Ce qu'il nous faut, c'est la haine. D'elle naîtront nos idées.
L'homme connaît le monde non point par ce qu'il y dérobe mais par ce qu'il y ajoute.
Il n'y a pas au monde de pire malheur que la servitude.
Jupiter nous a chargé de deux besaces : l'une, remplie de nos fautes, qu'il a placée sur le dos ; l'autre contenant celles d'autrui, qu'il a pendue devant.
Les acteurs rateraient très souvent, presque toujours, leurs entrées en scène, s'ils n'avaient pas, étant en coulisse, cette pensée constante : Il me semble qu'il y a bien longtemps qu'on ne m'a vu !
Dis-moi, quelle nécessité y a-t-il à l'existence de Dieu, du monde et de tout ? Pourquoi doit-il y avoir quelque chose ? Ne crois-tu pas que cette idée de nécessité n'est que la forme suprême que prend le hasard dans nos esprits ?
Dans les conférences de cadres, il ne s'agit plus de travailler, mais de parler sur le travail.
Il est plus aisé, et éminemment plus scientifique, de traquer le passé que d'esquisser l'avenir.
La réalité ne peut être saisie au moyen de mots, d'enseignements, de débats ou de spéculations intellectuelles. Pour l'atteindre, il faut transcender toute question et toute réponse. Voilà comment on fait l'expérience directe de la réalité.
Un homme âgé n'est plus en devenir social, il est en devenir de vieillissement et de mort, en devenir humain. Il n'a plus à en être, il est au coeur de l'être pur.
La religion, c'est souvent le tout et le contraire de tout : il faut que chacun puisse y puiser son miel.
L'oeuvre d'un auteur est, ou devrait être, une totalité, un grand organisme dans lequel chaque partie est reliée aux autres par d'innombrables fils, nerfs, muscles, écheveaux, et canaux... qu'on le touche quelque part, il réagit ailleurs.
Il ne faut pas confondre partir et fuir. On n'échappe pas à sa condition humaine.
Il y a déjà longtemps qu'on a dit : « Du jour où les Romains ont cessé de croire aux poulets sacrés, c'en a été fait de l'Empire romain. »
Il est bon d'aimer la musique, quoiqu'elle ait souvent le don magique de changer le mal en bien et de provoquer le bien au mal.
Heureux tu compteras mille amis empressés ; l'orage gronde-t-il ? Tous se sont éclipsés.
Il y a des avantages à être une star - vous pouvez toujours avoir une table dans un restaurant complet.
Il est plus important de paraître bien que de se sentir bien.
Les gens disent si peu souvent qu'ils s'aiment, qu'il est parfois trop tard quand vient le temps de retenir l'amour qui part; alors quand je te dit: "Je t'aime", cela ne veut pas dire que tu ne partiras jamais mais que je souhaite que tu n'aies jamais à le faire.
Même si tu crois avoir touché le fond, ne plus croire en rien, penser au pire, il y aura toujours un espoir qu'un jour tu te réveilles dans un lit, le bonheur au bout des lèvres.
Il est mieux d'être rapide et délicat, plutôt que d'être lent et brusque. Mais encore moins rapide et brusque.
Il est pourtant des choses du temps jadis qui te manquent, même si tu n'as aucun désir de voir revenir ces jours anciens.
L'homme a sa loi ; il se l'est faite à lui-même ; la femme n'a pas d'autre loi que la loi de l'homme. La femme est civilement mineure et moralement esclave. [...] Une réforme est nécessaire.
Un dictionnaire est comme une montre ; il vaut mieux en avoir un mauvais que pas du tout, mais le meilleur n'est jamais tout à fait exact.
Il y a des miroirs pour le visage, il n'y en a pas pour l'esprit.
Tout le monde s'agite pour trouver enfin le repos ; mais il y a des hommes si paresseux qu'ils mettent le but au début.
Le chagrin aiguise les sens ; il semble que tout se grave mieux dans les regards, après que les pleurs ont lavé les traces fanées des souvenirs.
Qu'aisément un esprit qui se laisse flatter s'imagine un bonheur qu'il pense mériter !
En France, il n'y a qu'une chose que les honnêtes gens redoutent plus que les bandits : la justice !
Assurément les sentiments aussi vieillissent ; il est des modes jusque dans la façon de souffrir ou d'aimer.
Il est impossible de contrefaire les choses pour s'inventer la joie.
La science, il est vrai, ne progresse qu'en remplaçant partout le pourquoi par le comment ; mais si reculé qu'il soit, un point reste toujours où les deux points d'interrogations se rejoignent et se confondent.
A une douleur oubliée, il n'est pas difficile de faire succéder le sentiment de la joie.
Il n'est de pire ennemi que l'obligé qui s'empresse de se brouiller avec celui qui l'a aidé pour se prouver à lui-même que l'autre n'y a été pour rien.
Le conditionnel est la plus jolie conjugaison du monde, et il va sans dire, la plus confortable.
Il y a de nombreuses manières d'écrire une histoire. Le sensationnalisme n'en est pas une.
La vie n'existe pas : il faut la faire.
L'âme et la vie intérieure, c'est ce qu'il y a de plus profond et donc de plus difficile à exprimer. C'est inépuisable. On ne se voit pas tel que Dieu nous voit.
Quand le public n'est pas là, il manque un personnage.
On est toujours enclin à croire que le travail est aisé à celui qui a un talent. Il te faut peiner toujours, homme, si tu veux accomplir de grandes choses.
Il existait, naguère, un exercice auquel devait se livrer tout candidat à l'élection : la rédaction de sa profession de foi. Nous avons gardé la profession, mais nous avons perdu la foi.
L'homme cultivé croit toujours qu'il se doit de protéger la nature alors qu'en fait, il est totalement dominé par cette dernière.
Ce n'est qu'à l'âge de 37 ans que j'ai compris la grande vérité qu'il faut écrire ses propres livres et ceux de personne d'autre, et tout s'est enchaîné à partir de là.
Il n'y a que deux personnes dans votre vie à qui vous devriez mentir... la police et votre petite amie.
L'exotisme peut vous donner un avantage: il fait que les gens supposent que vous êtes plus intelligent que vous et vous donne le dessus.
Il faudrait peut-être que je règle mon complexe d'imposture, parce que des fois c'est lourd, au point de me rendre insomniaque.
Il faut prendre la naissance de l'amour au sérieux pour n'avoir pas un jour à prendre son échec au tragique.
Il y a toujours dans notre enfance, un moment où la porte s'ouvre et laisse entrer l'avenir.
Il n'y a pas de grands et de petits yeux : il y a des yeux qui ont une âme et d'autres qui n'en n'ont point. Dieu est pour le regard l'unique costumier.
Il faut finir par se convertir à l'homme, un jour ou l'autre, et au bon Dieu ensuite.