils doivent le mériter.
A un pauvre il lui faut peu de chose pour que ce lui soit de l'extraordinaire.
Il en faut des pauvres pour faire une vraie paroisse. Sans les pauvres, le banquet du ciel ne serait pas complet.
Il y a des gens qui font l'amour sans esprit, comme ils boivent et mangent.
Il faut souvent vivre des choses éprouvantes pour se préoccuper des choses essentielles de la vie.
Tout est si simple et si facile quand on rêve. Comment ensuite continuer tout bonnement d'exister comme s'il n'y avait pas eu cette parenthèse brûlante.
C'est assez à un vieillard de l'infirmité de son âge, il ne doit pas s'embarrasser d'autres chagrins.
Il est contre l'ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné.