Et meure Pâris ou Hélène,Quiconque meurt, meurt à douleurTelle qu'il perd vent et haleine;Son fiel se crève sur son coeur,Puis sue, Dieu sait quelle sueur !
La muraille de Chine est un très bel ouvrage mais il y a déjà trop de murs entre les hommes.
L'enfant qui dessine va droit à l'essentiel. Il suit la perspective du coeur qui dessine ce qui n'est pas, pour mieux voir ce qui est.
L'homme sérieux est dangereux ; il est naturel qu'il se fasse tyran.
Le pire danger qu'il y a à tromper autrui, c'est qu'on finit toujours par se tromper soi-même.
Le sacrifice est le rôle favori des femmes, il leur sied si bien devant le monde et il leur procure dans la solitude tant de douces larmes et de mélancoliques jouissances.
Pour être un adulte au rendement puissant il faut avoir été d'abord un enfant solidement formé en même temps qu'un enfant heureux.
Il n'y a pas une seule personne à qui on puisse confier ses peines sans lui donner une maligne joie et sans s'avilir à ses yeux.
L'homme cultive les vices qui lui sont profitables ; mais il a besoin de les légitimer ; il ne veut pas les sacrifier : il faut qu'il les idéalise.
S'il y a un plat universel, ce n'est pas le hamburger mais bien la pizza, parce qu'elle se limite à une base commune - la pâte - sur laquelle chacun peut disposer, agencer et exprimer sa différence.
Si l'on vient te dire que quelqu'un a mal parlé de toi réponds : "Il faut qu'il ignore tous mes autres défauts, pour ne parler que de ceux qui lui sont connus."
L'opinion publique, ce monstre puissant qui fait peur aux niais parce qu'il est fait de niais, qu'on imagine en foule.
Un ami est toujours un personnage à deux faces. D'un côté, il nous renvoie notre image, de l'autre il appartient à cette société qui nous est inconnue.
Pour vivre tous les jours avec les mêmes personnes, il faut garder avec elles l'attitude qu'on aurait si on ne les voyait que tous les trois mois.
Ce n'est pas parce qu'il y a une rose sur le rosier que l'oiseau s'y pose : c'est parce qu'il y a des pucerons.
Il est vain, à Paris, de monter sur ses grands chevaux ; ils ne mènent nulle part, et il n'y a plus d'allées cavalières.
Le coeur n'a pas de rides ; il n'a que des cicatrices.
Il n'est pas très facile d'admettre que la force morale possède autant de pouvoir et de vertu que le coup de poing; et que la maîtrise de soi qui refuse la riposte requiert plus de volonté et de courage que le réflexe automatique de rendre coup pour coup.
- C'est calme par ici. En prison, il y avait toujours du bruit, tu sais ? Quelqu'un qui criait, les gardes qui faisaient l'appel. Je m'y étais habitué... - Tu as raison. On devrait y retourner.
- Il y a un an, flics et avocats vous ménageaient. Que s'est-il passé ? - Que proposez-vous ? - C'est simple, tuer le Batman.
L'homme n'est point la somme de ce qu'il a, mais la totalité de ce qu'il n'a pas encore.
L'amour ne se commande pas : n'aime point qui veut et le coeur ne se fixe pas toujours où il devrait.
"Si" et "Quand" étant plantés, il poussa "Rien".
Il n'est pas d'incident si négligeable où ne s'inscrit la volonté de Dieu comme toute l'immensité du ciel dans une goutte d'eau.
Ce n'est pas tout de mourir ; il faut mourir à temps.
Le talent, c'est comme l'argent : il n'est pas nécessaire d'en avoir pour en parler.
Je pense que les hommes peuvent tout faire, mais qu'il ne dépend pas d'eux que ce qu'ils font soit bien ou mal.
L'idée de justice est au fond une idée de théâtre, de dénouement, de retour à l'équilibre ; après quoi, il n'y a plus rien. On s'en va. Fini le drame.
J'aimerai croire qu'il suffit d'un regard pour savoir qu'on s'aime encore, qu'on s'est trop aimés pour ne plus s'aimer. Tout passe avec le temps, tout. Mais ce qu'il reste, ce qui perdure par un grand mystère... C'est la vie, oui, la vie.
Toute confiance est dangereuse si elle n'est pas entière : il y a peu de conjonctures où il ne faille tout dire ou tout cacher.
Pour réussir, il ne suffit pas de prévoir. Il faut aussi savoir improviser.
Il faut croire dans le doute, passionnément, parce que c'est ce qui fait la beauté de l'Homme.
N'importe qui est capable de choisir ce qu'il préfère ; mais seuls les superbes savent préférer ce qu'ils choisissent.
En temps de guerre, le soldat a droit à une médaille quand il sait tirer et à un médaillon sur sa tombe quand il ne s'en tire pas.
Il est bon de nager près du bateau.
Dieu, s'il existe, il exagère.
Il faut autant d'énergie pour convaincre autrui avec une petite vérité qu'avec un gros mensonge.
Il faut s'aérer, sans se préoccuper ni des étiquettes, ni des dossards.
On se saoule parce qu'on a soif ou parce qu'on est tous ensemble et qu'il faut se supporter, ou peut-être même, comme ça, sans raison.
Je crois qu'il n'y a personne de plus profond, de plus beau, de plus sympathique et de plus parfait que Jésus.
Un érudit ne deviendra noble que lorsqu'il aura mis en pratique ce qu'il a appris, au lieu de simples mots.
Je crois qu'il est important pour une personne créative de se lancer régulièrement des défis et s'efforcer à produire des choses nouvelles.
Si l'homme avait ce qu'il mérite, il vivrait dans un extrême dénuement.
Il n'y a pas d'oeuvre achevée, il n'y a que des oeuvres abandonnées.
Pour savoir se venger, il faut savoir souffrir.
Je suis trop fier pour croire qu'un homme m'aime. Cela supposerait qu'il sache qui je suis.
Il ne faut pas mépriser l'homme si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts.
Le football américain, c'est comme la guerre nucléaire, il n'y a pas de vainqueur, juste des survivants.
Il n'est rien qui ait un goût plus amer que la vérité.
Si le diable pouvait, il dirait : Je suis celui qui ne suis pas.