Il faut bien souvent, pour servir ses amis, ne croire pas toujours ce qu'ils disent, et ne faire pas toujours ce qu'ils veulent.
Le courage consiste à choisir le moindre mal, si affreux qu'il soit encore.
Il y a deux degrés d'orgueil : l'un où l'on s'approuve soi-même ; l'autre où l'on ne peut s'accepter. Celui-ci est probablement le plus raffiné.
Il n'y a jamais eu qu'un moyen de se hisser au pouvoir, c'est de crier : Peuple, on te trompe !
Pour un artiste, il est aussi fatal d'épouser son modèle que pour un gourmet d'épouser sa cuisinière : le premier est privé des séances de pose et le second de dîner.
Le dictionnaire regorge de sentiers qui se croisent et s'entrecoupent. Un labyrinthe où il est agréable de se perdre, un dédale où l'on bute à chaque pas sur des pierres précieuses.
Il y a toujours un fond de mélancolie sur les sommets du bonheur.
La différence entre se mettre en scène soi-même et être dirigé par quelqu'un d'autre, c'est celle qu'il y a entre se masturber et faire l'amour.
Un sot, c'est généralement un homme du monde. La raison en est bien simple. Il n'a rien autre chose dans la tête, et il passe son temps à chercher des poses : des idées, c'est trop fatigant.
Le pire de tous les états de l'âme est l'indifférence ; il faut croire ; l'incroyance est la ruine non seulement des individus, mais des sociétés.
Quand un homme est assez heureux pour avoir une belle-mère très bien conservée, il lui est facile de la tenir pendant un certain temps en échec, pour peu qu'il connaisse quelque jeune célibataire courageux.
Pour se faire un nom, il faut être connu.
En tout amour il y a de l'égoïsme. Qui nous aime nous permet d'être nous-mêmes.
L'objet aimé n'existe pas, il n'est que le fruit de notre imagination.
Les ténèbres sont les mêmes pour tous, et personne ne sait où il va aborder.
Il y a autant de chemins qui mènent à Dieu qu'il y a d'êtres humains. Car même à l'intérieur de la foi, le chemin de chaque homme est entièrement personnel.
Quand l'homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue, qui ne ressemble pas à une jambe. Il a fait du surréalisme sans le savoir.
À la question de savoir quel vin il trouvait agréable à boire, il répondit : " Celui pour lequel les autres paient. "
Le suspense est comme une femme. Le plus laissé à l'imagination, plus il y a dl'excitation.
Je suis assez nostalgique de l'époque où j'ai commencé en France car il y avait cette espèce de candeur et d'amour véritable pour la musique.
Il y a souvent plus de sagesse dans un dicton populaire que dans un cours d'économie politique.
Vous les pourrirez comme vous l'avez pourri... Vous l'avez détruit, il ne distingue plus le bien du mal, il ne voit même plus le caractère sacré de la vie humaine. Je vous ai aimé et je l'ai aimé... Je suis désolée pour vous, désolée pour vous parce que rien ne peut plus vous sauver.
Le poème nous montre ainsi ce que l'on ne voit pas, sans que cela implique pour autant son irréalité ; il atteint plutôt un autre niveau de réalité
Ceux qui affirment qu'une automobile rend son possesseur paresseux ne savent pas le mal qu'il faut se donner pour parvenir à en payer les mensualités.
L'adolescence est une période où un jeune garçon se refuse à croire qu'un jour il sera aussi idiot que son père.
Il faut souvent donner à la sagesse l'air de la folie, afin de lui procurer ses entrées.
Pour taper sur le ventre d'un colosse, il faut pouvoir s'y hausser.
Et pour cet art de connaître les hommes, qui vous sera si important, je vous dirai qu'il se peut apprendre, mais qu'il ne se peut enseigner.
Il n'est pas de douleurs que le sommeil ne sache vaincre.
S'il est important de bien conduire un mouvement revendicatif, il faut aussi savoir le terminer.
Il n'y a qu'une manière d'être heureux par le coeur : c'est de ne pas en avoir.
La presse étant un sacerdoce, il faut bien pourvoir aux frais du culte.
Le plus grand mal que fait un ministre n'est pas de ruiner son peuple, il y en a un autre mille fois plus dangereux : c'est le mauvais exemple qu'il donne.
Un optimiste est un homme qui épouse sa secrétaire en s'imaginant qu'il pourra continuer à lui faire des réflexions sur sa mauvaise orthographe.
Faut-il croire que l'égoïsme est en définitive la meilleure voie à suivre pour être heureux ?
L'Ecriture nous dit que les années de l'homme sur la terre sont de soixante-dix. Il faut en conclure qu'au-delà, c'est du temps emprunté à l'éternité.
Regarde-le, c'est un mari fidèle. Oui, mais il n'y a pas d'homme plus triste sur la terre.
Avec les rêves aussi on peut faire des confitures. Il suffit d'ajouter des fruits et du sucre.
Qu'il y ait simulacre, imitation et fable, et que plusieurs prennent plaisir, non seulement à jouer, mais à regarder et à s'étonner : le théâtre se définit par là tout entier.
Il y a des hommes qui nous inspirent l'irrésistible besoin de les taquiner : ceux dont les vertus ne sont pas les nôtres.
Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ?
Comment peut-il être légitime qu'un homme règne sans partage sur d'autres hommes ?
Le dernier apparu des primates doit aller vers plus d'humain, c'est-à-dire devenir plus conscient de l'autre quel qu'il soit.
Un homme se console d'être doux en affirmant qu'il est féroce quand il s'y met.
Un père biologique est-il forcément écolo ?
Un homme ouvrit un commerce de cercueils d'occasion. L'idée était originale. Mais il avait du mal à s'approvisionner.
Il faut être patient si l'on veut apprendre à connaître les animaux.
Mais si le sport fortifie, il apaise également. À condition de demeurer un adjuvant et de ne point devenir un but, il sait produire l'ordre et clarifier la pensée.
La France est un pays extrêmement fertile. On y plante des fonctionnaires. Il y pousse des impôts.
Fais maigrir ton chien et il te suivra ; fais grossir ton chien, et il te mordra.