Ce serait un moindre mal de mourir si l'on pouvait tenir pour assuré qu'on a du moins vécu.
Rien de plus difficile que de n'être pas soi-même ou que de ne l'être que jusqu'où l'on veut.
L'on est toujours assez riche, quand on est content de peu.
La façon dont on raconte l'Histoire contemporaine ressemble à un grand concert où l'on présenterait d'affilée les cent trente-huit opus de Beethoven mais en jouant seulement les huit premières mesures de chacun d'eux.
C'est la première fois que l'on a une cagole ministre de l'Intérieur.
Si l'on vous sert une tasse de café, ne vous efforcez pas d'y trouver de la bière.
L'on hait avec excès lorsque l'on hait un frère.
On est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété où l'on cherchait le bonheur.
Ne combattez l'opinion de personne ; songez que, si l'on voulait dissuader les gens de toutes les absurdités auxquelles ils croient, on n'en aurait pas fini, quand on atteindrait l'âge de Mathusalem.
Ce n'est pas ce qu'on sait qui nous fait agir, mais ce que l'on sent.
Le génie, c'est d'avoir du talent tout le temps ; le talent, c'est d'avoir du génie de temps à autre ; l'intelligence, c'est de savoir que l'on n'a ni génie, ni talent.
Le bonheur n'existe pas, si l'on n'en a pas la conscience claire.
Rien n'est humiliant comme de voir les sots réussir dans les entreprises où l'on échoue.
Si l'on ouvre toute grande la gueule à un âne, et qu'on lui dise : "Maintenant, toi aussi tu as droit à la parole" , que peut faire le pauvre animal, sinon braire ?
On ne doit pas changer d'opinion si l'on ne peut changer de conduite.
Il est plus difficile de dissimuler les sentiments que l'on a que de feindre ceux que l'on n'a pas.
À un certain moment, un lourd portail se ferme derrière nous, il se ferme et est verrouillé avec la rapidité de l'éclair, et l'on n'a pas le temps de revenir en arrière.
Si l'on entre par la porte du plaisir dans la maison de la fortune, l'on en sort d'ordinaire par la porte du chagrin ; ainsi du contraire.
La vie n'est qu'un piège où l'on finit toujours par tomber.
Perte. Privation de ce que nous possédons, ou ne possédons pas. C'est dans ce deuxième sens que l'on dit d'un candidat battu qu'il a "perdu les élections".
L'homme est plein d'imperfections, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il a été créé.
Il faut être tel que l'on n'ait pas à rougir devant soi-même.
Il pousse dans un jardin, plus de choses que l'on y a semé.
Cela ne me pose pas de problème que l'on me compare à Justin. On a tous deux les mêmes racines musicales : la soul des Jackson Five et le hip-hop.
Tout est provisoire. Cependant, si l'on en fait la somme, cela donne une sûre et inaltérable permanence.
On ne peut dire à quel moment précis naît l'amitié. Si l'on remplit un récipient goutte à goutte, il finit par y en avoir une qui le fait déborder ; ainsi, lorsque se succèdent les gentillesses, il finit par y en avoir une qui fait déborder le coeur.
L'accent du pays où l'on est né demeure dans l'esprit et dans le coeur, comme dans le langage.
On peut oublier son passé, mais cela ne signifie pas que l'on va s'en remettre.
C'est affreux n'est-ce pas qu'à la longue on puisse souffrir moins du départ d'un être que l'on a profondément aimé.
Ah ! la guerre !... En chaque foyer, on lui donne deux sens distincts : calamité ou rédemption dépendant du bord où l'on s'est placé pour la considérer.
Ce n'est que dans les romans que l'on sait comment les choses arrivent, et c'est bien pour ça qu'on donne des prix à ceux qui les écrivent.
Mais les principes, ce ne sont pas des vêtements que l'on enfile ou que l'on enlève quand ça vous arrange. On doit s'y tenir quelles que soient les circonstances.
Au reste, la reconnaissance n'est pas un sentiment d'une complète pureté: reconnaître ce que l'on doit à autrui, c'est aussi avouer sa propre insuffisance. Il faut beaucoup de force et d'orgueil, ou de placidité, pour supporter ses propres dettes sans inquiétude ni ressentiment.
L'âge, cette maladie héréditaire que l'on attrape dès sa naissance et dont on cherche à guérir le plus tard possible.
Vivre vaut la peine si l'on peut contribuer d'une petite manière à cette chaîne sans fin de progrès.
L'on croit s'assembler au spectacle, et c'est là que chacun s'isole ; c'est là qu'on va oublier ses amis, ses voisins, ses proches, pour s'intéresser à des faibles.
Le bricolage consiste essentiellement à fabriquer avec de vieux débris, et au prix d'un labeur acharné, des articles que l'on trouve tout neufs et à bon compte dans le commerce courant.
Il est embarrassant d'expliquer des réflexions : c'est comme si l'on se rétractait.
Vie : c'est l'espace de temps que l'on met à parcourir en partant d'un trou pour entrer dans un autre.
Il n'y a que trois choses que l'on puisse faire avec une femme, dit un jour Clea. On peut l'aimer, souffrir pour elle ou en faire de la littérature.
La patrie est aussi là où l'on est très mal.
On ne regrette que ce que l'on aime.
On ne sait jamais rien de ceux que l'on prétend connaître.
Ce n'est pas si désagréable de vieillir si l'on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c'est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
Où l'on fait appel au talent, c'est que l'imagination fait défaut.
Un livre posthume est presque toujours une oeuvre que l'on a eu tort de ne pas enterrer avec son auteur.
Ce n'est pas en mangeant que l'on devient forgeron. Même si on ne veut pas devenir forgeron.
Il faut être commun, ou l'on meurt, d'étrangeté.
Le rôle d'un ministre de l'Intérieur : s'efforcer de tout savoir, et savoir en tout cas tout taire de ce que l'on sait.
Et qu'importe quel nom on imprimera à la tête de ton livre ou l'on gravera sur ta tombe ? Est-ce que tu liras ton épitaphe ?