Le plus difficile en classe c'est qu'on ne peut pas dire ce que l'on sait mais seulement ce que l'on doit savoir... C'est pour ça que je préfère ne rien savoir ! Comme ça c'est plus simple, je suis sûr de ne pas me tromper !
On ne sait jamais l'étendue du tort que l'on fait.
Je crois que pour vivre vieux, il faut se résoudre à ne jamais faire debout quelque chose que l'on peut faire assis et à ne jamais faire assis quelque chose que l'on peut faire couché.
Les mots peuvent ressembler aux rayons X ; si l'on s'en sert convenablement, ils transpercent n'importe quoi.
Les conversations ressemblent aux voyages qu'on fait sur l'eau : on s'écarte de la terre sans presque le sentir, et l'on s'aperçoit qu'on a quitté le bord et que quand on est déjà bien loin.
La fortune est le nom que prend l'argent à partir du moment où l'on en a assez pour ne plus en avoir besoin.
A trente ans, on n'a pas de peines infinies, parce qu'on a encore trop d'espérance, et l'on n'a pas non plus de désirs exagérés, parce qu'on a déjà trop d'expérience.
On comprend toujours bien ce que l'on aime !
On s'instruit en voyageant. Mais, d'un autre côté, l'on n'apprend jamais que ce que l'on sait déjà.
Toutes les sciences, même divines, sont de grandes enquêtes. Sauf que l'on ne cherche pas à savoir pourquoi un homme est mort mais les sombres secrets expliquant pourquoi il est en vie.
Il semble que la psychanalyse soit la troisième de ces professions impossibles où l'on peut d'avance être sûr d'échouer, les deux autres, depuis bien plus longtemps connues, étant l'art d'éduquer les hommes et l'art de gouverner.
Le fantasme aide à passer n'importe quel temps de veille ou d'insomnie ; c'est un petit roman de poche que l'on peut ouvrir partout sans que personne y voie rien.
La vie se prête, ne se rend pas. Elle se perd comme un livre que l'on confie et que l'on ne revoit jamais.
Il est parfois utile de dire carrément ce qu'on pense surtout si l'on a la réputation d'être retors.
On ne triomphe bien que de ce que l'on assimile.
On devient ce que l'on crée.
Si l'on n'épouse pas les questions, les doutes et les délires de la société, pas la peine d'être acteur.
L'on croit se libérer (et de quoi ?) en écrivant et à écrire, on s'emprisonne. L'on crée des personnages qui nous enchaînent et l'on a peur de revivre leur destinée.
Qu'on ne sache jamais ce que l'on doit dire, et que l'on sache pourtant bien ce qu'on dit.
L'entreprise autobiographique entraîne de grandes inexactitudes puisque l'on pèche souvent par omission, volontairement ou non.
En Occident la jeunesse est désemparée ; l'une des raisons de son trouble est que l'on n'exige plus assez d'elle. La jeunesse avec raison exige qu'on exige.
Dans l'extrême jeunesse, l'on est trop enclin, comme les femmes, à croire que les larmes dédommagent de tout.
Tout le monde peut s'intituler critique, et d'autant plus facilement que l'on n'y connaît rien.
Le risque vient du fait que l'on ne sait pas ce que l'on fait.
L'âge mûr est celui où l'on ne se couche plus uniquement pour ne pas dormir.
Une loi naturelle veut que l'on désire son contraire, mais que l'on s'entende avec son semblable. L'Amour suppose des différences. L'amitié suppose une égalité.
Quand on écrit des romans, on n'a aucune responsabilité, à l'exception du plaisir que l'on peut apporter au lecteur.
J'ai toujours senti le besoin de dénoncer avec mes photos, les injustices que l'on rencontre.
La meilleure anthologie est celle que l'on fait pour soi-même.
Je me découvre un jour dans un monde où les choses font mal ; un monde où l'on me réclame de me battre ; un monde où il est toujours question d'anéantissement ou de victoire.
La meilleure chose sur le fait d'être célèbre, c'est que l'on puisse voyager. J'ai toujours voulu traverser les mers, comme pour aller au Canada et tout ça.
Réalité. Le songe d'un philosophe fou. Ce qui resterait dans la coupe si l'on devenait pur esprit. Le noyau d'un vide.
C'est encore dans les cimetières que l'on fréquente le plus fort pourcentage d'êtres complètement inoffensifs.
Je ne blâme pas que l'on soit de son pays, mais avant tout il faut être de l'humanité.
L'amour est une drôle d'arithmétique où l'on poursuit le rêve de ne faire qu'un en étant deux, et où c'est en étant deux qu'on est le plus seul...
C'est une chose cocasse que la vie - cette mystérieuse disposition d'une logique implacable dans un dessein futile. Le mieux que l'on puisse en espérer est une certaine connaissance de soi - qui vient trop tard - et une moisson de regrets inapaisables.
Tout ce que l'on sait peut servir dans tout ce que l'on fait.
Les voyages prouvent moins de curiosité pour les choses que l'on va voir que l'ennui de celles que l'on quitte.
Ce n'est pas tant ce qu'on dit qui fait la valeur d'un livre, que tout ce que l'on n'y peut pas dire, tout ce que l'on voudrait y dire, qui l'alimente sourdement.
Le lit, c'est là où commence et finit l'humanité, c'est là où l'on s'aime, où l'on souffre, où l'on refait sa force et où l'on meurt.
Le bonheur ou le malheur ne sont que des étiquettes que l'on met sur des réalités mouvantes, insaisissables.
Une vente de charité est une réunion où l'on achète des objets qui proviennent d'un grenier et qu'on s'empresse de fourrer dans sa cave.
Dans l'excès du bonheur lire est bien difficile, cependant on s'ennuie à la longue si l'on ne lit pas.
Les petites annonces contiennent toute la vérité que l'on puisse trouver dans un journal.
En Occident, l'on vit exaspéré et l'on meurt désespéré.
L'important, ce n'est pas le lieu où l'on se trouve, c'est l'état d'esprit dans lequel on est.
Ce n'est pas ce que l'on dit qui compte, mais ce qu'on entend. C'est fou comme la voix seule peut dire d'une personne qu'on aime - de sa tristesse, de sa fatigue, de sa fragilité, de son intensité à vivre, de sa joie.
On vit comme on pense, on vit petitement si l'on pense petitement, on vit librement si on pense librement.
On ne va jamais si loin que lorsque l'on ne sait pas où l'on va.
Il est trois sortes de gens qui parlent peu, ce sont les savants et les gens forts heureux ou malheureux ; ainsi l'on peut dire que le savoir, la douleur et le bonheur sont muets.