Qui se grise de rêverie est d'autant plus prêt au délire qu'il prolonge son extase.
L'avantage de l'ordinateur est double. Il perçoit beaucoup plus vite et paye encore plus lentement.
Lorsqu'on écrit, il faut tout imaginer, toujours, mais les coups d'oeil qu'on peut jeter sur la vie d'autrui fournissent des clous sur lesquels accrocher les histoires et les personnages qu'on invente.
Il n'est point de haine implacable, sauf en amour.
Pour juger de quelqu'un, il faut lui avoir vu jouer le dernier rôle.
Il n'y a que deux attitudes : se résigner ou se révolter. Toutes deux exigent la même liberté et la même lucidité. Malheureusement, nos révoltés sont encore et toujours beaucoup trop résignés, et nos résignés beaucoup trop révoltés.
Il ne peut y avoir ici-bas de bien-être parfait sans la patrie.
Etrangement, le projet fondamental du socialisme, libérer l'homme de la Chose, semble, dans son application concrète, l'y avoir aliéné davantage. De l'ordre des Choses, il n'a rien renversé.
Faut-il toujours un cadavre pour que vienne un nouveau-né ?
La honte d'être un homme, y a-t-il une meilleure raison d'écrire ?
Il est important de trouver ce qui vous convient vraiment, car le style n'est pas seulement ce que vous portez, c'est ce que vous projetez.
Vous ne pouvez pas faire voter cinq loups et un mouton sur ce qu'il faut manger pour le dîner.
Il suffit de se tromper pour être spontané.
Il est important, en allant après un but, de ne jamais perdre de vue l'intégrité du voyage.
L'être humain a besoin d'être flatté, sinon il ne devient pas ce qu'il est destiné à devenir, pas même à ses propres yeux.
Le Temps n'a d'autre fonction que de se consumer : il brûle sans laisser de cendres.
Dans l'opinion qu'il y ait un Dieu il peut se trouver des difficultés, mais dans l'opinion contraire il y a des absurdités. Aussi reconnaître qu'il y ait une Dieu est la chose la plus vraisemblable que les hommes puissent penser.
Tout en lisant l'histoire de la vie, il faut en feuilleter toujours le roman.
En soi les buts de l'écrivain sont louables, mais il faut avoir du génie pour les réaliser et ça c'est quelque chose d'immatériel que Dieu seul peut donner selon son bon plaisir.
Mais est-ce qu'il ne se pourrait pas que le langage ait d'autres effets que de mener les gens par le bout du nez à se reproduire encore, en corps à corps et en corps incarné.
Il n'y a rien de plus irritant que les choses dont on ne peut saisir la nature. Elles mettent au défi notre manie de tout nommer, de tout ranger par catégories précises.
Il est difficile de définir les choses vraies.
Le genre humain, mauvais de sa nature, est devenu plus mauvais que la société. Chaque homme y porte les défauts : 1/ de l'humanité ; 2/ de l'individu ; 3/ de la classe dont il fait partie dans l'ordre social.
Le fanatisme, toujours serviteur du faux. Même au service du vrai, il serait haïssable.
Il faut à la parole même une matière.
Quand je vois le nombre de gens qui sont partis en vacances avec leur sans-fil, je me dis que s'il y avait eu des fils, on n'aurait pas fini de défaire les noeuds.
Quand un jockey a droit à un peu de chantilly, c'est qu'il s'agit de l'hippodrome.
Il est beaucoup plus difficile de ne pas croire que de croire en Dieu, les vrais athées sont presque introuvables.
L'Elephant Man a quelque chose à l'intérieur de lui, qui pousse dans son corps. Il n'était pas un être humain parfaitement accompli mais il avait quand même des qualités très spirituelles. C'était comme si deux choses se passaient en lui, une dans son corps et l'autre qui gardait sa personnalité si innocente et bonne.
Il est un temps de se moquer, et un temps qu'on puisse se moquer de vous.
Il y a de bons moments dans notre travail, d'autres très longs ou qui sombrent dans une écrasante banalité. Il y a les bonds en avant, les régressions les jours où sentant qu'il est trop agité je l'emmène promener. Parfois nous allons voir des musées, des expositions ou des magasins qui ne l'effraient pas.
Si le fou persistait dans sa folie, il trouverait la sagesse.
Comme il est facile de pardonner le mal que l'on nous a fait quand nous l'avons oublié !
Il vaut mieux être incapable de faire quelque chose plutôt que d'en être capable et de ne pas le faire.
Celui qui sait qu'il sait, écoute-le. Celui qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le. Celui qui ne sait pas qu'il sait, éveille-le. Celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, fuis-le.
Le kwassa-kwassa pêche peu. Il amène du Comorien.
Il n'y aurait rien de pire à mes yeux que de participer à un projet préconçu, prémâché, formaté.
Il n'y a que les hommes de Bien qui peuvent aimer véritablement la liberté. Les autres n'aiment que la débauche.
Il faut soutenir les femmes partout dans le monde, là où elles se battent pour défendre leurs droits.
L'amour c'est comme le Tour de France : on l'attend longtemps et il passe vite.
Il est des entreprises pour lesquelles la vraie méthode est un désordre intentionnel.
Suis le vieux boeuf, il sait où il va.
Le malheur d'être riche, c'est qu'il faut vivre avec des gens riches.
Il vaut mieux employer notre esprit à supporter les infortunes qui nous arrivent qu'à prévoir celles qui nous peuvent arriver.
Quand on veut plaire dans le monde, il faut se résoudre à apprendre beaucoup de choses qu'on sait par des gens qui les ignorent.
Tout ce qui est sage a déjà été pensé : il faut essayer seulement de le penser encore une fois.
On ne doit pas plus exhiber sa culture que ses biceps. Il faut qu'elle saille sous la phrase comme les muscles sous le vêtement.
Pour le diplomate, le dernier mot de l'astuce est de dire la vérité quand on croit qu'il ne la dit pas, et de ne pas la dire quand on croit qu'il l'a dit.
Il semble qu'il y ait, dans toute destinée, comme un rythme régulateur des événements, et qu'à chaque période de violence et de tumulte succède inévitablement une période de détente et de stagnation.
Il n'y a qu'un précepte : s'aimer. Aimer les autres est un a posteriori.