Il est peut-être agréable qu'un voyage prenne fin mais, finalement, c'est le voyage qui compte.
Dans le métier de philosophe il est essentiel de ne pas comprendre.
Il est facile d'entrer dans le monde des bouddhas, il est difficile d'entrer dans le monde des démons.
Il y a deux sortes d'hommes ; ceux qui pensent à s'amuser, et ceux qui s'amusent à penser.
Il n'y qu'un seul instant où vous êtes en vie, cette minute, ici et maintenant.
Quand il devient nécessaire d'inventer des lois pour sauver une langue et une culture, c'est parce qu'il est déjà trop tard !
Si l'image pouvait guérir par la seule diffusion des horreurs qu'elle enregistre, il n'y aurait plus d'accidents de la route depuis longtemps.
On ne fuit pas le ciel : partout où l'on passe, il est au dessus de nos têtes.
Le mariage est comme le tiret en imprimerie : il sépare et relie.
Il naît plus d'hommes que de femmes en Europe ; cela seul y condamne les femmes à l'infidélité.
Il n'y a pas de meilleur endroit que le métro pour haïr l'humanité.
Un prêtre qui convertit un mourant ressemble à celui qui a longtemps courtisé une femme sans arriver à ses fins ; pour finir, il la saoule et couche avec elle.
On s'aperçoit qu'un nouveau talent a emergé au fait qu'il se crée spontanément autour de lui une conjuration d'imbéciles pour le briser.
L'amour égoïste ne conduit jamais à la sérénité. Il faut vivre l'amour comme un don.
Il n'y a pas de plus grande douleur que de rappeler le bonheur dans les moments de misère.
Il y a plus dans la vie que des garçons stupides.
Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie : ses trois incarnations favorites. Mais il ne démarche pas à domicile, il faut aller à sa rencontre.
Plus vous louez et célébrez votre vie, plus il y a de vie à célébrer.
- Et comment vous faites entrer le... crapaud à l'intérieur ? - Et bien, on le fait sécher... comme ça il devient tout fin. On le rentre dans la bouteille, et après, avec l'humidité, il gonfle.
Il ne faudrait pas ex-aspérer, il faudrait espérer. L'exaspération est un déni de l'espoir. Elle est compréhensible, je dirais presque qu'elle est naturelle, mais pour autant elle n'est pas acceptable. Parce qu'elle ne permet pas d'obtenir les résultats que peut éventuellement produire l'espérance.
Il est trop tard pour s'incliner quand la tête est tombée.
Il faut sauver les peuples malgré eux.
Il faut être un grand homme pour savoir résister même au bon sens.
Il n'y a aucun plaisir à tromper un mari qui ne voit jamais rien.
Un bel enterrement n'est pas une improvisation. Il faut y consacrer sa vie.
Comment le vent sait-il dans quelle direction il doit souffler ?
L'attente commence quand il n'y a plus rien à attendre, ni même la fin de l'attente. L'attente ignore et détruit ce qu'elle attend. L'attente n'attend rien.
Il y a tant de femmes qui, le lendemain de leur mariage, sont veuves du mari qu'elles avaient imaginé.
Il faut se méfier des souvenirs, de ce qui a été. Il est bien rare que les choses ne se transforment pas. Rien n'est fixé pour toujours.
Il y a une avarice de la sympathie : on l'accorde de préférence à ceux qui la recherchent plutôt qu'à ceux qui la méritent.
Lorsque les dieux vous proposent l'autre monde comme bonheur, il y a toujours gros à parier que la situation terrestre des hommes n'a rien de brillant.
Je fais cas d'un philosophe dans la mesure où il est capable de fournir un exemple.
Proverbe borgne : Il faut être deux pour loucher.
Ne pas croire qu'une chose existe parce qu'il serait trop horrible qu'elle n'existât pas. Il n'y a pas de preuve par l'horrible.
Il n'y a pas de plus grand mystère qu'un autre être humain.
Quand on est tout seul il faut faire attention à ses pensées, quand on est en groupe il faut faire attention à ses paroles.
La vie d'un homme, fût-il esclave, est sacrée et personne n'a le droit de la supprimer ou même de se donner à mort.
En Europe, il faut le pompier mais aussi l'architecte.
Il n'y a pas d'actes isolés. Tout se tient.
L'infâme machine [la guillotine] partira de France, nous y comptons, et, s'il plaît à Dieu, elle partira en boitant, car nous tâcherons de lui porter de rudes coups.
A côté du noble art de faire faire les choses par les autres, il y a celui, non moins noble, de les laisser se faire toutes seules.
Il était normand par sa mère et breton par un ami de son père.
Dans tous les arts, il s'agit bien moins, au début de faire mieux que les autres, que de faire autrement.
Il faut que l'idée naisse de la vision comme l'étincelle du caillou.
La différence qu'il y a entre une chaude-pisse et une hirondelle, c'est qu'on ne peut pas attraper une hirondelle.
Aussi longtemps qu'il existe un endroit où il y a de l'air, du soleil et de l'herbe, on doit avoir regret de ne point y être. (Surtout quand on est jeune.)
La supériorité est chose de l'esprit. Il n'existe pas de race supérieure.
Le centre n'est pas un point, sinon il serait facile de l'atteindre. Il n'est pas même la réduction d'un point à son infini...
Comment vous imaginer que Dieu consente jamais à ce qu'il ne veut pas et à ce qu'il peut empêcher ?
Dans le quart-monde se posent davantage les problèmes du savoir que les problèmes économiques. C'est pourquoi il faut avoir une activité de dispensateur, de message, d'ange.