Il y a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir ; l'excès du malheur procure une espèce de sécurité, havre de grâce pour l'âme naufragée qui n'ose plus croire.
Toutes les religions ont eu leurs mystères, et il semble que, sans cela, il n'y aurait point de religion.
Si on ne suppose pas que les hommes ont tous la même intelligence, et l'ont toute, il n'y a plus ni vérité ni erreur.
Ah quelle erreur ! quelle folie ! De ne pas jouir de la vie ! C'est aux jeux, c'est aux amours Qu'il faut donner les beaux jours.
Contrairement aux États-Unis, où le terme "résilience" est d'usage courant, tel un marqueur d'optimisme, en Europe il est plus difficile de l'imposer, comme si nous avions un penchant pour le misérabilisme.
Quelle belle chose, le bon sens. Comme il est dit quelque part, c'est la chose au monde la mieux partagée.
Je pense que les hommes peuvent tout faire, mais qu'il ne dépend pas d'eux que ce qu'ils font soit bien ou mal.
Vous pouvez être tout ce que vous voulez être, il suffit de vous transformer en tout ce que vous pensez que vous pourriez être.
Il y a des coups de poignard qui se perdent.
Je ne puis pas plus te montrer un papillon dans une chenille, qu'une fraise dans sa fleur : il faut que le soleil ait mûri l'un et l'autre.
Qu'est-ce qu'un prophète ? C'est un homme qui écoute encore les voix qu'il entendait lorsqu'il était enfant et qui croit toujours en elles.
Pour ma part, je suis hétérosexuel. Mais il faut le reconnaître, le bisexuel a deux fois plus de chances le samedi soir.
Il est bon d'apprendre à être sage à l'école de la douleur.
La gloire est comme un cercle dans l'onde qui va toujours s'élargissant, jusqu'à ce qu'à force de s'étendre, il finisse par disparaître.
C'est la vieille plaisanterie, nous tenons le monde et nous nous plaignons de ce qu'il nous tient.
Dans chaque existence humaine, il vient un jour, une heure, un bref instant où Dieu, tout à coup, daigne apparaître dans toute son évidence et nous tend brusquement la main.
Il ne suffit pas de "voir" un objet jusque-là invisible pour le transformer en objet d'analyse. Il faut encore qu'une théorie soit prête à l'accueillir.
La terreur est le sentiment qui arrête l'esprit devant ce qu'il y a de grave et de constant dans les souffrances humaines et qui l'unit avec la cause secrète.
Bientôt, il n'y aura plus de criminels, rien que des malades ; plus d'opposants, rien que des délinquants ; plus de déviants, rien que des tordus.
Si vous voulez connaître la valeur d'un individu, ne regardez pas tout ce qu'il possède, mais tout ce qu'il a donné.
La nature est un temple naturel où l'esprit de l'homme peut facilement s'absorber dans sa méditation, où il peut s'imprégner de la divine douceur de sentir un instant son humanité se délivrer des exigences terrestres.
Il faudrait pouvoir montrer les tableaux qui sont sous le tableau.
Le temps n'existe pas que dans la mesure où il nous échappe.
Tout porte à croire qu'il existe un point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et l'avenir, le haut et le bas, le communicable et l'incommunicable cesseront d'être perçus contradictoirement.
Le texte théâtral, s'il doit pouvoir être joué, doit aussi pouvoir être lu. Il faut retrouver le plaisir de la lecture au théâtre.
Pour tout français, la retraite est le but suprême de l'existence. C'est avec joie qu'il envisage sa vie de vieillard. Mastiquer avec une mâchoire édentée semble être le comble de ses délices.
Pour vivre tous les jours avec les mêmes personnes, il faut garder avec elles l'attitude qu'on aurait si on ne les voyait que tous les trois mois.
Il faut être discret quand on parle de son bonheur, et l'avouer comme si l'on se confessait d'un vol.
Seul le bonheur est sans mystère, car il se justifie par lui-même.
Rien n'est pire que la méchanceté ou la bonté pure. Il faut qu'elles s'encanaillent.
L'art de la vie publique, c'est de savoir exactement où il faut s'arrêter, et d'aller un peu plus loin.
Les funérailles sont, relativement au degré des civilisations des Gaulois, magnifiques et somptueuses. Tout ce qu'on pense que la mort chérissait est porté au bûcher, même des êtres vivants, et, il n'y a pas longtemps encore, la règle d'une cérémonie [...] ► Lire la suite
Il est rentré sans fesses dans le souk des péteux.
Il s'est pendu avec un élastique, on l'a retrouvé écrasé au plafond.
Un grand fils aime beaucoup à montrer à sa mère qu'il en sait plus qu'elle.
Les relations sont comme un verre. Parfois il vaut mieux les laisser rompu que d'essayer de vous blesser en les remettant ensemble.
Il est froid. Ne sourit pas. Je suis son faire-valoir, mais je ne dois rien valoir
Nous sommes tous des immigrés, il n'y a que le lieu de naissance qui change.
Pour identifier la main droite, il suffit de placer les deux mains à plat : la main droite est celle dont le pouce est à gauche.
Il est des sentiments si intraduisibles qu'il faut la musique pour les suggérer.
L'art de la police est de ne pas voir ce qu'il est inutile qu'elle voie.
Il faudrait convaincre les hommes du bonheur qu'ils ignorent, lors même qu'ils en jouissent.
Le premier qui s'est marié, il ne savait pas ; mais le deuxième, il est inexcusable.
Plus met-on de paille en l'étable et plus il y a de fumier.
Quand un homme regarde trois matchs de football d'affilée, il devrait être déclaré légalement mort.
Il faut façonner l'argile pendant qu'elle est molle.
Une femme, c'est comme un cigare, il faut souvent la rallumer.
Avec de la tendresse autour de soi, on n'est pas incapable de vivre... Il n'y a que les âmes tout à fait seules qui aient besoin de mourir...
Le vin est comme le sexe, il fait tomber les défenses.
Essayez de concevoir la seconde, que dis-je, le quart de seconde pendant lequel le criminel entend glisser le couperet qui doit le décapiter. Il n'y a rien de plus hallucinant.