Car le monde quand il vacille, ne tient qu'au fil des filles gentilles.
La véritable nature d'un individu ne se manifeste jamais aussi clairement qu'au moment où il subit une vexation, un outrage ou une offense.
Tout d'un coup, il m'est devenu indifférent de ne pas être moderne.
Lorsqu'une fois qu'une République est corrompue, il n'y a aucune possibilité de remédier à l'un des maux croissants qu'en supprimant la corruption et en restaurant ses principes perdus ; toute autre correction est ou inutile ou un nouveau mal.
Il est souhaitable d'établir un droit d'asile européen.
Ne méprise personne, il n'est personne qui ne puisse avoir son moment.
Il se passe, entre un roman et son lecteur, un phénomène analogue à celui du développement des photos, tel qu'on le pratiquait avant l'ère du numérique.
Il y a ceux qui commandent aux mots et ceux qui commandent aux faits : tu dois comprendre qui commande aux faits et faire mine de croire ceux qui commandent aux mots.
Afin qu'une lampe continue de brûler, il faut y ajouter de l'huile.
Le génie c'est quelqu'un qui vise un objectif qu'il est seul à distinguer, et l'atteint.
Il est doux de se croire malheureux, quand on n'est que vide et ennuyé.
Ce serait un crime de montrer les beaux côtés de la guerre, même s'il y en avait !
Il est quelquefois agréable à un mari d'avoir une femme jalouse ; il entend toujours parler de ce qu'il aime.
Entre un penseur et un érudit, il y a la même différence qu'entre un livre et une table des matières.
Il nous faut tout simplement savoir si nous voulons entendre Dieu, non pas là où nous avons envie de l'entendre, mais là où il nous parle vraiment.
Il n'y a rien de véritable, l'opinion de tous fait l'opinion de chacun.
Une jeune femme a beau se convaincre que tous les hommes sont des vauriens, il en vient toujours un qui a l'air d'une exception.
On n'a même plus le temps d'être un enfant qu'il faut se dépêcher de devenir un homme.
Il n'y a plus d'art populaire parce qu'il n'y a plus de peuple.
Il est tout de même curieux que l'écrivain se délivre d'une réalité en créant une autre réalité.
Il ne faut pas croire au néant, même si c'est la vérité.
Il y a deux attitudes possibles devant la mort. Ce sont les mêmes attitudes que devant la vie. On peut les fuir dans une carrière, une pensée, des projets. Et l'on peut laisser faire - favoriser leur venue, célébrer leur passage.
L'homme n'est pas une créature destinée au bonheur. Voilà. Il est confronté à cette angoisse qui n'existe pas chez l'animal : la conscience du futur. Et plus encore, celle de la mort.
Comment peut-il être légitime qu'un homme règne sans partage sur d'autres hommes ?
L'ordinateur parfait a été inventé : on entre un problème et il n'en ressort jamais !
Il y a une grande différence entre une liaison durable et un amour constant.
Les grands peintres seuls partent d'un point fixe, et c'est à cette expression pure qu'il leur est difficile de revenir dans l'exécution.
Le poète est passé : il n'est plus de délire qui ne soit oeuvre d'art. Le vieux corbeau devient un oiseau-lyre. Il n'est jamais trop tard.
Il racontait avec douceur, regardant dans l'air des choses que les autres ne voyaient pas.
Quand l'homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue, qui ne ressemble pas à une jambe. Il a fait du surréalisme sans le savoir.
Il faut garder les yeux et le coeur ouverts - il y a toujours de nouvelles choses à découvrir, de nouveaux problèmes à résoudre.
N'importe quel lâche peut mener une bataille quand il est sûr de gagner.
Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l'on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n'assiège plus car la vie s'en est allée ailleurs.
Il y a plus de fleursPour maman dans mon coeurQue dans le monde entierPlus de merles rieursPour maman dans mon coeurQue dans tous les vergersEt bien plus de baisersPour maman dans mon coeurQu'on en pourrait donner.
L'homme prospère est comme l'arbre : les gens l'entourent tant qu'il est couvert de fruits ; mais sitôt les fruits tombés, les gens se dispersent à la recherche d'un arbre meilleur.
Un mari ne peut savoir combien la voix humaine peut changer tant qu'il n'a pas entendu une femme interrompre une querelle pour répondre au téléphone.
Le critique assassine l'auteur quand il est vivant, une fois mort le plus souvent il le ressuscite.
Quand on peut user de violence, il n'est nul besoin de procès.
Encore eut-il phallus que je la connasse pour que je la susse !
Les pauvres gens ne soupçonnent jamais le diable, quand même il les tiendrait à la gorge.
Il n'est point nécessaire que toutes les questions trouvent leur réponse. Pour les plus importantes, c'est déjà beaucoup qu'elles aient été posées.
Il y a des gens à qui la mort donne une existence.
Sous sa carapace de lâcheté, l'homme aspire à la bonté et veut être aimé. S'il prend le chemin du vice, c'est qu'il a cru prendre un raccourci qui le mènerait à l'amour.
Dès que l'homme est trop heureux, il reste seul ; et il reste seul, également, dès qu'il est trop malheureux.
L'âge n'est qu'un simulacre. Au plus profond de soi, il n'y a de vif et de vrai que son enfance et sa jeunesse.
Une seule phrase compte dans un livre, et il n'est pas donné à celui qui écrit de savoir laquelle.
Le lecteur vulgaire s'assied face au texte et il ne voit rien que la sotte apparence des choses. Le critique au contraire se recule et se penche, rien ne lui échappe du contexte.
La vie peut être plaisante. Il suffit de s'en donner la peine !
Il ne faut pas multiplier les épithètes sans nécessité ; car tout mot qui n'est pas nécessaire nuit à la liaison.
Les enfants sont aussi vieux que le monde, il y en a qui rajeunissent en vieillissant, ce sont ceux qui ne croient plus à rien.