Le moins mauvais gouvernement est celui qui se montre le moins, que l'on sent le moins et que l'on paie le moins cher.
Nul au monde n'a puissance sur le jugement intérieur ; si l'on peut te forcer à dire en plein jour qu'il fait nuit , nulle puissance ne peut te forcer à le penser.
Ce jour où l'on découvre que l'on n'est pas aimé de tout le monde. Qu'on ne le sera jamais, quelques efforts que l'on déploie, et même qu'on répugnera à certaines personnes. Qu'elles nous vomiront.
Si l'on veut vraiment savoir comment la justice est rendue dans un pays, on n'interroge pas les policiers, les avocats, les juges ou les bourgeois protégés. L'un va aux non-protégés - ceux, précisément, qui ont le plus besoin de la protection de la loi ! - et écoute leur témoignage.
Quand on vieillit, toutes les choses que l'on a pas vues dans sa jeunesse, on n'y croit pas. Les autres, on les comprend moins. Il ne reste que ce qui est vrai.
Pour n'avoir plus d'amis, il suffit d'une faute, et l'on compte deux fois quand l'on compte sans l'hôte.
L'art, c'est un élément que l'on ne peut pas apprendre. Il faut le vivre, sinon il n'existe pas.
En observant on se sent plus grave et se sentant plus grave on se sent plus âgé. De là se croire plus sage, il n'y a qu'un pas que l'on franchit sans cesse.
Ce que l'on aime surtout, ce sont les faveurs auxquelles on n'a pas droit.
Si l'on appelle écrivain un homme qui écrit, on appelle aujourd'hui jeune écrivain un homme qui a l'intention d'écrire.
Nous n'avons pas encore le projet de remonter sur scène. Si on devait le faire, on reprendrait nos anciens sketches que l'on réécrirait en attendant d'en inventer de nouveaux. Comme dit Bernard (Campan), on est un peu monotâche. On n'arrive pas à faire plusieurs projets en même temps.
Il faut que la pensée voyage et contemple, si l'on veut que le corps soit bien.
C'est avec les hommes que l'on fait les évêques.
Tant que l'on n'a pas été contenu en un regard, a-t-on la vie ? A-t-on la vie si personne encore ne nous a aimé ?
Dès que l'on est plus de deux l'authentique s'évapore.
De quelque endroit que l'on parte, le chemin est égal pour le séjour des morts.
Le retournement le plus radical, le plus fou, le plus extravagant, qui va le plus contre tout ce que l'on croit savoir de la vie en société, de la vie humaine, quoi qu'on fasse et deux mille ans après, c'est toujours le christianisme.
Je viens d'une famille où l'on ne vit pas à découvert. J'en ai gardé des stigmates: je ne sais pas «claquer» ni flamber
Si l'on y réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui ait vraiment réussi.
Il est plus facile de paraître digne des emplois qu'on n'a pas que de ceux que l'on exerce.
L'on hait avec excès lorsque l'on hait un frère.
Le devoir ne consiste pas à faire grand, mais à faire ce que l'on a à faire.
Il y a une sorte de mal là-bas. Quelque chose de très, très étrange dans ces vieux bois. Appelez ça comme vous voulez. Une obscurité, une présence. Il prend de nombreuses formes mais... il existe depuis aussi longtemps que l'on s'en souvienne et nous avons toujours été là pour le combattre.
On est et on demeure esclave aussi longtemps que l'on n'est pas guéri de la manie d'espérer.
Le Français se distingue des autres peuples en ce qu'il s'élève constamment au-dessus de lui-même, ce qui est un exploit stupéfiant si l'on considère qu'il est déjà très haut.
Ce n'est pas le manque ni la privation qui donne du désir : on ne manque que par rapport à un agencement dont on est exclu, mais on ne désire qu'en fonction d'un agencement où l'on est inclus.
La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.
Tant gratte chèvre que mal gît,Tant va le pot à l'eau qu'il brise,Tant chauffe-on le fer qu'il rougit,Tant le maille-on qu'il se débrise,Tant vaut l'homme comme on le prise,Tant s'élogne-il qu'il n'en souvient,Tant mauvais est qu'on le déprise,Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
Lorsque l'on n'a rien, on a rien à perdre.
Ce que je préfère avec Internet c'est que l'on rentre dans la vie de vrais saligauds sans avoir à les fréquenter.
Il est plus juste de conclure à une connivence entre père et mère, mari et femme, pour adopter les comportements que l'on vient de voir.
L'avantage, quand deux anciens amants tournent ensemble, c'est que l'on se connaît bien. Cela évite de perdre des heures pendant les préliminaires... scénaristiques.
Rien de plus difficile que de n'être pas soi-même ou que de ne l'être que jusqu'où l'on veut.
L'on ne ressent guère les peines dont on aperçoit la fin.
Il n'y a que trois choses que l'on puisse faire avec une femme. On peut l'aimer, souffrir pour elle ou en faire de la littérature.
Il suffirait que l'on vive simplement, pour que d'autres puissent tout simplement vivre.
On ne peut dire à quel moment nait l'amitié. Si l'on remplit d'eau une embarcation goutte à goutte, il en vient une dernière qui la fait chavirer ; ainsi quand les marques d'affection se succèdent, il en vient une dernière qui submerge le coeur.
Si l'on vous sert une tasse de café, ne vous efforcez pas d'y trouver de la bière.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le quotidien, c'est ce qu'il y a de plus difficile à partager.
La raison d'être de l'écrivain, qui est de bien écrire, n'existe plus depuis que l'on ne sait plus lire.
On est dans l'idéologie inverse : plus on a le nez sur l'événement, plus on pense que l'on comprend.
On est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété où l'on cherchait le bonheur.
J'ai l'habitude de dire quelque chose de flatteur pour commencer, pour que l'on m'excuse ensuite si je mets les pieds dans le plat.
On va loin quand on ne sait pas où l'on va, et qui ne voit le but le passe.
L'amitié d'homme à femme est une chimère, à moins que l'on ne donne le nom d'amitié à une liaison dans laquelle l'amour est devenu l'accessoire après avoir été le principal.
L'homme est plein d'imperfections, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il a été créé.
La façon dont on raconte l'Histoire contemporaine ressemble à un grand concert où l'on présenterait d'affilée les cent trente-huit opus de Beethoven mais en jouant seulement les huit premières mesures de chacun d'eux.
On ne doit pas changer d'opinion si l'on ne peut changer de conduite.
L'on est toujours assez riche, quand on est content de peu.
L'accent du pays où l'on est né demeure dans l'esprit et dans le coeur, comme dans le langage.