Je me découvre un jour dans un monde où les choses font mal ; un monde où l'on me réclame de me battre ; un monde où il est toujours question d'anéantissement ou de victoire.
L'abîme de l'éternité nous hante. Ainsi, s'interroge-t-on : nos actes retentiront-ils à travers les siècles ? Des inconnus entendront-ils notre nom bien après notre mort et se demanderont-ils qui l'on était, si l'on bataillait avec bravoure, et si l'on aimait avec fougue ?
L'Enfer, je le situe non au moment où l'on voit la mort ; mais au moment où l'on voit sa vie.
Il faut penser deux fois à ce que l'on veut, parce qu'un jour ou l'autre l'on possède.
On tient à l'éloge et aux honneurs dans l'exacte mesure où l'on est pas sûre d'avoir réussi.
Il faut inventer en même temps que l'on apprend.
La mode de la Chine est fille de l'énigme. Trop de mystère décourageait la curiosité : un peu moins l'aiguillonne. Pendant les cinq premières années de la Révolution culturelle, on n'en apprenait pas assez sur ce pays en délire pour s'intéresser à lui ; ou l'on niait ce qui venait de lui.
J'ai eu le sentiment que les États-Unis devaient prendre la tête de la lutte anti-terroriste afin d'enrayer ce fléau et faire en sorte que les pays du monde libre se rallient à l'autorité américaine, comme un train que l'on attelle à une puissante locomotive.
Nos amis sont notre miroir, notre mémoire ; on n'exige rien d'eux, si ce n'est qu'ils astiquent de temps en temps ce miroir pour que l'on puisse s'y regarder.
A force de s'aimer l'on ne se connaît plus.
Lorsque l'on fait voir à un homme artificieux qu'on reconnaît ses artifices, on lui donne sujet de les augmenter.
La puissance ne se montre que si l'on en use avec injustice.
Ce qui console, ce sont les livres, le plaisir que l'on éprouve à lire...
Ne considérer les petits incidents que comme des victoires que l'on doit toujours sacrifier aux grandes affaires.
Il arrive que l'on se fréquente soi-même, entre un rêve éveillé et un bouquet de désespoir.
Les Académies sont des sociétés comiques où l'on garde son sérieux.
Si l'on y prend garde, on peut parler de tous les livres sans les avoir lus.
L'amour est-il un art ? En ce cas, il requiert connaissance et effort. Ou bien l'amour est-il une sensation agréable, dont l'expérience est affaire de hasard, ce dans quoi l'on "tombe" si la chance vous sourit ?
On éviterait sans doute bien des malheurs et des complications si l'on apprenait à conduire son corps comme on apprend à conduire une automobile - sans oublier, bien entendu, le code de la route.
Si l'on boit une bonne partie du contenu d'une bouteille portant l'étiquette : poison, ça ne manque presque jamais, tôt ou tard, d'être mauvais pour la santé.
J'ai appris ceci : ce n'est pas ce que l'on fait qui est mal, mais ce que l'on devient en conséquence.
Il faut relire la Bible sans la distance théologique. Et si l'on se livre à cet exercice, on découvre des histoires insensées.
Faire appel. En termes de justice, demander que l'on remette les dés dans le cornet pour un nouveau lancer.
On est jeune tant que l'on sait dire "non". Premier "oui" première ride.
Du bâton que l'on tient on est souvent battu.
Bâtis-nous quelque chose en quoi l'on puisse croire. Amour et beauté ne suffisent pas.
Je suis né et j'ai travaillé dans une période que l'on pourrait qualifier d'enviable.
Je pense que l'on peut faire plus d'ennemis en tant que femme avec un cerveau.
Les désirs ne peuvent s'étendre à ce que l'on ne connaît pas.
Ce que l'on appelle ordinairement la vie, reste dans l'indicible.
Si l'on avait su garder ce patrimoine en France, si l'on n'avait pas exporté cette pratique vers la perfide Albion, si l'on ne s'était pas résigné à abandonner ce sport aux étudiants de la ville de Rugby qui en firent la renommée, peut-être parlerions-nous aujourd'hui du Mortagne-au-Perche à XV, ou du Briouzeman Julien Bonnaire.
L'art, c'est un élément que l'on ne peut pas apprendre. Il faut le vivre, sinon il n'existe pas.
L'on hait avec excès lorsque l'on hait un frère.
Richesse. Notion relative. Depuis l'instauration de l'impôt sur les grandes fortunes, on sait toutefois que l'on est considéré comme riche à partir de 3.500.000,00 francs et pauvre jusqu'à 3.499.999,00 francs.
Ils sont plus honnêtes - et c'est naturel - ceux qui recherchent la simplicité de préférence à l'abondance ; car mieux on se contente de ce que l'on a, et moins on convoite le bien d'autrui.
Un homme malin c'est un homme qui comprend en ignorant pourquoi il comprend, à la différence d'un homme intelligent qui comprend pourquoi il ne comprend pas, et de l'imbécile qui comprend en ignorant que l'on est en train de parler d'autre chose.
Pour un grand nombre de gens, la télévision est une variété de tranquillisant que l'on branche au lieu d'avaler.
Ce qui fait qu'on va si loin dans l'amour, c'est que l'on ne songe pas que l'on aura besoin d'autre chose que ce que l'on aime.
Si l'on se montre parfois froid ou brusque, c'est simplement parce que je cherche le meilleur.
Quand on sait qui l'on est, c'est plus facile de savoir ce que l'on veut et de le demander aux autres.
Sourire, c'est parfois montrer que l'on n'est pas si sérieux qu'il semble, c'est atténuer les reproches, assurer une communion spirituelle que l'homme trop sérieux ne connaît pas. Sourire, c'est parfois détourner autrui du monde compact des intérêts pour l'appeler à une communion dans le non-sérieux.
Le libertinage absolue, s'il existe, est certes une impasse ; loin d'y trouver une extase continue, on s'y écoeure et quelquefois l'on s'y détruit.
Il suffirait que l'on vive simplement, pour que d'autres puissent tout simplement vivre.
Ce que l'on aime surtout, ce sont les faveurs auxquelles on n'a pas droit.
Dès que l'on est plus de deux l'authentique s'évapore.
Les barbelés ne lui suffisent plus, il ordonne que l'on édifie un barrage beaucoup plus solide et durable, le Mur.
Le moins mauvais gouvernement est celui qui se montre le moins, que l'on sent le moins et que l'on paie le moins cher.
Ce jour où l'on découvre que l'on n'est pas aimé de tout le monde. Qu'on ne le sera jamais, quelques efforts que l'on déploie, et même qu'on répugnera à certaines personnes. Qu'elles nous vomiront.
En observant on se sent plus grave et se sentant plus grave on se sent plus âgé. De là se croire plus sage, il n'y a qu'un pas que l'on franchit sans cesse.
Je me demande à présent si ce que j'éprouvais était l'amour d'amitié, où le semblable aime le semblable et ne veut que le bien d'autrui, ou l'amour de concupiscence, où l'on veut son propre bien et l'incomplet ne veut que ce qui le complète.