Mon père ne m'a jamais expliquer la vie, il vivait, et me laissait le regarder.
Personne n'est absolument libre, car il y a aussi les esclaves de leur indépendance.
Comme les ennemis sont mortels, il n'est somme toute que d'attendre.
Quand on a "une dent" contre quelqu'un, il est inutile de mâcher ses mots.
Moins un journal a d'abonnés, plus il est libre.
Il n'y a pas d'endroit agréable, puisque notre corps nous empêche de sortir.
Seul celui qui a franchi la lisière de la mort pourrait enseigner, seul il sait.
Il est difficile de rester neutre lorsqu'on est victorieux.
Il est impossible d'être totalement libre si on n'est pas seul.
Il faut renouveler les souvenirs, ils s'épuisent trop vite.
Seule. On ne l'est jamais, même en dépit des apparences. Il y a toujours une multitude d'êtres à qui nous demeurons nécessaires.
Il n'est pas impossible que la prolifération des automobiles entraîne un accroissement de la lecture.
On peut fort bien vivre sans âme, il n'y a pas de quoi en faire une histoire, cela arrive très souvent. Le seul problème, c'est que les choses ne viennent plus vers vous, quand vous les appelez par leur nom.
J'ai toutes les raisons de t'aimer. Il me manque la déraison.
L'ouvrage est toujours gai quand il se fait gaiement.
Il y a beaucoup de gens qui sont dans l'addition des colères et l'addition des blocages, ça ne fait pas un projet pour le pays.
Il y a longtemps Mon père m'a dit que c'était un péché de trop s'inquiéter.
Ne comprenez-vous pas combien il est dramatique d'être un comique? Être fou, pour faire rire les gens à son spectacle?
La vérité c'est que je ne me reconnaissais pas en mon père, et je ne crois pas qu'il se reconnaissait en moi. Nous étions deux étrangers qui se connaissaient très bien.
Le philosophe fait bien son travail s'il parvient à faire naître de véritables doutes.
Il vaut mieux dater d'un siècle que d'une saison.
L'érotisme réside dans la possibilité d'un geste. Il appartient au domaine du rêve.
Pour juger de quelqu'un, il faut lui avoir vu jouer le dernier rôle.
Il faut aider l'enfant à lire : celui qui semble savoir lire ne doit pas être abandonné trop tôt au tête à tête avec ses livres; celui qui hésite un peu doit être secouru, encouragé...
Ce n'est que ridicule d'être sourd, c'est triste d'être aveugle. On peut ainsi mesurer la différence qu'il y a entre la nature visible et les hommes qui parlent.
Il faut pomper pour vivre et donc vivre pour pomper.
Mais ce qui est proprement insensé, c'est que le mental considère comme le monde véritable celui de sa fabrication, qui n'a, je ne le redirai jamais trop, aucune existence d'aucune sorte, et c'est par rapport à ce monde totalement chimérique qu'il se permet de juger le monde réel.
Il aime peu celui qui peut dire et compter avec des mots, combien il aime.
Il m'a fallu du temps avant que je réalise pleinement que les États-Unis ont peu besoin de diplomatie; le pouvoir suffit. Seuls les faibles comptent sur la diplomatie. L'Empire romain n'avait pas besoin de diplomatie. Les États-Unis non plus.
Il n'y a pas de secrets dans la vie, seules des vérités cachées qui reposent sous la surface.
Il faut l'aide du destin pour faire fortune Les capacités personnelles ne suffisent pas.
Il n'y a d'autre savoir que de savoir qu'on ne sait rien, mais on ne le sait qu'après avoir tout appris.
Il ne faut pas juger d'un homme par ce qu'il ignore, mais par ce qu'il sait.
Ce fut admirable de découvrir l'Amérique, mais il l'eût été plus encore de passer à côté.
Ça m'est égal d'être laide ou belle. Il faut seulement que je plaise aux gens qui m'intéressent.
Il n'est de bons moralistes que ceux qui ne s'occupent que de la morale d'autrui.
On parle du courage d'un condamné à mort qui marche jusqu'au lieu de l'exécution : il en faut parfois autant pour garder une façade acceptable en allant au-devant de la souffrance quotidienne.
Dans la vie, il faut choisir : être riche ou bachelier.
En soi les buts de l'écrivain sont louables, mais il faut avoir du génie pour les réaliser et ça c'est quelque chose d'immatériel que Dieu seul peut donner selon son bon plaisir.
Dieu est impitoyable : il vous enlève les poils de la tête pour vous les replanter dans les oreilles.
Il n'y a guère de cause dont on souhaiterait le succès si l'on voyait tout ce qui fermente dans le coeur de ses défenseurs.
Il en est du royaume des cieux comme d'un coton-tige ! Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende !
Pour écrire, il faut avoir un imaginaire qui tend vers les autres.
La civilisation s'étrangle dans le corset de fer de l'Etat, qu'il soit prolétarien ou bourgeois.
Tout être, même une simple apparence, le moindre signe sensible, est doué d'une force singulière. Il reste que l'homme, surtout l'homme vivant, est doué de ce privilège d'avoir la plus active, la plus dynamique.
Pour retrouver l'équilibre, il suffit parfois de toucher le mur, une seconde, avec l'ongle du petit doigt.
L'eau est un songe, et le ciel et tout ce qu'il contient matin et soir d'astres, de vents, d'oiseaux et de fumées est un leurre qui trompe sur la fuite du temps. Il y a des hommes de chez nous qui sautent par-dessus bord pour aller chercher une étoile dans l'eau.
Pour nous, le choix est fait. Nous sommes de ceux qui refusent d'oublier. Nous sommes de ceux qui refusent l'amnésie même comme méthode. Il ne s'agit ni d'intégrisme, ni de fondamentalisme, encore moins de puéril nombrilisme.
Le bonheur ne peut être trouvé à travers une quête extérieure, il ne peut être trouvé qu'à l'intérieur.
Il n'y a pas de rempart qui résiste à la méchanceté.