Quarante-quatre ans, c'est l'âge où l'on commence à ne plus pouvoir espérer vivre le double.
On peut dire et écrire ce que l'on veut sur moi ou presque, parce que je pars du principe suivant : Dîtes ce que vous voulez, pourvu que ça ne soit pas vrai.
Avant de blâmer, il faudrait toujours chercher à voir si l'on ne peut d'abord excuser.
Il est impossible, absolument impossible de vaincre l'ennemi étranger si l'on ne punit pas auparavant l'ennemi domestique, son zélé serviteur : sans cela, heurtant contre l'écueil de l'un, vous seriez invinciblement dépassés par l'autre.
C'est horrible de voir tout ce que l'on détestait dans le passé revenir sous les couleurs du futur.
C'est parmi les femmes sans instruction que l'on peut chercher les ragots les plus confirmés. Goethe nous dit qu'il n'y a rien de plus effrayant qu'une ignorance agitée.
C'est par faiblesse que l'on hait un ennemi, et que l'on songe à s'en venger ; et c'est par paresse que l'on s'apaise, et qu'on ne se venge pas.
C'est un honneur, un plaisir de voir ce que l'on a transmis être réalisé par d'autres. C'est ce qu'il y a de plus valorisant.
Quand je témoigne, je demande que l'on montre un film. Pour que les enfants voient et qu'ils ne restent pas que dans le langage.
La guerre, c'est moche et ça ne sert à rien. Mais, dit-on, il faut bien se défendre. Et l'on ne sait jamais qui a tiré le premier coup de feu.
On peut dire cinquante fois que l'on a compris, il importe plus de le montrer sans jamais le dire.
On dit souvent bien du mal de la bureaucratie, et moi tout le premier, mais ce jour-là j'ai dû reconnaître son mérite. Si l'on se met à manger le papier, c'est la bureaucratie qui nous fera vivre, car c'est elle la plus grande productrice de papier du monde !
Le propre des hommes passionnés est de ne pas croire un seul mot de ce que l'on écrit sur les passions.
C'est l'amour du progrès qui nécessite que l'on traque l'erreur.
Les grosses araignées du matin, que l'on appelle pensées philosophiques, ont tissé leur toile dans tous les coins.
Que veut Dieu ? Le Bien ? Ou que l'on choisisse le Bien ? L'homme qui choisit le Mal est-il, peut-être, en un sens, meilleur que celui à qui on impose le Bien ?
Dans l'amitié comme dans l'amour on est souvent plus heureux par les choses qu'on ignore que par celles que l'on sait.
Daumier est d'abord et surtout dessinateur, au point que l'on peut presque dire que, pour suggérer la couleur, il peut se passer d'elle.
Ce n'est pas du premier coup que l'on trouve son équilibre et la simplicité de la vie au milieu de toutes les complications de la richesse. Il y faut de l'entêtement.
Quand on ne pense pas à ce que l'on dit, c'est qu'on dit ce que l'on pense.
Il est peu de douleurs plus cruelles que d'être quitté par qui l'on aime. A cet irréductible chagrin, encore faut-il ajouter le questionnement de ceux qui viennent déposer une pincée de sel sur la blessure toute fraîche en demandant :"Et tu n'as rien senti venir ?"
La fièvre, à ce que l'on dit, nous délivre des puces, et l'infortune de nos amis.
Je me suis toujours méfié des miroirs, mais je ne me suis pas privé de les consulter, et l'on en trouvera les renversements dans mes gravures.
Le vin fait parler beaucoup, et l'on se confie trop dans ces moments d'ivresse.
Le moyen de s'ennuyer est de savoir où l'on va et par où l'on passe.
Puisque l'on connait le passé et que l'on vit au présent, pourquoi ne pourrions nous pas croiser l'avenir en rêve ?
On perd ce que l'on tient quand on veut gagner tout.
Dès l'instant que l'on s'approprie le pouvoir, on devient impuissant.
Reste à se demander si l'on peut attribuer des actes de violence au fondateur d'une religion, à celui qui en reste le modèle et à son enseignement.
On plaint plus souvent qu'on admire, même si l'on aime mieux soi-même être admiré que plaint.
Il définissait la philosophie comme l'art de trouver une mauvaise raison à ce que l'on croit d'instinct.
Tut, tut, ma petite, dit la duchesse, tout a une morale si l'on cherche bien.
La libération vient le jour où l'on peut dire : "J'ai fait ce que j'avais à faire, j'ai reçu ce que j'avais à recevoir, j'ai donné ce que j'avais à donner."
J'ose. Je serai critiqué ? Je serai critiqué. J'aurai peut-être des souffrances, les choses ne se passeront pas comme je le souhaite. Tout est dangereux, On ne peut pas vivre pleinement sans aucun danger. On ne peut pas vivre la sagesse si l'on refuse de vivre.
Sans le stage qu'il accomplit quai Félix-Maréchal, il serait un de ces Allemands, aux poches bourrées de livres, que l'on voit arpenter, étudier, contrôler nos trois places, et, dont il faudrait croire qu'ils sont les plus fins connaisseurs en délicatesses [...] ► Lire la suite
On se comporte autrement lorsque l'on est artiste. On réclame autre chose. On est toujours conscient d'être à part. On décide seul de nourrir cette demande en soi.
Pourquoi, dans les villes où l'on passe, s'applique-t-on à choisir douze cartes postales différentes - puisqu'elles sont destinées à douze personnes différentes ?
Toutes les époques ont leurs lacunes et leurs erreurs. Si l'on me demandait quel est le défaut majeur de la nôtre, je répondrais que c'est la confusion et le renversement des valeurs.
Dès qu'on est un peu connu, les sollicitations affluent de toutes parts afin que l'on s'engage au service de causes multiples et variées.
Il n'y a pas de lieu où l'on mente plus que dans un confessionnal : les pénitents par excès de pudeur, les pénitentes par excès d'imagination.
Le mariage a sa graisse, où l'on s'enlise.
Le gouvernement américain a accès aux données et peut contrôler des paiements à l'échelle planétaire. Les citoyens américains estiment peut-être que leur démocratie est la meilleure que l'on puisse trouver sur le marché, mais, pour les citoyens européens, le prix est inacceptable.
Même si l'on ne croit pas en Dieu, on doit tout de même croire en quelque chose qui donne du sens à la vie, et façonne notre vision du monde. Et une telle croyance est éminemment religieuse.
Si l'on ne voyait que les gens qu'on estime, on ne verrait personne.
Le monde a deux histoires : l'histoire de ses actes, celle que l'on grave dans le bronze, et l'histoire de ses pensées....
Si l'on doit se souvenir de tous ses échecs, on ne s'en sort pas.
Dans certains cimetières américains, certains défunts demandent que l'on plante un arbre sur leur tombe. Sans doute ces gens pensent-ils qu'ils ne mourront pas tout à fait si leur ADN passe dans l'arbre dont les racines vont s'enfoncer dans la tombe, proliférer, faire des rejetons... Le fantasme de l'immortalité revisité par la science !
Con : Ne saurait s'appliquer qu'à quelqu'un avec qui l'on n'est pas d'accord.
Etre objectif, utiliser sa raison n'est possible que si l'on a acquis une attitude d'humilité, si l'on s'est libéré des rêves d'omniscience et d'omnipotence qui hantèrent notre enfance.
Remarquons que si l'on dit 'les animaux' au pluriel, on dit l'homme au singulier. Parce que l'homme est unique. De même, nous dirons que les animaux font des crottes, alors que l'homme sème la merde.