Les médias sont ainsi. Il suffit de dire que vous avez «moins le temps» de lire pour que l'on dise que vous ne lisez pas
Le repentir est un jugement que l'on porte sur soi-même.
Approcher Autrui, c'est encore poursuivre ce qui déjà est présent, chercher encore ce que l'on a trouvé, ne pas pouvoir être quitte envers le prochain. Comme caresser. La caresse est l'unité de l'approche et de la proximité.
Ce que l'on appelle échec n'est pas la chute, mais le fait de rester à terre.
On hait, on admire ; on hait si l'on ne peut atteindre ; on admire ce que l'on croit un jour pouvoir posséder.
La conscience de l'homme est une chose étrange, comme un feu que l'on croit éteint et qui se réveille.
On devient parfois bizarre, en vieillissant, et l'on se raccroche aux lubies les plus aberrantes.
On n'est jamais vraiment vaincu que le jour où l'on croit l'être.
Le fantasme aide à passer n'importe quel temps de veille ou d'insomnie ; c'est un petit roman de poche que l'on peut ouvrir partout sans que personne y voie rien.
On fait ce qu'on peut avec l'alcool que l'on a dans le sang.
C'est là une des contradictions de la littérature, qu'il y a un temps pour vivre, et un temps pour écrire, et que, dans le temps où l'on écrit, on n'a guère celui de vivre.
Une fois que l'on a mangé le gruyère, que deviennent les trous ?
La question est de savoir si l'on donne au public quelque chose qui vise à le rendre plus heureux, ou quelque chose qui corresponde à la vérité du sujet.
Les mots peuvent ressembler aux rayons X ; si l'on s'en sert convenablement, ils transpercent n'importe quoi.
Il semble que l'on soit moins jaloux par amour que par haine.
La télévision deviendra majeure lorsque l'on établira les programmes en fonction des idées et non des moyens.
On s'ennuie presque toujours avec ceux que l'on ennuie.
Nous vivons une époque où l'on se figure qu'on pense dès qu'on emploie un mot nouveau.
En amour, il n'y a ni vice ni vertu. C'est un combat où l'on sort toujours à la fois vainqueur à la fois vaincu. Mais ce qu'il y a de plus terrifiant lorsqu'on cherche la vérité en amour, c'est qu'on finit toujours par la trouver.
Le théâtre n'est pas un musée où l'on peut s'attarder devant un tableau qu'on aime.
Il arrive parfois que ce soit en tirant les conséquences des évidences les plus évidentes que l'on découvre les vérités les moins évidentes.
C'est étrange comme on se sent tiré vers l'avant sans savoir d'abord où l'on va.
Journal intime. Relation quotidienne de cette part de l'existence que l'on peut se confier à soi-même sans avoir à en rougir.
Les raisons qui font que l'on s'abstient des crimes sont plus honteuses, plus secrètes que les crimes.
Il n'y a que dans les dessins animés que l'on voit des pingouins joyeux.
Le meilleur des mondes n'est pas celui où l'on obtient ce que l'on désire, mais un monde où l'on désire quelque chose.
Il semble que la psychanalyse soit la troisième de ces professions impossibles où l'on peut d'avance être sûr d'échouer, les deux autres, depuis bien plus longtemps connues, étant l'art d'éduquer les hommes et l'art de gouverner.
Les hommes sont trop occupés d'eux-mêmes pour avoir le loisir de pénétrer ou de discerner les autres : de là vient qu'avec un grand mérite et une grande modestie l'on peut être longtemps ignoré.
Pourquoi les églises sont-elles fermées la nuit, au moment où l'on en a le plus besoin ?
Puisque l'on connaît le passé et que l'on vit au présent, pourquoi ne pourrait-on pas croiser l'avenir en rêve ?
Si l'on suivait les voies ferroviairesQui aurait le pied marin ?Si l'on sifflait les fonds de théièresOu si l'on ne sifflait plusQui serait l'adversaire ?Entre nous qui serait le plus malin ?Et si l'on disait le contraireOu si l'on ne disait plus rien ?
Lycée. 1/ Ecole antique où l'on s'entretenait de philosophie. 2/ Ecole moderne où l'on discute de football.
L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein forcé de trahir.
Ce qu'on désapprend des autres, on le réapprend aussitôt par soi-même et l'on n'a plus à se donner de mal pour le retenir : on le possède.
La vie se prête, ne se rend pas. Elle se perd comme un livre que l'on confie et que l'on ne revoit jamais.
On n'aime point parce que l'on veut être aimé. On aime parce que l'on aime. Chemin faisant, l'on voudrait être payé de retour.
Toute cause semble attrayante à un coeur juvénile, aucune n'est claire si l'on prend le moindre recul.
Pourquoi vouloir maîtriser ce que l'on fait malgré soi.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je n'ai pas le temps de regarder pousser les fleurs ! Pourtant j'aimerais bien.
Rien ne sert de haïr lorsque l'on peut aimer, Mais rien ne sert de rire lorsque l'on veut pleurer.
Nous avons beaucoup d'écrits où l'on se refuse à convenir qu'il existe un Dieu. Mais nul athée, tant que je sache, n'a réfuté de façon probante l'existence du diable.
Il n'y a que les dettes que l'on peut payer qui sont ennuyeuses.
Et pour la fête, comme pour les enterrements, les commémorations, on sort les "habits du dimanche", ceux que l'on achète un peu trop grands et qui deviennent très vite un peu trop courts.
En Occident la jeunesse est désemparée ; l'une des raisons de son trouble est que l'on n'exige plus assez d'elle. La jeunesse avec raison exige qu'on exige.
La fortune est le nom que prend l'argent à partir du moment où l'on en a assez pour ne plus en avoir besoin.
Je voudrais voir les femmes à la hauteur de l'amour qu'elles m'inspirent - avant d'arriver à cet âge où l'on peut encore sentir l'amour, mais où on ne l'inspire plus.
On n'a vraiment pas besoin de savoir pour aimer, et le temps que l'on dépense à tenter de connaître l'être qu'on aime, c'est tout le temps qu'il lui faut pour mourir.
Eviter par dessous tout la platitude, les combinaisons de mots que l'on a déjà vues des milliers de fois.
Il est parfois utile de dire carrément ce qu'on pense surtout si l'on a la réputation d'être retors.
Le cimetière est un jardin où l'on vient apporter des fleurs une fois par an.