L'on ne peut servir ensemble et Dieu et le Diable.
On ne se repose bien et on meurt content que là où l'on a vécu heureux.
La jeunesse est une belle chose, une puissance considérable - aussi longtemps que l'on n'y pense pas.
La liberté n'est valable que tant que l'on a la force d'en faire usage.
On ne trouve jamais complètement désagréable ou inintéressant quelqu'un à qui l'on plaît.
C'est peut-être au dehors que l'on guette, mais c'est toujours au fond de soi que l'on attend.
Crois-moi, vivre ignoré, c'est vivre heureux, et l'on ne doit pas s'élever au-dessus de sa sphère.
Wagner : un beau coucher de soleil que l'on a pris pour une aurore...
Je suis à l'âge où, si l'on ne réalise pas tout de suite ses derniers rêves d'enfant, ils se transforment l'année d'après en regrets de vieillard.
Pour un instrumentiste, un concertiste, il y a une limite dans les progrès que l'on peut accomplir, en revanche, dans la comédie, c'est illimité.
Peut-être qu'en dormant on s'entraîne à mourir ? A moins que l'on ne dorme en mémoire des morts ?
Une idée nouvelle est un coin que l'on ne peut faire entrer que par le gros bout.
C'est une chose étrange que l'absence. Elle contient tout autant d'infini que la présence. J'ai appris cela dans l'attente, j'ai appris à aimer les heures creuses, les heures vides : c'est si beau d'attendre celle que l'on aime.
Rien ne commence dans l'enfance, même si l'on se berce de premières fois. Tout a déjà pris racine avant, sans qu'on s'en aperçoive.
On ne devient un homme et on ne peut percevoir le vrai sens de notre existence que lorsque l'on a pris conscience que l'on n'était pas le centre de l'univers.
Il ne faut pas partager le monde entre les gens qui mentent et ceux à qui l'on dit la vérité, mais entre ceux à qui l'on dit la vérité et ceux à qui l'on est obligé de mentir.
Il n'y a guère de cause dont on souhaiterait le succès si l'on voyait tout ce qui fermente dans le coeur de ses défenseurs.
Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que les autres n'ont pas voulu.
Est-ce vouloir dépasser ses propres forces que de vouloir être ce que l'on est ?
Comme il est facile de pardonner le mal que l'on nous a fait quand nous l'avons oublié !
En amour, comme à la table, si l'on en croit la faculté, diversité de mets peut nuire à la santé.
On ne peut pas vivre sans humour; si l'on est incapable de rire de soi, on risque de souffrir.
C'est lorsque l'on donne du peu que l'on a, que l'on donne vraiment.
Dans l'usage ordinaire, la première question que l'on fait sur une femme que l'on ne connaît point, c'est, est-elle belle ? La seconde, a-t-elle de l'esprit ? Il arrive rarement que l'on fasse une troisième question.
Le talent que l'on a profusion ne console pas de celui que l'on préférerait.
Avec le temps, on ne vit plus que des sentiments mitigés : plus rien n'est plein, ni les bonheurs ni les malheurs ; toute chose à son ombre, qui s'allonge et où l'on pourra se reposer.
On prend un croissant dans le sac. La pâte est tiède, presque molle. Cette petite gourmandise dans le froid, tout en marchant : c'est comme si le matin d'hiver se faisait croissant de l'intérieur, comme si l'on devenait soi-même four, maison, refuge.
Vivre, ce n'est pas seulement faire pour soi, mais aussi ce que l'on fait pour les autres.
L'Histoire fait irruption au sein de vies en apparence banales, dévoilant d'un coup le courage impavide d'hommes que l'on pouvait juger ordinaires.
J'aime bien que l'on m'invente des mots d'esprit. Cela permet au mien de se reposer.
Le travail le plus fatigant n'est pas celui que l'on fait mais celui qui nous reste à faire.
Il n'y a rien de plus embarrassant que de regarder quelqu'un faire une chose que l'on prétendait impossible à faire.
Toute philosophie pourrait se réduire à rechercher laborieusement cela même que l'on sait naturellement.
La supériorité de la guerre civile sur l'autre, c'est qu'on connaît ceux que l'on tue.
L'avenir est un inconnu à toutes les dimensions. Mais le passé est un abîme où l'on risque à chaque pas de s'anéantir si on ne réussit pas à faire taire les échos.
Il n'y a que dans les dessins animés que l'on voit des pingouins joyeux.
Le temps n'est qu'une machine qui broie dans ses rouages l'amour, jusqu'à ce qu'il ne forme plus qu'un tas de poussière, que l'on balaie sous les tapis de la mémoire.
L'enthousiasme des oies pour les hautes eaux est fort subtile, qui ne peut s'apprécier à sa juste valeur que si l'on a l'habitude de leurs commérage ; Mais l'enthousiasme des carpes est tellement visible qu'il est impossible de passer à côté.
L'amour est un risque terrible car ce n'est pas seulement soi que l'on engage. On engage la personne aimée, on engage aussi ceux qui nous aiment sans qu'on les aime, et ceux qui l'aiment sans qu'elle les aime.
C'est dans le malheur que l'on reconnaît ceux qui nous estiment.
Il y a deux éducations : la première que l'on reçoit au lycée, la seconde que l'on se donne à soi-même ; la première est indispensable, mais il n'y a que la seconde qui vaille.
Et si l'on disait le contraireOu si l'on ne disait rienSi l'on construisait les phrases à l'enversOu si l'on soulevait demainQui serait l'adversaire ?Entre nous qui serait le plus malin ?Et si l'on disait le contraireOu si l'on ne disait plus rien ?
On devient parfois bizarre, en vieillissant, et l'on se raccroche aux lubies les plus aberrantes.
Un bon mariage serait celui où l'on oublierait, le jour, qu'on est amants, la nuit, qu'on est époux.
Je reviens te chercherJe savais que tu m'attendaisJe savais que l'on ne pourraitSe passer l'un de l'autre longtempsJe reviens te chercherBen tu vois, j'ai pas trop changéEt je vois que de ton côtéTu as bien traversé le temps.
En un mot, la poésie ne peut exister sans émotion, ou, si l'on veut, sans un mouvement de l'âme qui règle les mots.
Si l'on en fait un absolu, l'égalité est une absurdité puisqu'elle est radicalement étrangère à la nature.
La vie ne se fait pas par morceau, c'est un tout qu'il faut bien commencer, si l'on veut bien continuer et bien finir.
Si de toutes les affections douces, de toutes les actions honnêtes et généreuses dont nous sommes fiers, l'on pouvait découvrir le premier et véritable germe, nous le trouverions presque toujours dans le coeur de notre mère.
On s'aperçoit qu'on s'aime, le jour où l'on apprend qu'on ne pourra jamais plus s'aimer.