Si l'on ne pardonnait jamais, on ne verrait bientôt plus personne.
Ce jour où l'on découvre que l'on n'est pas aimé de tout le monde. Qu'on ne le sera jamais, quelques efforts que l'on déploie, et même qu'on répugnera à certaines personnes. Qu'elles nous vomiront.
J'ai appris ceci : ce n'est pas ce que l'on fait qui est mal, mais ce que l'on devient en conséquence.
Du bâton que l'on tient on est souvent battu.
Il y a une sorte de mal là-bas. Quelque chose de très, très étrange dans ces vieux bois. Appelez ça comme vous voulez. Une obscurité, une présence. Il prend de nombreuses formes mais... il existe depuis aussi longtemps que l'on s'en souvienne et nous avons toujours été là pour le combattre.
Le Français se distingue des autres peuples en ce qu'il s'élève constamment au-dessus de lui-même, ce qui est un exploit stupéfiant si l'on considère qu'il est déjà très haut.
Ce que l'on appelle ordinairement la vie, reste dans l'indicible.
Les mots peuvent ressembler aux rayons X : si l'on s'en sert convenablement, ils transpercent n'importe quoi. On lit et l'on est transpercé.
Il faut que la pensée voyage et contemple, si l'on veut que le corps soit bien.
Si l'on appelle écrivain un homme qui écrit, on appelle aujourd'hui jeune écrivain un homme qui a l'intention d'écrire.
Le libertinage absolue, s'il existe, est certes une impasse ; loin d'y trouver une extase continue, on s'y écoeure et quelquefois l'on s'y détruit.
Si l'on y prend garde, on peut parler de tous les livres sans les avoir lus.
Quand on cherche vraiment la vérité, ce que l'on trouve, c'est Dieu.
On ne peut dire à quel moment nait l'amitié. Si l'on remplit d'eau une embarcation goutte à goutte, il en vient une dernière qui la fait chavirer ; ainsi quand les marques d'affection se succèdent, il en vient une dernière qui submerge le coeur.
Ce n'est pas le manque ni la privation qui donne du désir : on ne manque que par rapport à un agencement dont on est exclu, mais on ne désire qu'en fonction d'un agencement où l'on est inclus.
Dire que l'on peut naître sénile !
Quand on vieillit, toutes les choses que l'on a pas vues dans sa jeunesse, on n'y croit pas. Les autres, on les comprend moins. Il ne reste que ce qui est vrai.
Pour un grand nombre de gens, la télévision est une variété de tranquillisant que l'on branche au lieu d'avaler.
La faiblesse est le seul défaut que l'on ne saurait corriger.
En observant on se sent plus grave et se sentant plus grave on se sent plus âgé. De là se croire plus sage, il n'y a qu'un pas que l'on franchit sans cesse.
De quelque endroit que l'on parte, le chemin est égal pour le séjour des morts.
Nous n'avons pas encore le projet de remonter sur scène. Si on devait le faire, on reprendrait nos anciens sketches que l'on réécrirait en attendant d'en inventer de nouveaux. Comme dit Bernard (Campan), on est un peu monotâche. On n'arrive pas à faire plusieurs projets en même temps.
Le retournement le plus radical, le plus fou, le plus extravagant, qui va le plus contre tout ce que l'on croit savoir de la vie en société, de la vie humaine, quoi qu'on fasse et deux mille ans après, c'est toujours le christianisme.
L'art, c'est un élément que l'on ne peut pas apprendre. Il faut le vivre, sinon il n'existe pas.
Vieillir offre du moins un avantage: c'est que l'on ne mourra pas d'un seul coup, mais peu à peu, bout par bout.
Si l'on y réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui ait vraiment réussi.
C'est avec les hommes que l'on fait les évêques.
Dès que l'on est plus de deux l'authentique s'évapore.
Le devoir ne consiste pas à faire grand, mais à faire ce que l'on a à faire.
"Je suis fier d'être français!", "Je suis fier d'être Juif" sont des affirmations ridicules, même si l'on perçoit le ressort de tels orgueils.
L'amitié d'homme à femme est une chimère, à moins que l'on ne donne le nom d'amitié à une liaison dans laquelle l'amour est devenu l'accessoire après avoir été le principal.
Le moins mauvais gouvernement est celui qui se montre le moins, que l'on sent le moins et que l'on paie le moins cher.
J'ai l'habitude de dire quelque chose de flatteur pour commencer, pour que l'on m'excuse ensuite si je mets les pieds dans le plat.
On est et on demeure esclave aussi longtemps que l'on n'est pas guéri de la manie d'espérer.
On ne peut être juste si l'on n'est humain.
Tant gratte chèvre que mal gît,Tant va le pot à l'eau qu'il brise,Tant chauffe-on le fer qu'il rougit,Tant le maille-on qu'il se débrise,Tant vaut l'homme comme on le prise,Tant s'élogne-il qu'il n'en souvient,Tant mauvais est qu'on le déprise,Tant crie-l'on Noël qu'il vient.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le quotidien, c'est ce qu'il y a de plus difficile à partager.
Je viens d'une famille où l'on ne vit pas à découvert. J'en ai gardé des stigmates: je ne sais pas «claquer» ni flamber
Il y eut un violent combat. On les attaqua dans l'eau, qui gênait leurs mouvements et l'on en tua un grand nombre ; les autres, pleins d'audace, essayaient de passer par-dessus les cadavres. Une grêle de traits les repoussa ; ceux qui avaient déjà passé, la cavalerie les enveloppa et ils furent massacrés.
Il est plus juste de conclure à une connivence entre père et mère, mari et femme, pour adopter les comportements que l'on vient de voir.
L'on ne ressent guère les peines dont on aperçoit la fin.
Ce n'est pas parce que l'on sort une grande phrase qu'on est un grand homme.
Il est plus facile de paraître digne des emplois qu'on n'a pas que de ceux que l'on exerce.
La raison d'être de l'écrivain, qui est de bien écrire, n'existe plus depuis que l'on ne sait plus lire.
Il n'y a que trois choses que l'on puisse faire avec une femme. On peut l'aimer, souffrir pour elle ou en faire de la littérature.
Lorsque l'on n'a rien, on a rien à perdre.
L'avantage, quand deux anciens amants tournent ensemble, c'est que l'on se connaît bien. Cela évite de perdre des heures pendant les préliminaires... scénaristiques.
On va loin quand on ne sait pas où l'on va, et qui ne voit le but le passe.
Il y a deux sortes de femmes. La femme-bibelot que l'on peut manier, manipuler, embrasser du regard, et qui est l'ornement d'une vie d'homme. Et la femme-paysage. Celle-là on la visite, on s'y engage, on risque de s'y perdre.
La fréquentation des salons m'a appris une chose : à ne plus chercher à acheter au coin des rues ce que l'on trouve gratuitement auprès des femmes du monde.