C'est en donnant de la gaieté au drame que l'on peut supporter le désespoir.
Le golf ? Un sport où l'on doit tenter de contrôler une balle avec des outils tout à fait inadaptés à cet effet.
L'unique règle de plaire est de trouver un appétit que l'on a laissé affamé. S'il le faut provoquer, que ce soit plutôt par l'impatience du désir que par dégoût de la jouissance.
On a honte d'avouer qu'on a de la jalousie, et l'on se fait honneur d'en avoir eu et d'être capable d'en avoir.
On rougirait bientôt de ses décisions, si l'on voulait réfléchir sur les raisons pour lesquelles on se détermine.
Hollywood ? C'est une usine où l'on fabrique dix-sept films sur une idée qui ne vaut même pas un court métrage.
Peut-être que la seule chose que l'on puisse faire, c'est tenter de finir avec les bons regrets.
Ce qui est, presque toujours, est fort peu de choses, toutes les fois que l'on ne pense pas que ce qui est produit ce qui sera.
C'est la douleur seule qui rend consciente la passion, et c'est pourquoi l'on aime souffrir, et faire souffrir.
Faire un film est un acte positif, même si l'on sait que le cinéma ne peut transformer le monde, encore moins le sauver.
Le piège pour les hommes politiques est de se sentir invulnérables, intouchables. Cela conduit à négliger des choses que l'on juge à tort subalternes.
Tout exercice du pouvoir aujourd'hui est un vol et une duperie où l'on se floue soi-même.
La peine de mort infligée aux criminels peut être envisagée à peu près sous le même point de vue : c'est pour n'être pas la victime d'un assassin que l'on consent à mourir si on le devient.
Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit.
On devient ce que l'on est, et cela sans même le vouloir et malgré toute volonté adverse.
Pas plus sans doute que l'on aime ou que l'on souffre, il ne faut dire que l'on écrit.
Le plaisir de trouver vaut mieux que ce que l'on trouve.
La vie ne vaut que par le bonheur que l'on donne, ou le malheur que l'on empêche.
Ne pas comprendre la langue du seul ami que l'on possède, ça fait peur.
Le temps qui vole souvent comme un oiseau se traîne d'autres fois comme une tortue ; mais il ne semble jamais plus agréable que lorsque l'on ne sait s'il va vite ou lentement.
Solitude. C'est le prix que l'on paie à se différencier des autres.
Si on veut remonter à l'origine de l'intuition que l'on a des nombres, il faut revenir à l'intuition que l'on a du temps.
Le déchet le plus facile à éliminer est celui que l'on n'a pas produit.
On n'entend pas de trompettes le jour où l'on prend les décisions importantes pour le reste de notre vie. Le destin se fait connaître en silence.
L'indépendance est un droit que l'on acquiert difficilement.
L'amour que l'on peut mesurer est un amour bien pauvre.
Aucun fou n'est fou tant que l'on se plie à ses raisons.
Les seules choses qui sont impossibles à finir sont celles que l'on ne commence pas.
Il est un temps où il faut s'avouer ses propres vérités et identifier ce que l'on attend de la vie.
Comme l'avenir est incertain, comme les prévisions que l'on peut faire aujourd'hui risquent d'être contredites par la réalité de demain, alors essayons de vivre heureux, hic et nunc.
Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier.
De tous les mots, les plus douloureux sont ceux que l'on s'est infligés soi-même.
C'est ceux que l'on aime qui nous donnent une raison de vivre et de mourir.
La terre, cela ne se vend pas, car rien ne peut-être vendu que l'on ne peut emporter avec soi.
On ne sait jamais dans la vie. Il faut s'estimer heureux d'avoir ce que l'on a tant qu'on l'a. Le destin est imprévisible et, parfois, nous ignorons à quel point nous sommes favorisés, jusqu'à ce que les choses changent.
On n'avoue rien si l'on est innocent Les mots sont vains, les mystères indulgents.
L'on doit se taire sur les puissants : il y a presque toujours de la flatterie à en dire du bien ; il y a du péril à en dire du mal pendant qu'ils vivent, et de la lâcheté quand ils sont morts.
C'est en descendant dans le coeur le plus secret, le plus profond de soi et en faisant partager aux autres sa descente que l'on perçoit, que l'on transmet le mieux le chant du collectif.
La mauvaise lecture est celle que l'on se reproche secrètement de faire.
L'arithmétique la plus difficile à maîtriser est celle qui nous permet de ne compter que sur ce que l'on a.
Vice : plaisir que l'on n'a pas goûté.
C'est en revêtant le Christ que l'on peut le plus apporter de charité aux autres.
Rien ne peut être vendu, à l'exception de ce que l'on peut emporter avec soi.
On a tant besoin que l'on ait besoin de nous.
Tout homme que la fortune seule a fait homme public devient presque toujours, avec un peu de temps, un particulier ridicule. L'on ne revient plus de cet état.
Il faut vivre comme l'on voudrait avoir vécu, lorsqu'on sera prêt de mourir.
Les seuls amis dignes d'intérêt sont ceux que l'on peut appeler à 4 heures du matin.
Une femme qu'on aime guère est plus supportable si l'on fait l'amour avec elle.
On admire les choses que l'on ne comprend pas.
Les choses qu'on pense que l'on va perdre deviennent excessivement précieuses. On aime ceux que l'on a peur de perdre.